Charlex's World

— Boquete ou les hautes terres du Panama —

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Notre trajet épique jusque là

Pour rappel, nous étions à Bocas del Toro auparavant. Depuis là, nous avons pris le bateau jusqu’à Almirante, puis un bus depuis la gare routière (un bloc de ciment avec deux mecs qui vendent des morceaux de mangues en sachets) jusqu’à David.

Nous avons donc opté pour l’offre la plus économique. Depuis la gare routière d’Almirante, nous avons pris un « bus » local jusqu’à la ville étape de David. A la base on imaginait un car pour un trajet aussi long (178 km, ça paraît pas long sur le papier, mais rappelons que c’est en plein milieu des montagnes).

Mais non. « Bus », car il s’agissait plutôt d’un minibus. Il devait être normalement fait pour une vingtaine de passagers, mais nous y étions en tout cas plus de 30. Et il s’arrêtait en chemin tel un bus de ville standard pour déposer et récupérer des passagers au bord de la route. C’était donc bien…authentique.

D’ailleurs vous auriez aussi bien ri si vous aviez vu où Alex a dû s’asseoir. Pour vous décrire le siège, Madame selfie (de l’article précédent) n’y aurait entré qu’une demi-fesse). Vous voyez ces petits sièges d’appoint attachés aux autres sièges et dépliés en cas de besoin dans les bus ? Hé bien voilà…Mais bon, on ne s’est pas plaints car il y avait pire.

En général, quand une compagnie de bus vend des billets pour des longs trajets, elle vend des places numérotées afin qu’il y ait assez de sièges pour tout le monde. Penses-tu ? On est au Panama mec, ici c’est la loi de la jungle !

–  « T’es debout pendant 5 heures ? Ha tu voulais goûter à l’authenticité panaméenne ? Ben voilà, t’es servi ! »

– « Oui mais c’est même pas assez grand pour que je puisse me tenir debout… »

– « Fallait t’assouplir le cou avant de monter, c’était dans les conditions. »

Donc comme dit avant, il y avait pire. Un pauvre diable (touriste aussi) a passé une bonne partie du trajet debout dans la rangée du milieu à moitié plié. Finalement, nous, on était bien…

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Mais apparemment, on devait être encore trop bien pour le bon Dieu qui nous a envoyé une maxi-dose de concentré de bachata-reggaeton à plein volume à travers les puissants amplificateurs du bus. C’est dire, même avec les écouteurs à fond, nous pouvions encore profiter de ce délice sonore.

Autre aspect comique : le bus était tellement chargé qu’il menaçait de se renverser à chaque virage. Ha ben c’est que c’était quand même un route de montagne sinueuse…il menaçait aussi de repartir en arrière dans les fortes pentes. Autant vous dire qu’on aurait été plus rapides en twingo !

Cela dit, malgré tout cela, on en garde un bon souvenir. Pour ceux qui passent par-là, nous vous conseillons l’expérience.

Une fois arrivés à David après 5 heures de trajet, nous embarquons dans un bus local qui nous emmène à Boquete. Ces bus locaux sont en fait des bus scolaires américains. Il faut croire que le Panama a des contrats de recyclage avec l’éducation nationale Nord-américaine…

Encore une fois, le bus est blindé de monde. On pourrait se croire dans les transports publics d’une grande ville européenne aux heures de pointe, à la différence près que ce bus s’arrête partout et qu’un siège normalement conçu pour 2 personnes selon nos standards est fait pour 3 personnes ici. Charline s’est d’ailleurs retrouvée coincée entre Alex et une jeune femme quelque peu enrobée, qui profitait du moindre mouvement  pour donner un léger coup de postérieur et gagner un peu plus de terrain. Et ce fut un tel succès que Charline ne pouvait même plus appuyer son dos contre le dossier. Bref, cela a duré une heure 🙂

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info28 Infos utiles :

  • De nombreux locaux nous ont proposé de prendre une offre combinée bateau + bus direct jusqu’à Boquete. Cette offre coûte 30 dollars. Cela dit, même si le bus est direct, il fait quand même le même trajet que le bus standard que les locaux utilisent.
  • le prix de ce bus Almirante-David est de 8.50 dollars par personne, et passe toutes les demi-heures. Autant dire que c’est bon marché pour un trajet aussi long.
  • le trajet en bus David-Boquete coûte 1,75 dollar par personne, se prend au terminal de bus de David et passe environ toutes les 30 min.

