Charlex's World

— Nord de l’Isaan : le Nisaan Loop —

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Bon, où en étions-nous déjà? Ah oui! La Thaïlande. Encore et toujours! Nous l’aurons bien exploré, ce pays. Suite à Koh Kood, nos projets initiaux étaient de nous aventurer dans le Sud de la Thaïlande, dans la région entre Krabi et Koh Lipe. Mais dame nature en aura voulu autrement. Les intempéries étaient sérieuses dans cette partie du pays. Si bien que les inondations étaient telles qu’il y avait jusqu’à 1m d’eau dans les rues de certaines îles comme Koh Samui ou Koh Pha Ngan. Sans parler des bateaux cloués au port à cause de la mer déchaînée, des avions cloués au sol, etc, etc. Très peu pour nous qui préférions garder une météo clémente. C’est ainsi qu’après un bref retour à Chiang Mai (enfin « bref »…ce mot est une question de point de vue…) pour revoir une sacrée brochette de potes, nous avons décidé de nous aventurer dans une région encore peu connue de ce pays dans le monde touristique (en comparaison au reste du pays) et totalement inconnue en ce qui nous concerne : l’Isaan, soit cette énorme étendue formant l’Est thaïlandais que très peu de monde va visiter. On dit que la curiosité est un vilain défaut, hé bien voyons si cela nous portera du tort.

Voilà, voilà, nous ne nous sommes pas ennuyés à Chiang Mai..

Afin d’être aussi libres que possible, nous avons choisi le scooter comme moyen de transport. Sachez que le tourisme n’étant pas développé comme ailleurs, il est difficile de sortir des axes principaux en transports publics. Et prendre des taxis (quand il y en a) peut vite revenir assez cher.

Nous avons donc planifié une boucle de 7 jours dans ce monde inconnu, une boucle pour laquelle nous avons trouvé un petit nom. Nous sommes d’accord que « Boucle de l’Isaan du Nord » ne sonne pas vraiment très accrocheur. Nous l’appellerons donc le « Nisaan Loop » (pour ceux qui n’auraient pas compris, Nord-Isaan => Nisaan). Et pourquoi en anglais? Ben pourquoi pas, on a envie de vous dire? Faut être international, casser les barrières linguistiques! Ou tout simplement parce que ça claque plus…Nous ne savons pas trop, mais c’est nous qui décidons de toute façon. Et toc!

Résumé du Loop

Khon Kaen

Notre base de départ pour cette petite escapade fut Khon Kaen. Pour nous y rendre, nous avons pris un bus de nuit depuis Chiang Mai. Pour plus d’infos, voir en fin d’article.

Khon Kaen n’est pas une belle ville. La rue touristique principale ne voit affluer que les retraités  (mâles bien entendu) en manque d’amour et d’autre chose (plus qu’évident) ne pouvant pas assouvir leur besoins sordides chez eux aussi facilement. Ah ben ça! Pas facile de se lever une gamine de 40 ans de moins que toi par chez nous! Le long de cette rue se trouvent donc une lignée de bar sur les terrasses desquels se trouvent ces belles brochettes de vieux dégueulasses en train de scruter ce qui passe. Nous espérons qu’un jour une bonne paire de claques viendra leur caresser le visage sans crier gare. Et pourquoi pas une petite castration, tiens!

Deux petits mots sur l’Isaan:

C’est la région la plus pauvre du pays. Les retombées du tourisme y sont moindres, ce qui fait que les jeunes filles en partent pour aller trouver l’argent ailleurs, très souvent en se prostituant. Parfois, les parents encouragent même ce système…Et pour celles qui ne partent pas, c’est Nono, 65 ans, et Gégé, 68 ans, qui viennent à elles à Khon Kaen ou Udon Thani leur montrer le savoir-faire qu’ils ont accumulé en rendant visite aux jeunes du monde entier! Vous nous direz que les thaïs faisant cela sont consentants…ben oui, ils ont besoin d’argent. N’empêche que nous trouvons ça immonde (chacun son avis)!

