Charlex's World

— Le désert de Tatacoa —

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Afin de donner un caractère un peu plus personnel à nos articles, nous avons décidé de les commencer dès à présent par une citation de notre confection. Voici donc notre première pensée :

« Si tu te déplaces à vélo en Colombie, de moins de 12 ans est ton espérance de vie. »

Attention, gare au changement de décor. Après le climat montagneux de Salento, nous vous emmenons dans le désert de Tatacoa. Soit un passage d’un climat frais et humide (15 degrés et pluvieux) à un climat sec et chaud (40 degrés sous un soleil de plomb). Autant vous dire qu’on le sent passer.

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Mais avant cela:

Notre arrivée dans le désert de Tatacoa

Croyez-nous, en plus d’être quelque peu comique en y repensant, ce passage-là nous restera longtemps en mémoire.

Nous avons donc pris un minibus de Salento à Armenia, puis un autre minibus jusqu’à Neiva. Suite à cela, un taxi depuis Neiva jusqu’au désert.

info28 Infos utiles:

  • Le trajet Salento-Armenia coûte 4’200 pesos/personne et dure environ 1h.
  • Le trajet Armenia-Neiva coûte 40’000 pesos/personne et dure environ 7h.
  • Le trajet en taxi-jeep du terminal de transport de Neiva jusqu’au désert de Tatacoa coûte 15’000 pesos/personne et dure environ 1h.

 

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Mais laissez-nous détailler quelque peu ce trajet.

Dans le premier minibus, rien à signaler. Il s’agissait d’un bus public tout ce qu’il y a de plus banal.

En ce qui concerne le deuxième bus, rien à signaler sur son état, si ce n’est que l’espace entre les sièges a du être pensé pour Mimi Mathy ou Passe-partout. Il faut dire que pour un trajet aussi long, on s’attendait tout de même à un grand bus. La première chose qui nous fîmes donc en le voyant fut de verser une larme et de nous demander ce qu’on f**tait là.
Suite à cela, l’ambiance dans ce véhicule dès son départ fut « sympa bonnard » . Nous savions que la route était quelque peu sinueuse et par conséquent dangereuse. Ceci fut confirmé par l’observation de quelques passagers faisant le signe de croix dès l’embarquement. Ça met tout de suite en confiance….durant le trajet, nous avons d’ailleurs remarqué qu’un nombre impressionnant de croix funèbres ornent le bord de la route…
Le chauffeur, ah le chauffeur…parlons-en ! Il semblait tout à fait normal au départ. Mais ça, c’était avant. Dès le départ, il nous cassa déjà les c….pour les numéros de place, alors qu’en général tous les colombiens (chauffeurs ou passagers) s’en contre-balancent comme de l’an 40. Cette fois, nous n’avions pas fait attention au numéros de nos sièges. Et évidemment, nous fûmes forcés de changer de place, certainement à cause d’un brave homme (ascendant baltringue certainement) qui avait dû aller « tout rapporter » au chauffeur.
Lors de notre première halte, nous remarquâmes la deuxième caractéristique du chauffeur : l’hyperactivité. Pas plus de 5 minutes pour faire pisser tout le monde, montre en main. Nous n’avons jamais vu quelqu’un aussi pressé de remonter dans un bus.
Une fois dans les montagnes, nous perçâmes enfin son secret : cet homme devait sûrement rêver de devenir pilote de rally, mais ayant manifestement échoué aux tests, il se défoulait comme il pouvait sur les routes de montagne. Et il devait également avoir des origines anglaises vu le temps qu’il passa à rouler à gauche afin d’opérer des dépassements de camions poids-lourds en toute sécurité dans des virages sans visibilité ni barrières, avec précipices à la clé bien évidemment. « Et tiens? Un embouteillage sur une route de montagne dû à des travaux? Qu’à cela ne tienne! La piste de gauche a l’air libre et n’a vraiment pas l’air de servir aux autres véhicules montant en sens inverse! Faudrait vraiment être débile pour faire ça. Allons-y! Ah zut…j’m’ai fait eu ! C’est pas grave , je vais faire du forcing entre 2 poids-lourds pour me rabattre. »
Et ajoutez à cela une télévision vous passant Rambo 1 et 2 à la suite avec le son à fond en espagnol entrecoupés des gémissements fébriles des personnes vomissant dans des sacs plastique. Soit dit en passant, la voix de Rambo en espagnol est ridicule.
Vous voyez le tableau? Cela dura des heures…Nous avons clairement eu droit à la descente aux enfers en 4D , l’odeur du vomi étant présente , bien entendu. Autant vous dire que nous étions contents d’arriver à Neiva et de nous poser dans le taxi pick-up qui roula tranquillement jusqu’au désert. Durant ce long trajet, nous avons compris ce que voulait dire « se voir mourir ». Et plusieurs fois.