Notre arrivée à Boquete

Arrivés à Boquete, le bus ne nous dépose pas au centre-ville, mais à quelques centaines de mètres de là (comment ??? Remboursez ! ) Et pour cause, le trafic est complètement bouché. Devinez par quoi. Un accident ? Un contrôle de police ? Non non…des chevaux…et pas deux ou trois, mais des centaines. Mais nous y reviendrons.

Nous sommes allés en premier lieu au camping dont nous avions entendu parler. C’est en fait une auberge qui permet de planter la tente dans le jardin pour 10 dollars la nuit. Son nom ? Pension Topas. Nous n’en ferons par contre pas l’éloge car cela n’a clairement pas été un coup de cœur. Malgré le très beau cadre naturel (jardin luxuriant) et les fresques de Tintin sur quasiment tous les murs, quelques points nous ont déplu :

  • Le terrain miné : en arrivant à notre emplacement, une forte odeur de fiente animale nous caresse le sens olfactif. Mais qu’est-ce donc ? Nous obtenons notre réponse lorsque nous plantons la tente et regardons sous nos chaussures. On nous a refilé un terrain miné… Cette parcelle servait apparemment de sanitaires à leur molosse.
  • Le service d’entretien : il n’est apparemment pas très à cheval sur la propreté, autant aux sanitaires qu’à la cuisine. Les poubelles débordantes, les douches crasseuses…tout y est…bon, n’exagérons rien, c’est encore décent, surtout pour 10 dollars la nuit. Mais lorsqu’on demande plus de 30 dollars par nuit pour une chambre simple et presque 50 pour une double, on peut espérer un peu mieux.
  • La cuisine infernale : avez-vous déjà vu une cuisine munie d’une gazinière à hotte naturelle ? Hé bien placez une gazinière dans un couloir de vent, comme par exemple au pied d’une éolienne, et vous verrez le résultat. Déjà que les brûleurs devaient dater de la deuxième guerre mondiale…autant dire que cuisiner était un combat quotidien. Exemple : un peu moins d’une heure pour faire des œufs brouillés, ou encore 40 min pour chauffer de l’eau pour le thé…

Bref, on ne recommande pas forcément cet endroit plus qu’un autre, mais les campeurs pourraient s’y plaire. La terrasse commune favorise d’ailleurs les rencontres entre voyageurs.

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Willy, le beau perroquet de l'hôtel ,avec un coffre qui rendrait jalouse Mariah Carey...

Willy, le beau perroquet de l’hôtel ,avec un coffre qui rendrait jalouse Mariah Carey…

La ville de Boquete en fête

Nous avons parlé des chevaux plus haut. Il s’avère que les habitants fêtaient les 105 ans de la ville, d’où les nombreux cavaliers et chevaux. Du monde dans les rues, dans stands de nourriture et de boissons, une scène musicale et un orchestre crachant (encore une fois) de la bachata à plein volume jusqu’à 1h du matin, bref un vraie fête de village. Une ambiance très conviviale donnant envie de rester quelque peu dans cette petite ville.

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Oui, car le cadre dans lequel  elle se situe est absolument splendide. Cette ville nichée au cœur des montagnes offre de nombreuses activités à tous les amateurs de treks, rafting, zipline, et autres activités outdoor.