Si cela vous intéresse (vous renseigner, hein! Pas y participer, bien sûr!), regardez le bon documentaire d’enquête exclusive sur le sujet. Bien sûr, de nombreux autres documentaires existent sûrement. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à le partager en commentaire.

 

Fort heureusement, nous ne logions pas à proximité de cette rue. Nous avons élu domicile au Ban Bua Resort & Hotel, quelque peu excentré. N’étant restés guère plus d’une nuit dans cette ville, nous devons avouer ne pas avoir exploré toutes les possibilités touristiques de cette ville. Il doit sûrement y en avoir une ou deux…Dès notre arrivée, nous nous sommes directement concentrés sur ce pourquoi nous étions là : trouver un scooter à louer. Et ça, c’était une mission!

Petite parathèse sur le Pomodoro, restaurant italien réputé meilleur resto de la ville. Allez-y, c’est une tuerie! Tous les produits sont importés et de première fraîcheur. C’est plus cher que la nourriture thaï (compter entre 250 et 350 THB pour une pizza), mais c’est les meilleures pizzas que nous avons mangées depuis très, très longtemps. Ça vaut le détour!

Louer un scooter à Khon Kaen : la blague!

Nous sommes d’accord sur le fait que c’est très facile dans le reste du pays. Ici, c’est différent. La raison est simple: il n’existe que 3 agences de location. Elles sont toutes situées au même endroit, entre les restaurant Yokotai et Pomodoro, à côté de l’hôtel Pullman Khon Kaen Raja Orchid. Ce sont des agences de location de voitures qui possèdent aussi des scooters.

Nous allons voir les deux premières, plus aucun scooter disponible et aucune assurance que quelqu’un ne le ramène en fin de journée…Nous allons voir la troisième (se trouvant en face, du côté du Eric’s Bar). On nous dit qu’il y a un scooter à louer pour 300 THB/jour. Nous déclinons poliment, sachant que nous pouvons descendre jusqu’à 200 THB/jour. A ce stade, nous pensons toujours qu’il y a d’autres agences dans la ville. S’en suit une loooongue recherche en sillonnant les rues de la ville sous 35°C. Nous tombons même sur un type lambda dans la rue qui nous propose de nous louer le scooter de sa sœur pour 200 THB/jour! Mais vu l’état du véhicule et l’absence d’assurance ou de toute forme de contrat, nous refusons.

Après quelques heures, nous retournons donc à la dernière agence, résolus à payer le prix demandé. Durant notre discussion avec le loueur, celui-ci nous demande ce que nous comptons faire comme tour. Quand nous lui expliquons, il est sidéré!

« Ah non, impossible. C’est trop loin, vous n’y arriverez jamais! Ça fait plus de 1000 km! Vous êtes fous! Je ne peux pas vous louer un scooter pour ça ». Ben quoi, mon pote? T’as peur que ton scooter roule? Ce qui a l’air sûr en tout cas, c’est que personne n’a jamais tenté l’expérience, en tout cas par son intermédiaire. Inutile de dire qu’on a donc du le travailler au corps pour le convaincre, l’animal! Il finit par accepter et nous fournit un scooter quasi-neuf (7’500 km) ainsi que des casques vraiment neufs (le film plastique était encore sur la visière). Nous avons peut-être payé 300 THB/jour, mais au moins nous avons eu du bon matos.

Jour 1 : De Khon Kaen au Phu Kradueng

3h de route – 136 km (nous ne comprenons pas trop ce qui a pris autant de temps. Pourtant, nous avons bien roulé!)

8h du matin. Nous enfourchons notre fidèle destrier. Nous l’avons baptisé « Wild Missile ». Alex démarre et fait crier la bête. Charline, encore une fois abasourdie par l’aisance d’Alex à dompter le monstre, se tait d’admiration. Même si elle avait voulu dire quelque chose, elle aurait été trop occupée à se cramponner pour sortir un son. Ah cet Alex, quel homme! Le bitume défilant sous les roues de Wild Missile, nous traçons la route.