Le désert de Tatacoa

Arrivés à destination, nous prenons nos quartiers dans le camping en y installant notre « maison », nous mangeons un morceau (enfin, plutôt Alex que Charline vu la qualité épouvantable de la nourriture), puis au lit de bonne heure.
Le lendemain, départ pour voir le désert de Los Hoyos en premier, puis celui d’El Cuzco ensuite. Ce dernier se trouvant juste en face de notre camping, nous décidons d’aller voir Los Hoyos en premier.

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Le monde entier…est un cactus!!!

Los Hoyos

En voulant y aller à pied, nous nous sommes quelque peu surestimés, surtout Charline n’ayant absolument rien dans le ventre. On se rend d’ailleurs très vite compte que tous les restaurants sur la route ne font pas à manger... Là faut qu’on nous explique…

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Après 2 heures de marche sous 40 degrés, nous arrivons aux portes du lieu visé, puis nous nous rendons compte qu’il nous faut marcher encore 2 heures supplémentaires pour parcourir la boucle, plus encore 2 heures pour revenir. Sans rien dans le ventre, nous ne la sentons pas trop, surtout que le chemin ne semble pas très bien balisé. Cela dit , le paysage se dressant déjà devant nos yeux est à couper le souffle. A perte de vue s’étendent des canyons creusés dans la roche dont les couleurs varient du gris au beige.

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Nous nous sentons réellement seuls au monde. Cela nous console quelque peu dans notre décision de rebrousser chemin , même si l’amertume de savoir qu’un paysage encore plus beau se trouve certainement plus loin nous reste en bouche.

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Quelques conseils :

  • Pour aller jusque là bas, louez un vélo! Ca ne coûte pas très cher (5000 pesos/heure environ) et ça vous épargnera de pénibles efforts.
  • N’oubliez pas votre chapeau, car le soleil est très violent.

En revenant, nous bénissons les habitants des environs. En effet, l’un d’eux passant en voiture s’arrête et nous ramène jusqu’au camping. Même si nous nous étions mis en tête de tout parcourir à pied , ce coup de pouce est plus que bienvenu !

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El Cuzco

Depuis notre camping , nous nous dirigeons ensuite vers El Cuzco. Cette partie du désert se trouve à 10 minutes à pied. Contrairement à Los Hoyos qui est un désert gris , El Cuzco est un désert rouge.

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Ce milieu rappelle les canyons rouges des parcs nationaux américains. Un spectacle époustouflant! Absolument splendide. Devant ce paysage divin , nous oublions quelques minutes la chaleur assommante et le soleil de plomb. Nous nous sentons réellement privilégiés de pouvoir apprécier ce spectacle. Nous tentons ensuite d’y trouver un chemin balisé pour nous y aventurer et faire une boucle qui nous ramènera à notre camping , mais force est de constater que nous ne sommes pas très doués pour ça.

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Après une heure de marche dans les entrailles de ce désert , nous rebroussons chemin. Cela dit, nous n’en sommes pas moins satisfaits. Il est d’ailleurs assez étonnant de voir que de nombreux canaux naturels furent récemment creusés par des cours d’eau dans ce milieu aride et qu’ils sont encore humides. Certainement l’eau de pluie acheminée jusqu’à la nappe phréatique se trouvant sous nos pieds.

