Charlex's World

— Les Annapurnas : 12 jours dans l’Himalaya —

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En route pour l’Himalaya! Au programme, un trek de 12 jours dans les Annapurnas. Un défilé de paysages magnifiques nous attend.

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Jour 1 : de Bhulbhule à Bahundanda

3 heures de marche – de 840 à 1310 m

Pour nous rendre à Bhulbhule, nous partons de Pokhara en bus. La première étape est Besisahar. De là, nous devons prendre un autre bus pour Bhulbhule.

info28 Infos utiles :

Bus Pokhara – Besisahar : 6h / 500 rps
Le bus part à 6h30 du terminal de bus.
Bus Besisahar – Bhulbhule : 2h / 200 rps

Arrivés à Bhulbhule, nous sommes bien contents de sortir du bus. Il y faisait une fournaise d’enfer. Cela couplé à la place très restreinte pour les jambes ont de quoi rendre Alex de mauvaise humeur!
Après une petite collation, nous partons. Notre objectif est Bahundanda à 3h de marche. Une première étape très tranquille ponctuée de paysages somptueux. Les champs et les rizières au milieu des montagnes s’enchaînent et nous ne croisons personne mis à part les habitants des petits villages sur la route.

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Arrivés à Bahundanda, nous sommes accueillis les bras ouverts. La famille tenant la guesthouse que nous avons choisie est adorable. Nous passons une excellente soirée en leur compagnie. Leur petit de trois ans est fasciné par le ukulele d’Alex et le squatte toute la soirée. Pas de doute, ce sera un musicien plus tard!

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info28 Infos utiles :

Il est de coutume tout au long du trek (ou presque) de se voir offrir le logement si l’on mange sur place le soir et le matin suivant.

Et cette première soirée s’avère très festive! 20h au pieu! On tombe de sommeil…

Jour 2 : de Bahundanda à Chamje

6 heures de marche – de 1310 à 1430 m

Cette journée de fut pas de tout repos. Après une bonne nuit de sommeil, nous nous mettons en route. Et ça monte, et ça descend sans arrêt. On comprend mieux le peu de dénivelé. Côté paysage, les rizières se font plus rares et laissent la place aux falaises de plus en plus vertigineuses, avec la rivière toujours en contrebas. Les petits villages se suivent toujours, accompagnés des sourires de leurs habitants.

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Aux abords de Chamje, nous tombons sur une guesthouse au milieu de nulle part. La tenancière essaie de nous persuader de rester en prétextant que son auberge constitue l’entier de Chamje et que le prochain village est très loin. Elle nous prend vraiment pour des billes. D’autant plus que le village se trouve 100m plus loin. Pas très fair-play pour ses compatriotes sachant qu’elle avait déjà une dizaine de touristes. Mais bon, à la guerre comme à la guerre!
Nous ne sommes pas mécontents de continuer pour arriver au vrai village et tomber sur une famille adorable, chez qui nous passerons la nuit. Et qu’est-ce que c’est calme! Encore une fois, une petite de 3 ans s’intéresse de très près au ukulele, mais quelque peu moins…délicatement.
Cette fois en revanche, nous partons en piste! 19h30 au lit après un bon plat de macaronis au fromage. Qui eut cru que ce genre de plat serait délicieux ici???

Purna, la gentillesse incarnée.

Purna, la gentillesse incarnée.

Jour 3: de Chamje à Dharapani

5 heures 30 de marche –  de 1430 à 2160 m

Là, on commence à attaquer un peu, histoire de se rafraîchir et de s’éloigner des moustiques. Car jusque-là, il faisait chaud! Plus de 30 degrés. Toujours à flanc de rivière, qui a un débit incroyable, nous arpentons la vallée. Celle-ci s’élargit par endroit, offrant une place propice à l’installation de villages. Le beau temps étant toujours de la partie, nous profitons sans cesse de ces montagnes majestueuses nous entourant. Et le petit plus de la journée est le nombre de ponts suspendus traversés. Il ne faut pas avoir le vertige pour traverser sur ces passerelles car ça bouge, et on voit tout à travers les lattes. 30 à 50m de vide sous les pieds, ça impressionne quand même.