Le parc national du Phu Kradueng

Arrivés à l’entrée du parc national, nous parquons l’étalon dans son box et allons à la réception. On nous offre de laisser notre surplus de bagage jusqu’à notre retour. C’est bien volontiers! Nous amorçons ensuite notre ascension.

Le Phu Kradueng est un parc forestier au centre duquel se situe un montagne culminant à 1’360m. Ce qu’il y a de particulier avec cette montagne, c’est que le sommet n’est pas un pic, mais un énorme plateau. Vu de loin, nous avons l’impression qu’un géant l’a tranchée à l’horizontale à l’aide d’un sabre.

La montée au sommet nous prend 3h10 (pause déjeuner comprise). Et ce n’est pas facile! Nous savions qu’il fallait être un minimum en forme, mais nous ne pensions pas à ce point. Ça grimpe sec, et ça ne s’arrête jamais! Les deux passages les plus difficiles sont le début et la fin. Tout au long de l’ascension, on trouve des ensembles d’échoppes proposant à manger et des boissons.

On peut remarquer aux panneaux de mise en garde que des éléphants sauvages se promènent dans le parc. Cela se confirme par le présence de crottin sur le chemin. Un éléphant dressé, c’est sympa. Mais à l’état sauvage, attention! Nous restons sur nos gardes.

Arrivés au sommet, une vue magnifique sur la vallée s’offre à nous. D’ici, nous dominons la plupart des alentours.

Mais c’est pas tout ça, nous avons encore de la marche jusqu’au camping. Le long du chemin, nous sommes surpris par la végétation nous entourant. Une forêt de pins! On se croirait dans les landes. Thaï-landes.

Une fois arrivés, nous remarquons que le camping est tout confort. Des tentes sont à disposition, on peut louer matelas, sac de couchage, oreiller, les toilettes et les douches sont en dur et un certain nombre de restaurants servent à manger pour un prix tout à fait correct.

Le coucher de soleil

Nous investissons notre tente, puis partons voir le coucher de soleil à un des points connus pour cela : Mak Dook Cliff. Le meilleur point pour cela est Lom Sak Cliff, mais il est situé à 9 km du camping. Nous avons choisi la facilité vu l’heure tardive et les faiblesses dans nos jambes. Et nous n’avons pas regretté. Ce jour-là, le coucher de soleil est entaché de nuages. Dommage. Nous rentrons donc bredouille et nous couchons de bonne heure.

Chose incroyable ici: les animaux sauvages se baladent partout. Durant l’après-midi déjà, nous avons pu approcher des biches de très près. Durant la nuit, elle venaient même rôder autour de notre tente, qui n’était pourtant pas en bordure du camping. Surprenant de voir une biche en ombres chinoises sur les murs de sa tente en se réveillant au milieu de la nuit…

Jour 2 : du Phu Kradueng à Chiang Khan

2h15 de trajet – 135 km

Le lever de soleil

Nous avions prévu de nous lever à 5h45 pour aller voir le lever de soleil à Nok Aen Cliff. A l’heure dite, en regardant dehors, nous voyons avec dépit que la zone est plongée dans un épais brouillard. Une vrai purée de pois! Sur le coup, nous hésitons. Cela vaut-il vraiment la peine de se lever? Bof, non…Oh on sait pas trop…on hésite, on hésite…pendant longtemps! Peu avant 6h30, nous nous décidons enfin à nous lever, de peur de le regretter. Mais il nous reste 15 min pour parcourir 1,7 km. On se dépêche! A travers les arbres, nous voyons la lumière orangée du lever de soleil. En effet, le brouillard ne se trouvait qu’au camping formant une sorte de cuvette. Un peu plus loin, plus rien!