Cette ville est d’ailleurs particulièrement connue pour l’escalade du volcan Baru, le point culminant du Panama (environ 4’000 m).  Il était dans nos projets de le faire (on ne va pas se mentir, on était venus là pour ça), mais nous avons commencé par autre chose.

The Lost Waterfalls ou Las cascadas Escondidas

Le lendemain de notre arrivée, en début d’après-midi,  nous nous rendons dans cet endroit. Il s’agit d’une série de 3 cascades nichée dans les montagnes au coeur de la jungle. On demande à Tintin ( le proprio de l’hôtel) comment y aller et il nous répond qu’il faut prendre un taxi pour y accéder. Que nenni ! Charline avait lu quelque part qu’il était possible d’y accéder en collectivo (Minibus local). On décide donc de se mettre à la recherche de ces collectivos. Bon on doit avouer que cela ne nous a pas pris trop de temps car ils se situent simplement deux blocs au-dessus de la place centrale. Ce sont les minibus qui montent au village de Bajo Mono, mais ils s’arrêtent où on le désire.

Le chauffeur nous ayant déposés, rapidement une chose inhabituelle attire notre attention…Le seigneur est parmi nous, mes enfants ! Effectivement, juste devant nous, une voiture immatriculée Jésus. Une chose qui n’est pas citée dans la Bible…Jésus vit au Panama.

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Bref le sentier commence par un petit pont suspendu au-dessus d’une rivière. Après une montée assez raide et un passage dans un jardin luxuriant aux fleurs multicolores , nous voilà devant le péage du sentier. Oui  car c’est payant. On a un peu de mal avec le principe de devoir payer pour une randonnée quand il y a Zéro infrastructures à entretenir , mais ayant vu de nombreuses photos de cet endroit , on savait qu’il ne fallait pas manquer ça.

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On paye donc notre droit d’entrée (7 dollars/ personne tout de même..) à un garde forestier apprenti tatoueur et on file vers les cascades.. Ce gars s’était levé le matin et s’était dit : « Non mais attends…trop stylé ! Et si j’me tatouais le visage au feutre noir ? J’aurais trop la classe ! En plus comme ça, ça me fera même pas mal ! »

En fait ce sentier passe par 3 niveaux de cascades. Le cadre nous émerveille tout de suite et nous rappelle le voyage en Amazonie que nous avions fait 2 ans plus tôt. Cette couleur verte omniprésente, le bruit des feuilles qui bougent à cause du mouvement des animaux, l’humidité qui ne tarde pas à nous tremper jusqu’à l’os, la boue dans laquelle nos pieds s’enfoncent, cette mini escalade à l’aide d’une corde pour grimper…et ces merveilleuses cascades qui portent bien leur nom.

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On ne croise presque personne durant cette marche, ce qui rend le moment encore plus précieux, un moment où nous nous sentons absolument déconnectés du monde. Un lieu où quiconque (Alex par exemple) pourrait se risquer à pousser des cris de singe en furie en espérant un retour.

Bon , juste un élément incontrôlable (et qu’on a pas vu venir) vient perturber cet instant …LA PLUIE. Et bien sûr les imperméables étaient restés à l’hôtel (sinon c’est pas rigolo..). Et il faut savoir que la route de Bajo Mono est TRES peu fréquentée. Ce qui nous a valu de descendre une bonne partie de la route à pied, trempés et frigorifiés (pour Charline surtout), avant de tomber sur LE taxi tant attendu.

info28 Infos utiles :

  • Pour accéder aux Lost Waterfalls, prenez un collectivo derrière la place centrale. Demandez au chauffeur de vous déposer au ‘’ Cascadas escondidas’’. Le trajet coûte  2.50 dollars l’aller simple et dure 15 à 20 minutes.
  • Le droit d’entrée s’élève à 7 dollars/ personne et la randonnée dure entre 2h30 et 3h30 selon votre rythme.