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Lors de cette journée, le nombre de touristes croisés augmente. Mais cela reste raisonnable et nous ne nous marchons pas dessus. Mais ceux qui nous ont impressionnés sont les porteurs. Les mecs te portent des chargements de 30 kg (au minimum) suspendus à leur front et vont à ton rythme alors que tu as juste un « petit » sac de 10 kg… Et ils sont en tongs, svp!!! Nous leur tirons notre chapeau! L’un d’eux nous a d’ailleurs avoué porter 40kg…

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Jour 4: de Dharapani à Chame

4 heures 30 – de 2160 à 2670 m

Nous partons de bon matin pour atteindre le village de Chame, un des arrêts principaux sur ce trek.
Temps maussade voire pluvieux, chemin quasiment entièrement sur une piste de 4×4, autant dire que cette journée ne fut pas la plus marquante. D’autant plus que les deux heures avant le repas de midi se font dans la forêt, sur un chemin raide en escalier finissant par une bonne portion de chemin boueux barré par endroit par des arbres tombés… Et l’estomac vide de Charline n’arrange pas les choses, si bien qu’Alex met quelques dizaines de mètres de distance pour la laisser râler tranquille. Mais heureusement, cela est réglé aussitôt l’estomac rempli.

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La fin du chemin fut si vite avalée (bien plus vite que prévu) que nous hésitons à continuer après Chame. Mais le prochain village étant à 1h30 de marche, nous renonçons.
Chame est un village totalement improbable sur un trek de ce genre, perdu dans les montagnes. On y trouve des magasins à touristes de toute sorte, des connexions wifi dans tous les hôtels et même une banque avec un distributeur!!! Sans déconner! Si on s’attendait…
Par ailleurs, notre hôtel constitué de petits bungalows fut plus qu’agréable.

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En temps normal, nous devrions pouvoir apercevoir quelques montagnes autour de nous, mais la couverture nuageuse est bien épaisse et il commence à pleuvoir… Dommage…

Jour 5: de Chame à Ghyaru

6 heures 30 de marche – de 2670 à 3670 m

Vu le temps et le dénivelé qui nous attendent, nous partons vers 7h ce matin là. Et surprise! En partant, le Lamjung culminant à 6900 m nous montre le bout de son nez. Imposant! Le premier sommet enneigé que nous voyons.

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Le petit déjeuner de champion : spaguetti + chocolat chaud!

Le petit déjeuner de champion : macaroni+ chocolat chaud!

 La première partie de la marche est rébarbative. Le long de la route, dans les bois, le même genre de paysages que nous voyons depuis le début du trek. En revanche, la deuxième partie entre Dhikur Pokhari et Ghyaru est simplement splendide! Et le beau temps est de la partie. Passant par le chemin supérieur, soit par Upper Pisang, nous avons une vue plongeante sur toute la vallée avec l’Annapurna II (7951 m) en arrière-plan. Un délice!

202221 Nous nous arrêtons manger à Upper Pisang et remarquons que tous les randonneurs s’arrêtent là pour la nuit. Pour nous, pas question. Il est seulement 12h, nous continuons. Le chemin jusqu’à Ghyaru est relativement plat et facile, sauf la dernière partie. Blam! Un dénivelé de 400 m dans les dents à pic. Pour ceux qui connaissent, ça nous a rappelé le Grammont en Suisse. 400 m, ça ne semble pas beaucoup comme ça, mais ça picote dans les mollets, croyez-nous!

Après cela, nous sommes contents d’arriver dans ce petit village perché à flanc de montagne. Et nous avons une magnifique vue sur l’Annapurna II. Encore une fois, nous ne veillerons pas.