1 min 30 avant notre arrivée sur site, la lumière orangée s’arrête. Le soleil est déjà trop haut. Nous avons tout raté. C’est encore plus frustrant que si nous étions restés au pieu! D’autant plus qu’en arrivant, un couple de français rentrant au camping nous dit « Un peu de retard? ». Et quand nous les dépassons pour rentrer, ils renchérissent « Ah vous l’avez loupé? Ben on vous montre pas les photos alors… ». Et ta mâchoire, tu la veux comment? Un peu dégagée sur l’avant? Ils doivent avoir vite compris que nous n’étions pas d’humeur. En temps normal, nous l’aurions pris à la rigolade. Mais là, s’être levé si tôt exprès pour ça nous a mis en rogne. Mais nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-même….On ne nous y reprendra pas. La prochaine fois, nous nous lèverons bien en avance!

Après ce lever de soleil raté et un bon petit déjeuner, soit un riz frit, nous entamons la descente. Et croyez-nous, elle est bien plus difficile que la montée. Nos genoux en pâtissent et sont réduits en bouillie. Nous sommes bien contents d’arriver à l’entrée du parc.

Une fois nos affaires récupérées, nous enfourchons Wild Missile en direction de notre prochaine destination: Chiang Khan. Durant ces 2 premiers jours, la route n’est pas incroyable. C’est principalement une voie rapide sans paysage de grand intérêt.

Chiang Khan

La petite ville de Chiang Khan, elle en revanche, est une belle surprise! C’est un petit paradis sur les bords du Mékong. Et de l’autre côté, le Laos! Une avenue principale, une rue culturelle parallèle bordée de maisons en teck donnant un charme irrésistible à cet endroit, puis un chemin piéton bordant le Mékong. Rien de plus, rien de moins, et c’est simplement parfait. A noter que durant ces 2 jours, nous avons du croiser une vingtaine de touristes au maximum (tous francophones). On se sent vraiment à l’autre bout du monde, ici.

Jour 3 : de Chiang Khan à Sang Khom

2h de trajet – 106 km

Le Phu Tok

Nous nous sommes trouvés face à un énoooooorme dilemme. A Chiang Khan, il y a deux attractions touristiques majeures. L’admiration du lever du soleil au sommet du Phu Tok et la procession des moines dans les rues de la ville exactement au même moment! Nous avons du choisir…et vu la frustration du matin même, nous nous sommes décidés pour le lever de soleil le lendemain. Et encore une fois, ce dont nous n’avons pas l’habitude s’est produit: nous étions entourés de touristes…thaïs uniquement! Pas un farang à l’horizon!

La procession des moines

Chaque matin, à l’aube, les moines de Chiang Khan parcourent la rue principale afin de faire l’aumône. Les habitants sortent donc tous de chez eux afin de leur donner quelque chose. C’est généralement du riz mais ça peut aussi être des gâteaux, des sodas…. C’est d’ailleurs chez les moines en Thaïlande que nous trouvons le plus haut taux de diabétiques du pays…
Quand nous étions à Luang Prabang, au Laos, nous avions refusé d’assister à ça car c’est devenu une activité tellement touristique que c’en est écœurant. Hors ici, dans cette petite ville loin du tourisme de masse, c’est tout ce qu’il y a de plus authentique. Mais comme nous avons privilégié le lever de soleil, pas de procession pour nous! C’est comme ça il faut faire des choix!

Si vous en avez le temps, restez deux nuits à Chiang Khan pour assister aux deux événements. Vous n’aurez aucun mal à occuper le reste de votre temps à lézarder sur le balcon de votre hôtel, face au Mékong.

Sang Khom

2h durant, nos yeux ont été ravis…cette portion de route est de loin l’une des plus belles du loop. Sur ce trajet, la route longe le Mékong et offre des paysages d’une beauté indescriptible rappelant fortement ce que nous avions vu au Laos. Et pour cause, celui-ci est juste de l’autre côté du fleuve! Si vous empruntez cette portion de route, planifiez un peu large car vous risquez de vous arrêter plus d’une fois. Et comme c’est agréable de rouler à cet endroit! La route est peu empruntée, nous sommes quasiment seuls!