 

La déception du volcan Baru

Comme nous l’avons dit plus haut, notre arrivée à Boquete n’avait rien d’un pur hasard et nous avions un but précis… Gravir le volcan Baru, le seul sommet au monde où on peut profiter d’un sublime lever de soleil et apercevoir l’océan pacifique et l’océan atlantique en même temps.

Mais la météo en aura décidé autrement pour nous. Le froid, la pluie et les puissantes rafales de vent nous font vite déchanter ; nous n’étions pas prêts à endurer une telle escalade dans ces conditions. Et notre départ prévu pour les iles San Blas dans quelques jours ne nous permit malheureusement pas de rester plus longtemps à Boquete…

Il faut savoir que la montée jusqu’au  sommet du Baru représente tout de même plus de 30 km aller-retour, soit 6 heures de marche (11 heures aller-retour) dans la nuit éclairé à la frontale avec un dénivelé positif de 2000 mètres. Bref ce n’est pas la promenade du dimanche avec Papy et Mamie…

info28Infos utiles :

  • Pour ceux qui auraient pour projet de gravir le volcan Baru, sachez qu’il est tout à fait possible de le faire sans guide, le sentier étant fréquenté et entièrement balisé, contrairement à ce que diront certaines agences de voyage qui vous feront payer la modique somme de 175 dollars.
  • L’hôtel  Mamallena (sur la place principale) propose un service de navette tous les soirs à 23h30 qui vous emmène au pied du volcan pour à peine 5 dollars. Pensez juste à vous inscrire sur le tableau se trouvant dans le hall de l’hôtel durant la journée. Et ne tardez pas trop à le faire, car vous ne serez certainement pas les seuls.

C’est donc un peu déçus que nous quittons Boquete sans avoir pu accomplir cet exploit sportif mais nous ne regrettons pas notre décision. Effectivement quand on a vu comme notre tente remuait durant la nuit (à cause du vent, bien sûr !!), on s’est dit qu’on était quand même mieux ici qu’à gravir un volcan sous la pluie avec le vent de face sans avoir la certitude d’apercevoir un quelconque rayon de soleil au petit matin…

La photo de Teddy

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Amateurs de montagne, si la chaleur des cités ou du bord de mer vous font souffrir, venez vous recueillir quelque peu dans ces montagnes, et qui sait ? Peut-être gravir ce volcan qui nous est resté inaccessible ?

Nous voilà en route pour Panama City, d’où nous entamerons notre croisière de rêve dans les îles San Blas afin de rejoindre la Colombie. La suite au prochain article !

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6 reflexions sur “— Boquete ou les hautes terres du Panama —

  1. Sarah Ache lol

    Trop bien tous vos articles ! Je suis à fond lol !
    J ai l impression de lire un livre!
    Sinon deg pour le volcan j etais impatiente de lire l article et de voir les photos mais c est pas grave y en aura d autres !!
    J attends la suite 🙂

    Ps : TropPratique la newsletter

  2. Beatriz Epp

    J’adore lire vos articles et je vis ce voyage comme si j’y étais avec vous ! J’imagine bien Ale.X dans les minibus, les genous au menton . Charline par contre, ça doit être plus facile … . j’attends la suite de vos aventures avec impatience! Bisous

  3. Beatriz Epp

    J’adore lire vos articles et je vis ce voyage comme si j’y étais avec vous ! J’imagine bien Ale.X dans les minibus, les genoux au menton . Charline par contre, ça doit être plus facile … . j’attends la suite de vos aventures avec impatience! Bisous

  4. Mick (ceinture jaune! Hé ouais!)

    Toujours épaté de lire tels pavés si bien écrit. Puisqu’il semblerait que vous ayez beaucoup de temps à tuer, moi j’aimerais beaucoup savoir ce que pense Teddy. Lire son journal de bord, ses ressentis, partagez ses émotions et ses déceptions. Et pourquoi ses rencontres amoureuses…

    Et n’oubliez-pas, Jesus roule en Hyundai!

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