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Jour 6: De Ghyaru à Manang

5 heures de marche- de 3670 à 3540 m

Ce jour-là fut de loin le pire de tous! Au réveil, une véritable purée de pois a envahi la vallée. On ne voit absolument rien! Et pour couronner le tout, il pleut… Mais quand faut y aller, faut y aller. Et c’est encore plus décevant de savoir que cette étape était sensée être la plus spectaculaire… Mais on ne verra aucun sommet de toute la journée. Et nous descendons et nous montons, et encore, sans vraiment savoir où l’on va…pour finir encore une fois sur une piste.

Et une journée de marche sous la pluie!

Et une journée de marche sous la pluie!

Arrivés à Manang, nous sommes sur le point d’abandonner et de rebrousser chemin jusqu’à Chame pour descendre ensuite en jeep. Les raisons? La météo annonce un temps pourri pour les 5 prochains jours, nous sentons la vraie fatigue physique et mentale s’accumuler (surtout après une journée pareille) et Charline a un mal de dos non négligeable. Dans ces conditions, à quoi bon se forcer à monter à 5416 m durant les 3 jours suivants alors que nous ne sommes qu’à 3500 m? De plus, sous la neige, le col risque d’être inaccessible… Nous sommes sur le point d’abandonner, mais nous nous laissons une nuit de réflexion.

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Jour 7 : le repos à Manang

Avant d’entamer la prochaine étape, il est conseillé de rester une journée à Manang pour s’acclimater.
En nous levant, notre moral remonte d’un coup. Il reste certes quelques nuages, mais le ciel est d’un bleu radieux! La lumière et la chaleur du soleil vient caresser notre peau, et ça fait un bien fou!

Yak cheese: plutot pas mal!

Yak cheese: plutot pas mal!

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Les moulins à prière

Les moulins à prière

Nous décidons de partir faire un petit tour à proximité pour atteindre un point de vue dominant la vallée, le Chongkor viewpoint. Une heure plus tard, nous y voilà. Et ça en jette carrément! Voyez plutôt!

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Vue sur le Gangapurna à 7455 mètres d'altitude.

Vue sur le Gangapurna à 7455 mètres d’altitude.

Ce moment nous convainc d’une chose : plus question de renoncer, nous irons jusqu’au bout.

Manang a également quelques composantes improbables pour un village de montagne. Entre autres des boulangeries, mais surtout un cinéma! Mais oui! Et nous en avons profité. Enfin, c’est plutôt une petite salle de projection munies de banquettes en bois recouvertes de peaux de yaks.

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Au choix, 4 films dont Everest et 7 ans au Tibet. Et comme nous sommes seuls, nous pouvons choisir. Il faut savoir que Charline bassine Alex depuis à peu près deux mois pour voir 7 ans au Tibet, alors que nous l’avons déjà vu (Charline doit l’avoir vu 5 fois d’ailleurs). C’était donc le combat pour choisir le film. Il faut aussi savoir qu’Alex perd tout le temps à pile ou face, mais qu’il persiste à jouer…pas difficile de connaître le résultat, donc…

info28 Infos utiles :

Prix du cinéma : 700 rps pour deux. Le prix par tête baisse si le nombre de personnes augmente. Sont compris dans le prix une tasse de thé et le pop-corn.

Rien de tel qu’une journée tranquille comme celle-ci pour se recharger les batteries. Et heureusement, car la vraie ascension commence maintenant!

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Le yak empaillé!

Le yak empaillé!