Lors d’un arrêt, nous tombons sur un temple quelque peu…atypique. En le voyant, Charline dit à Alex « Dis? Tu vois ce que je vois? C’est bien ce que je pense? ». En se retournant, Alex le confirme. « Mais ouais…je crois que c’est bien ça… ». Dans le petit temple se trouvent deux grandes statues…en forme de zgegs (autrement dit des phallus)! Les organes doivent bien mesurer 2,50 à 3m de long. Et ils sont décorés, en plus. Ils ont des drôles de divinités dans le coin…

Arrivés à Sang Khom, nous choisissons de nous arrêter à la Bouy Guesthouse. Un excellent rapport qualité-prix! Un petit havre de paix au bord du fleuve. Des bungalows en bois assez confortables séparés du restaurant par une petite passerelle en bois, un cadre ultra-calme, ça respire la sérénité. Par ailleurs, les proprios sont adorables et ont un chien, Momo, sur lequel nous craquons tout de suite. Un Golden Retriever terriblement en manque d’affection qui ne se lassera jamais de vos caresses. Et le mode de fonctionnement de cet hôtel nous séduit. Ici, vous notez vous-mêmes toutes vos consommations sur un petit carnet et vous payez le tout en partant. C’est basé sur la confiance, et ça fait plaisir.

Nous y avons fait la connaissance de Jacquie, un français de 64 ans passionnant parcourant l’Isaan à vélo. Il se tape chaque jour entre 100 et 200 km à coup de pédale. Il nous a bluffés! Par ailleurs, ses récits de voyage à vélo nous ont ravis. Franchement, nous lui tirons notre chapeau!

Jour 4 : de Sang Khom à Nong Khai

124 km – 2h30 de route au total

C’est de bonne heure que nous décollons de cet endroit féerique (enfin, surtout pour Alex, car 9h n’est pas très tôt pour certaines personnes comme Charline…) car nous faisons un petit détour, ce jour-là. En effet, il est possible de joindre les deux villes en longeant le Mékong. Mais nous décidons de passer par le parc national de Phu Phra Bat.

Phu Phra Bat Historical Park

Ce parc historique abrite des formations rocheuses très curieuses.

***Alex met sa casquette de géologue amateur un court instant***

Au fil des années, le vent et le sable qu’il transporte ont érodé ces monticules rocheux sans relâche. Ceux-ci étant formés de différents types de roches, les couches ne se sont pas érodées à la même vitesse.

Rappelons qu’une formation rocheuse est formée par le dépôt continuel de différents types de sédiments. C’est pour cela que ces roches sont formées en couches.

L’érosion des ces formations résulte donc en des formations géologiques de formes diverses. Et certaines d’entre elles sont massives!

***Fin de la leçon de géologie***

Mais comme une image vaut mille mots, voici de quoi illustrer nos propos.

Hormis ces particularités géologiques, le parc abrite aussi des témoignages du passage de l’homme de la préhistoire. Sur certaines roches se trouvent des peintures préhistoriques vous faisant faire un sacré bond dans le passé. Bienvenue à l’âge de Pierre! Pierre? Présent…

Nong Khai

Après ce bref retour dans l’histoire, nous repartons en direction de la ville de Nong Khai. Avouons que nous redoutions un peu cette étape. La seule grande ville que nous ayons vue dans cette région jusqu’alors fut Khon Kaen. Et celle-ci ne nous a pas laissé un souvenir flatteur. C’est finalement avec plaisir que nous découvrons les abords de la ville au guidon de Wild Missile. A première vue, elle paraît bien plus jolie que sa sœur. La voie rapide à l’entrée de la ville est surplombée par des arcades dorée en forme de dragon. Les rues ne semblent pas sales, les routes sont bien entretenues et la circulation ne semble pas bordélique pour un sou.

Jolis rizières sur la route…

Nous avons élu domicile à la Mut Mee Ghesthouse. Infos complètes en fin d’article et on conseille vivement! Le cadre, toujours au bord du Mékong, est magnifique et paisible. Le jardin donnant sur le fleuve est agrémenté de hamacs et même d’une balançoire. Et pourquoi pas de faire masser par ici? Un salon de massage extérieur se trouve à 50m de la réception. Et ici, c’est le même principe qu’à la Bouy Gesthouse : chaque client note ses consommations sur un carnet et paie en partant. Nous adorons le concept!