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info28 Info utile :

L’eau du robinet est potable et même excellente. provenant certainement d’une nappe phréatique, elle est très pure et n’a aucun goût. Pensez-y avant d’acheter de l’eau en bouteille.

Suite à cette journée bien remplie, nous décidons de ne pas rester une nuit de plus, et partons pour la gare routière de Neiva. Une fois ces deux endroits visités, il n’y a effectivement plus grand chose à faire dans le coin. Notre objectif : un bus de nuit pour Popayán , histoire de ne pas faire le trajet jusqu’à Cali en une fois.

Nous prenons donc un taxi pour nous rendre à Neiva. Ce trajet , qui devait normalement durer une heure , en dura finalement trois…En effet , notre chauffeur décide de s’arrêter à Villavieja , un village intermédiaire , afin de remplir son taxi. Nous sommes donc forcés d’attendre à côté du taxi de ce brave monsieur pendant que celui-ci joue aux cartes.

Une heure plus tard , en voiture. Il nous informe que nous allons passer prendre d’autres gens afin de les déposer en route. Puis un fait que nous avons observé tout ce dernier mois durant se confirme une fois de plus : les colombiens sont de réels fainéants pour la plupart. Alors que la place où s’arrêtent les navettes se trouvent à moins de 50 mètres de leur lieu de résidence , ceux-ci demandent à ce qu’on passe les chercher devant leur porte. Idem pour ceux qui attendent le bus. Si le bus s’arrête 5 mètres avant là où ils se trouvent , il attendent que le bus d’avance pour l’arrêter à nouveau ! Ce dernier fait n’est pas une invention , nous l’avons réellement vu.

En chemin , nous sommes informés que le seul bus partant pour Popayán s’en va à 5h du matin de Neiva…on l’avait pas prévue , celle-là. Soit , s’il faut qu’on y aille à l’arrache , allons-y. Nous prenons donc un billet pour San Agustin , ville se trouvant sur le chemin. Après une nuit à San Agustin , puis une nuit à Popayán (étapes auxquelles nous n’avons que passé la nuit et donc absolument rien à dire) , nous arrivons enfin à destination. Mais la suite sera pour le prochain article.

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La photo de Teddy

Malheureusement , Teddy n’a pas supporté la chaleur. Malgré nos encouragements, il a donc renoncé à monter dans notre sac et est resté toute la journée à se reposer dans la tente. Mais il promet d’être présent dans le prochain article. Et croyez-nous , on ne lui laissera pas le choix cette fois.

 

Pour ceux qui aiment les contrées désertiques , un petit tour dans le désert de Tatacoa vous comblera. Ses paysages lunaires vous emporteront dans un autre monde. Alors ? Envie de mettre le pied dans un autre univers ?

 

Au prochain article : Cali et les retrouvailles familiales d’Alex, puis nos derniers jours colombiens à Ipiales avant de s’aventurer en Equateur…

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4 reflexions sur “— Le désert de Tatacoa —

  1. seize

    bien dommage de ne pas vous être arrêtés plus longtemps à San Augustin et Popayán…les deux valent vraiment la peine 🙂

  2. Lara

    Hahahaha vous me faites mourir de rire avec l’histoire du bus, car je peux pas m’empêcher de penser à toi Charline, qui m’a dit que tu faisait des petits accro de vomi à la moindre odeur suspecte !!! hahaha j’suis finie, j’aimerai bien te voir en vidéo, ça pourrait être le prochain défi… mhmmm quoi que ça risque de faire rire que moi !! hahaha Sinon, trop super de vous suivre et vos photos sont magnifiques ! Gros becs !

  3. Sarah Ache

    Hahah d accord avec Lara !! Je t imagine Charline avec les odeurs !! En tout cas il fait super peur ce trajet !! Faites attention quand même !!! Bisoussss!!!

  4. Mélanie B

    « Certainement l’eau de pluie acheminée jusqu’à la nappe phréatique se trouvant sous nos pieds. » Je me demande de qui vient cette phrase 🙂
    Magnifique article comme toujours! Soyez tout de même prudents avec ces chauffeurs en mode rallye 🙂
    Gros bisous!

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