Jour 8: de Manang à Letdar

3 heures 30 de marche- de 3540 à 4200 m

Les choses sérieuses commencent. Nous grimpons en altitude et nous approchons de notre but. Ce jour-là, nous décidons de faire une petite journée, de manière à pouvoir s’arrêter au high camp le lendemain, juste avant le col sans pour autant y arriver trop tôt. De plus, il n’est pas bon de monter trop vite à cause du mal d’altitude. C’est pour cela que nous préférons passer la nuit à 4200 m, de manière à s’acclimater au mieux.
Après une marche facile et agréable, nous arrivons à destination. Nous sommes les premiers. Un peu plus tard, d’autres touristes arrivent. Quelques heures après, l’hôtel est plein! Et une chose que nous avions déjà observée nous choque encore plus ici : le nombre d’israéliens est hallucinant! Et ils ne sont pas silencieux… Mais qu’est-ce qu’ils ont avec les pays montagneux? Au Pérou, c’était pareil. On aurait cru que tout le pays était venu en vacances au même endroit.

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Village de Letdar avec le Gangapurna en arrière plan.

Pause au fromage de yak! :-)

Pause au fromage de yak! 🙂

Le brouhaha est tellement intense que nous décidons de passer le reste de notre journée dans notre chambre, sauf pour aller dîner. Au menu, spaghettis sauce tomate. Immangeable pour Charline, limite pour Alex, qui s’envoie tout de même un plat et demi. Quelle idée de prendre des spaghettis à cette altitude aussi… Et à partir de ce moment, nous avons fait un constat: plus l’altitude augmente, plus les prix augmentent, plus c’est dégueulasse.

Bref, après ce magnifique repas, nous partons nous coucher…à 19h. Car demain, debout à 6h. Il nous faut partir tôt, car le nombre de places au high camp est limité, et nous avons tous le même projet. Et notre place, nous ne l’a lâcherons pas! Car sinon, il nous faudra redescendre au village précédent, Thorong Phedi à 1h de là, pour dormir et se retaper la montée le lendemain matin.

Rencontre avec le Yak de l'Himalaya

Rencontre avec le Yak de l’Himalaya

Jour 9: de Letdar au High Camp

3 heures 30 de marche – de 4200 à 4950 m

Nous approchons de notre but, lentement mais sûrement. Ce jour-là, nous partons dans les premiers. La marche est splendide, le temps est radieux malgré quelques nuages résiduels. Car depuis que nous avons commencé ce trek, il a plu toutes les nuits. En première partie, la montée se fait plus ou moins douce. Nous passons d’un paysage vert, au bord de la rivière, à celui d’une vallée glacière. Le tapis rocheux témoigne de la présence passée du glacier. Et les sommets entourant ce paysage le rendent encore plus magnifique. Splendide!

4748 Au bout de 2h30 de marche nous arrivons à Thorung Phedi, le village précédant le High Camp. Devant nous se dresse une pente impressionnante. Nous devons la grimper. Et ce qui nous fait un peu peur, ce sont tous les groupes qui s’y sont déjà engagée. Une vingtaine de personnes…. Ne sachant pas combien de lits compte le High Camp, nous devons nous dépêcher. Alex décide donc de mettre la 5 ème et donne rendez-vous à Charline au High Camp.

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Ca grimpe sec! Et l’oxygène se fait plus rare. Le souffle est court et le coeur semble exploser dans la poitrine. En depassant le premier groupe, Alex se rend compte que c’est un groupe de femmes de plus de 65 ans… Elles imposent le respect. Faire ça à leur âge, c’est incroyable!
Encore quelques personnes dépassées, puis il y est! Bienvenue à 4950 m! En allant réserver une chambre, Alex se rend compte qu’il est finalement un des premiers… Mais comme on dit, mieux vaut prévenir que guérir! Aussitôt la chambre réservée, il pose son sac et va attendre Charline qui ne tarde pas à arriver sans grand effort.

Durant le reste de l’après-midi et la soirée, nous faisons la connaissance entre autres de 2 suisses, Roxanne et William, avec qui nous passerons les jours suivants. Vous pouvez d’ailleurs suivre leur périple sur leur site. Une fin de journée bien agréable. Et la nourriture est chère (excessif pour le Népal, on explose notre budget) mais bonne.
La nuit ne fut pas reposante pour tout le monde. Charline dort à poings fermés jusqu’à 2h30. Après cela, elle a les yeux grand ouverts jusqu’à 4h, heure du réveil.  Quant à Alex, il ne ferme pas l’œil de la nuit. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir dormir à cette altitude…

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High camp, 4950 m d’altitude.