Jour 5 : de Nong Khai à Bueng Kan

138 km – 2h15 de trajet
Route additionnelle pour aller au Wat Phu Tok : 49 km – 1h de trajet (aller-simple)

Après avoir englouti un bon petit dej, nous enfourchons à nouveau Wild Missile en direction de Bueng Kan. Le premier arrêt sera le Sala Keoku Buddha Park (Kaeo Kou sur Maps.me), à 4 km de notre point de départ.

Le Sala Keoku Buddha Park

Ce parc situé en plein coeur de Nong Khai abrite des sculptures de plus de 20m de hauteur pour certaines, mêlant les styles bouddhiste et hindouiste. L’auteur de ces sculptures,  Luang Pu Bunleua Sulilat (1932-1996), acheté ce terrain en 1978, après avoir été exilé du Laos. Il est également à l’origine du Buddha parc se trouvant de l’autre côté du Mékong, au Laos, à quelques kilomètres de là. Il a fondé ce premier parc en 1958 (source: Wikipédia).

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on se sent tous petits à côté de certains de ces monstres!

Bueng Kan et le Wat Phu Tok

Suite à la visite de ce parc, nous traçons en direction de Bueng Kan (et non pas Ban Bueng Kan qui se trouve encore plus loin). Alors là, nous arrivons dans la zone pour laquelle les informations n’existent pas vraiment. Arrivés à Bueng Kan, nous choisissons un hôtel au hasard au bord du Mékong. Nous tombons sur le Laong Pirom. Même s’il est un peu plus cher que ceux des jours précédents, nous le choisissons tout de même. Les chambres sont spacieuses et agréables et la terrasse permet de chiller un poil. Et en plus, nous avons l’air conditionné, chose qui ne sert absolument à rien ici…

Une fois nos affaires déposées, nous décidons de partir pour le Wat Phu Tok. Nous avions prévu de faire cela le lendemain, mais vu l’heure qu’il est, nous décidons d’y aller de suite. Et oui, ce lieu s’appelle Phu Tok, comme la montagne à Chiang Khan. Mais vous le trouverez sur Maps.me sous le nom de Wat Phu Tok.

Déjà de loin, cette montagne rouge rappelant les couleurs du Grand Canyon est impressionnante. Une fois la monture dans son box, nous commençons notre ascension. Nous enchaînons les escaliers sous un soleil de plomb. Ça grimpe! Nous arrivons sur la première passerelle et nous nous rendons compte qu’il y a plusieurs niveaux (7 au total). Au fur et à mesure de notre ascension, la vue se dégage et les environs révèlent leur beauté. Faire le tour du mont offre une vue à 360° sur l’ensemble de la région. C’est somptueux et nous n’en perdons pas une miette.

Encore une fois, nous sommes quasiment les seuls « farangs ». Nous avons d’ailleurs droit à une séance photo avec un groupe de thaïs un peu curieux. L’un d’eux insiste d’ailleurs pour que nous venons chez lui, dans un bled que nous ne connaissons pas à 100 km de Bangkok, en prétextant que si nous venons, nous pourrons loger gratuitement chez lui et il s’occupera de nous. Vu le nombre de jour qui nous restent, nous déclinons poliment son offre.

Pour la petite histoire, ce sont les moines qui ont construit ces infrastructures. En effet, au sommet de la montagne (7ème niveau) se trouve un temple bouddhiste (d’où le nom « Wat » Phu Tok).

Nous ne sommes pas allés jusqu’au 7ème niveau, car il est apparemment infesté de serpent. De plus, ce niveau est recouvert d’arbres, ce qui cache la vue qu’il pourrait offrir.