Jour 10: du High Camp à Muktinath en passant par le Thorong La Pass

7 heures – de 4950 à 3600 m en passant par 5416 m

Le jour J est arrivé! Le jour où nous passons le point culminant du trek, le Thorong La Pass à 5416 m.
Nous prenons le petit déjeuner à 4h30 et partons à 5h, car il faut que nous soyons avant 9h au col. Sinon, le vent est trop fort. Quand nous nous levons il neige encore. Quand nous partons, plus de chute de neige, mais le sol est glissant. Charline avance à la frontale et Alex à la lampe de poche. Il fait froid mais marcher nous tient chaud. Seules les mains sous des gants trop fins gèlent quelque peu. Au fur et à mesure que nous avançons, le jour se lève et nous dévoile un panorama somptueux. Les sommets culminant autour de nous nous dominent. C’est magique…

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L’ascension n’est pas difficile mais l’altitude se fait sentir. Notre souffle est court et notre cœur bat à 200. Charline a la tête qui tourne et une pause snickers s’impose. Au bout de 3h d’ascension, nous y sommes! Le col le plus haut du monde, à 5416 m! Charline pleure d’émotion et même Alex verse une petite larme. Après 10 jours pour en arriver là, nous sommes heureux!

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Mais nous ne restons pas longtemps car le vent se lève. Et nous avons encore 1500 m de dénivelé négatif devant nous. La descente est longue. Très longue. Alex commence à avoir mal à la tête. À chaque descente à cette altitude, c’est pareil. 4h plus tard, nous arrivons à Muktinath. Enfin! Nos genoux sont en compote.

636566 Nous trouvons refuge à la Bob Marley guesthouse. Très sympa mais les prix quelque peu excessifs. Alex va dormir un peu pour reposer sa tête pendant que Charline va au bar avec les autres suisses. 1h30 plus tard, Alex se lève et décide de descendre et… Surprise! Sa chère femme l’a enfermé dans la chambre depuis l’extérieur. Car sur ces portes, il y a un verrou interne et un verrou externe. Joie! Et le pire, c’est qu’Alex voit Charline sur la terrasse depuis la fenêtre, mais n’arrive pas à attirer son attention. Il lui écrit un message, mais elle ne le voit que… 2h30 plus tard! Autant vous dire qu’en ouvrant la porte, elle s’est faite toute petite!
Bref, la fin de journée s’accompagne d’un bon repas et d’une bière, puis au lit.

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Jour 11: de Muktinath à Tatopani

Il est temps de rentrer à Pokhara afin de se reposer. Mais le hic, c’est que nous ne savons pas trop combien de temps ça va nous prendre. Nous partons donc vers 8h30 avec nos amis suisses en direction de Jomson, afin de pouvoir prendre un bus. La vue le long de cette étape est belle, mais nous devons marcher toute la journée sur la route, ce qui ne nous plaît pas vraiment. Une fois n’est pas coutume, après une heure de marche, nous trichons et attrapons le premier bus qui passe pour Jomson. On nous en demande 500 rps/tête. Soit.

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Arrivés à Jomson, nous allons jusqu’à l’autre gare de bus pour prendre le suivant, afin d’arriver à Beni le jour même, pour ensuite prendre un dernier bus pour Pokhara le lendemain. Mais nous devons changer de bus en cours de route à Ghasa. Et si nous arrivons trop tard, nous devons dormir à Ghasa pour prendre le bus le lendemain. Bref, un super programme!

Nous embarquons donc! Assez rapidement, nous remarquons que les routes sont…comment dire…les plus dangereuses que nous ayons vues de notre vie! Mais nous y reviendrons. Durant ce premier trajet, nous avons droit à une petite surprise. Au bout d’à peu près 2 heures de trajet, nous trouvons devant nous un bus arrêté. Et comme il n’y a pas de place pour passer, nous sommes bloqués…Apparemment, l’autre bus était en panne d’essence, et cela peut durer longtemps dans ces endroits. Nous savons qu’il nous reste 1h30 à pied jusqu’à Ghasa, nous décidons donc, avec nos amis, de récupérer nos sacs et de marcher jusque là. A partir de là, ça se gâte…

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La blague des bus népalais

Une fois arrivés à Ghasa, impossible de savoir s’il y a un bus pour Beni à ce moment. Le chauffeur sensé nous renseigner, un vrai abruti, ne nous donne pas d’infos…quoiqu’il en soit, il doit de toute façon attendre que l’autre bus (celui dans lequel nous étions) arrive. Ce qui se fait 15 min plus tard. A ce moment-là, c’est le gros bordel. Les népalais sortent de ce bus et sautent dans un autre en se bousculant. De notre côté, nous ne savons toujours pas où il va. Tout ce qu’on sait, c’est qu’il ne va pas à Beni…selon ce qu’on nous dit en tout cas. On nous informe qu’il faut prendre un bus jusqu’à Tatopani, soit à mi-chemin entre là et Beni, qu’on y dorme puis qu’on prenne un bus pour Pokhara le lendemain matin. Nous décidons donc de monter dans le bus pour Tatopani. Fort heureusement, des places sont encore libres, même si elles sont tellement restreintes qu’Alex n’arrive pas à y caser ses jambes. Puis nous partons.

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Ce que nous ne savions pas, c’est que c’est jour de fête nationale. De ce fait, une fois le poste de police passé (forcément…), l’aide-chauffeur demande aux passagers de payer…500 rps/tête!!! C’est le prix standard du trajet jusqu’à Beni, et seulement si le bus n’est pas plein! Nous sommes les seuls à gueuler. Et pourtant, c’est plein de touristes! Alex lui dit clairement « je te paie 200, mais cours toujours pour 500! » A cette réaction, les autres passagers à proximité refusent également de payer, mais seulement au moyen d’un timide « mais non c’est trop cher… ». Mais vous avez perdu vos c*** les mecs? Rebellez-vous, c’est un scandale! Au vu de l’agitation, le chauffeur stoppe le bus et vient s’en mêler. Il nous dit que tous ceux qui refusent de payer peuvent sortir. Il nous prend vraiment pour des billes…« Hors de question, et nous ne te payerons pas ça! » Lui répondons-nous. Mais au fur et à mesure, les autres craquent…que voulez-vous faire dans ces conditions ? La nuit arrive bientôt, nous sommes encore loin du premier village…nous sommes forcés de payer…En lui donnant le billet cependant, il s’est pris une petite pluie d’insultes que nous ne citerons pas ici.
Il se trouve que ce….cet homme malhonnête se permet de demander des prix aussi élevés car pratiquement aucun chauffeur ne conduit ce jour-là…ça nous met hors de nous…

De plus ce trajet fut celui de l’enfer. J’en reviens aux routes. Imaginez une piste de boue, de la largeur d’un véhicule, parsemée de rochers de 30 cm de diamètre avec, d’un côté une paroi à pic, et de l’autre une falaise vertigineuse de plusieurs centaines de mètres parfois. Et tout cela sans barrières de sécurité bien entendu.

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Malheureusement, nous n’avons eu la présence d’esprit de prendre une photo, mais voici un exemple tiré de google. Source : http://www.kelbillet.com/blog/insolite/video-la-pire-route-du-monde-est-elle-dans-lhimalaya/

Nous avons fait la route de la mort en Bolivie mais ça, croyez-nous, c’est autre chose! Imaginez-vous dans ce bus se balançant littéralement sur la route et faisant des bons tellement puissants que vous vous cognez la tête au plafond. Pour certains, c’en était trop. Charline, à la fenêtre côté falaise, commence à développer une vraie crise d’angoisse. Tremblements, difficulté à respirer, peur infernale, pleurs, c’est insoutenable. Elle supplie Alex de descendre et de continuer à pied. Celui-ci refuse en premier lieu. On a payé le prix fort, quand même, zut! Mais un peu plus tard, ce n’est plus possible. Nous sortons. L’aide-chauffeur refuse de monter sur le toit pour chercher nos sacs et se prend une brossée monumentale de la part de Charline, qui pour le coup améliore son anglais. Après cela, il n’insiste pas.

Nous continuons donc à pied jusqu’à Tatopani. 2h de marche (comme si nous n’en avions pas eu assez) dont la dernière heure dans la nuit, à la frontale. Nous sommes contents d’arriver. Nous y retrouvons nos amis et passons une bonne soirée avec eux.

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Vous comprendrez que dans ces conditions, nous ne pouvons pas vraiment vous renseigner sur les prix des bus qui semblent assez variables…

Jour 12: de Tatopani à Pokhara

8h du matin, nous montons dans le bus. Le chauffeur nous dit « 500 rps pour les népalais, 1000 rps pour les touristes. Je ne pars pas avant que ce soit payé ». Fatigués de nous battre, nous ne disons rien mais n’en pensons pas moins…de toute façon, nous n’avons pas le choix. Le trajet se fait sur des routes tout aussi catastrophiques mais moins vertigineuses que la veille. Et heureusement, Charline n’est pas du côté falaise. Et là, après 1h30 de trajet, SURPRISE!!! Le chauffeur roule au mauvais endroit et un gros rocher vient exploser la transmission. Nous sommes en panne au milieu de rien. Le chauffeur décide de prendre le prochain bus qui passe, d’aller jusqu’à Beni et de revenir avec un autre bus, ce qui nous fait attendre 2h de plus…

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La suite du trajet se fait plus ou moins normalement, mais est très très longue! Nous arrivons à Pokhara à…18h30. Soit à peu près 10 heures de trajet sans pause pour manger. Et le meilleur, c’est que nous ne sommes même pas débarqués à la gare de bus comme prévu, mais au milieu de la ville, un lieu que nous ne connaissons pas du tout. Ce qui nous force à prendre encore un taxi. Bref, nous sommes extrêmement heureux d’arriver à notre hôtel à Pokhara.

Nos impressions sur ce trek

de 800 m à 5416 m, plus de 130 km à pied, 11 jours de marche…

Première chose à dire: c’est un trek tout confort! Nous ne pensions pas trouver autant de lodges et de restaurants sur la route. QU’il est agréable de ne pas devoir porter sa tente et sa nourriture! Même si cela coûte un peu cher pour le Népal (ce qui n’est en soit pas si cher pour nous…).

Pour le reste, nous sommes à vrai dire partagés. Gardons à l’esprit que malgré le fait que nous l’ayons fait à la meilleure saison, nous avons eu une météo loin d’être idéale. Nous qui pensions avoir du soleil tous les jours avons eu parfois du soleil, parfois de la pluie, parfois du brouillard, mais surtout une couverture nuageuse quasi-constante, ce qui a rendu rare le nombre de moments où nous avons pu admirer les sommets. Et c’est principalement cela que nous étions venus chercher. Ces paysages montagneux sans ces sommets autour nous rappelaient fortement la Suisse, ce qui n’est pas très dépaysant pour nous.

En soi, le changement de paysage le long de ce trek est hallucinant. Passer des rizières aux sommets enneigés a quelque chose de magique, si l’on peut voir ces sommets enneigés cela dit…Mais le chemin à parcourir se fait souvent le long de la piste, ce qui est dommage. De ce point de vue, nous comprenons pourquoi tous les tours opérateurs proposent d’aller jusqu’à Chame en voiture et de commencer depuis là, même si les populations des villages précédents sont adorables.

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Par ailleurs, nous avons conclu de pas être faits pour des treks aussi longs. Marcher pendant 3-4 jours, voire une semaine, ça passe encore. Mais plus que cela, c’est trop long pour nous. Ce n’est pas une question de physique mais purement une question d’appréciation. Nous en avions simplement marre de marcher parfois plus de 6h par jour. Et dès ce moment-là, ce que nous voyions s’apprécie forcément beaucoup moins. Peut-être cela aurait-il été différent avec une meilleure météo…Mais nous n’allons pas nous permettre de donner des conseils sur ce point. Chacun connaît ses limites ou a envie de les tester, et nous ne découragerons personne!

En revanche, nous donnerons un conseil sur la manière de faire ce trek. Si vous souhaitez louer les services d’un guide et d’un porteur afin de contribuer à la restauration de l’économie de ce pays victime de tant de malheur, c’est très honorable de votre part. Mais si la raison est que vous avez peur de vous perdre ou de ne pas y arriver seul(e), cela n’est absolument pas nécessaire! Le chemin est plus que balisé et il n’est pas possible de se perdre. Nous n’avons quasiment jamais dû sortir la carte. Et physiquement parlant, ce trek est relativement facile. Mis à part quelques exceptions, les pentes sont douces et les étapes se font très progressivement et sans grand effort.
En ce qui concerne le mal d’altitude, les services d’une agence n’y changeront rien. Si cela doit arriver, ça arrivera. C’est plus embêtant que dangereux (si l’on suit les précautions de sécurité) sachant qu’il vous faudrait redescendre d’une étape si cela vous arrivait, voire définitivement si cela persistait. De plus, le nombre de touristes en cette saison est tellement important que vous aurez toujours quelqu’un passant par-là près à vous aider. Sachez toutefois qu’il existe des éléments naturels pouvant aider ce mal, comme l’ail ou le thé au gingembre (la coca également, mais on n’en trouve pas au Népal).

Très important:

A tous ceux qui décideraient de faire ce trek, nous leur conseillons de prendre l’avion depuis Jomson jusqu’à Pokhara. Ça vous coûtera peut-être un peu plus cher, mais cela durera 15 min et vous évitera bien des frayeurs et des problèmes. Le Lonely Planet dit clairement que la route est mieux entretenue du côté de Jomson que de celui de Besi Sahar. Nous ne savons pas trop ce qu’ils ont fumé, mais c’est tout le contraire! Elle est catastrophique et il relève du suicide que de l’emprunter…

 

La photo de Teddy

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Bien que Teddy nous a accompagné tout au long de ce trek, le froid et la fatigue l’ont empêché de prendre une photo convenable au col. Il a donc décidé d’en faire une avec LA carte, notre précieuse alliée durant ces jours de marche.

 

Après ce trek, nous devons avouer n’avoir absolument rien fait. Nous avons simplement glandé à Pokhara durant plus d’une semaine. Et qu’est-ce que ça fait du bien! Par conséquent, au prochain article, nous retrouverons le bilan du Népal !

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2 reflexions sur “— Les Annapurnas : 12 jours dans l’Himalaya —

  1. Valentine

    Wahou ! Quel trek ! Quel effort physique ! Ça a pas du être facile avec l’altitude ! Bravo à vous deux ! Les paysages en valent vraiment la peine. Peut-être que je tenterais l’experience un jour. En attendant, vos photos me font rêver.

  2. Benoit

    Wooowww la bible du tour des Annapurnas!!! Même si vous n’avez pas toujours eu une météo optimale, moi ça m’a bien donné envie de le faire ;)… Les photos des sommets enneigés sont juste à tomber! Vraiment majestueux… je comprend que mon père n’arrête plus de m’en parler.
    Sinon trop marrant le cinéma avec sièges en peaux de Yak :)… Par contre nettement moins marrant les mésaventures en bus. J’avais déjà vu une vidéo sur internet de ce passage et franchement ça donne pas envie de le prendre ce bus… C’est Hardcore!

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