Jour 6: de Bueng Kan à Udon Thani

205 km – 4h de trajet (avec les pauses pour nos petites fesses)

Ce trajet fut looooooooong! Le plus long du road trip. En théorie, le trajet doit prendre 3 heures. Avec les pauses, nous en avons mis 4. Vous nous direz que 4h, ce n’est pas beaucoup. Mais rappelons-nous que nous sommes sur la route depuis quelques jours déjà, que nos fesses hésitent à donner leur démission et que Charline porte un sac de 10 kg depuis tout ce temps. Pour ceux qui ne le sauraient pas, 10kg équivaut à un cinquième de son poids (houuu quelle indiscrétion),  ce qui est proportionnellement assez énorme.

Vous comprendrez donc que ce jour-là, une fois arrivés à destination, nous n’avons absolument rien fait! Ah si! Nous avons trouvé un restaurant. Mais c’était dégueulasse. Nous vous donnons tout de même son nom histoire de l’éviter: le Mae-Ya, sensé être le meilleur resto de la ville. Par exemple, en guise de rouleaux de printemps frits, ils servent un espèce de mélange de légumes congelés et de saucisse de Vienne (en version déguelasse) enroulé dans de la pâte froide, le tout arrosé d’un mélange de sauce barbecue et de ketchup. Et bien sûr, rien n’est frit! C’est pourtant un des seuls 3 mots faisant partie de l’intitulé du plat…un petit effort quand même, svp…

Udon Thani est une ville moche, sans grand intérêt. Mis à part pour Nono et Gégé, bien entendu. Le soir, en nous installant à la terrasse du restaurant de l’hôtel (qui était fermé auparavant), nous sommes assez étonnés par la tenue des serveuses. Ah voilà! Nous ne savions pas que cet endroit était un cabaret à ciel ouvert…Sans exagérer, plus prostituées que ça, tu meurs! Les tenues les plus déshabillées que nous ayons vues durant notre séjour dans ce pays. Et en plus, c’est pas comme si ces dames étaient très attirantes. Même si nous savons qu’elles devaient être pus âgées que cela (les thaïs font toujours très jeunes), elles avaient le corps d’une gamine de 14 ans…Sympa cette petite bourgade. On s’y verrait bien en vacances en famille, tiens!

Si vous passez par là, essayez quand même la Mono Place Guesthouse. Malgré cette petite surprise exotique, les chambres sont énormes et très confortables.

Jour 7 : d’Udon Thani à Khon Kaen

182 km – presque 3h de route (avec les deux détours cités)

113 km – 1h30 de route (sans les détours cités)

C’est là que ça devient intéressant. Durant cette étape, deux endroits valent le détour. Et comment!

Le lac de lotus

Sublimissime! S’il y a une chose à retenir de ce road trip, c’est celle-ci.

Nous faisons donc un léger détour pour aller voir cet endroit cité nulle part, que ce soit dans le Routard, le Lonely Planet ou les divers blogs de voyage. Comment Charline a-t-elle trouvé cet endroit? Vive Instagram et les hashtags du style « #wonderfulplaces » ou « #thailandwonders ».

Arrivés sur place, nous sommes une fois de plus les seuls « farangs ». Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’y a d’ailleurs pas tant de monde.

Après avoir payé le droit d’entrée, on nous fait monter dans une petite barque à moteur sur laquelle nous sommes seuls (avec la capitaine, bien entendu). Et hop, c’est parti pour un petit tour sur le lac. Au début, nous ne voyons pas grand chose. Nous espérons en silence que cela va s’améliorer. Mais une fois au bout du lac, WAOUH! Nous n’allons pas essayer de décrire cela tellement c’est beau. Les images parleront mieux d’elles-mêmes.

Ban Khok Sa-Nga

Ce petit village est connu pour une chose : les cobras! Chaque habitant possède un ou plusieurs serpents, voire même d’autres animaux comme des varans, par exemple. Tous les jours, certains d’entre eux donnent un spectacle avec leurs animaux de compagnie dans une petite arène. Des femmes dansant avec leur boa autour du coup en mettant leur tête dans la bouche, des hommes excitant leur cobra pour qu’il attaque et l’évitant à la dernière seconde; même si ces personnes n’ont pas vraiment le sens du spectacle (elles ont l’air un peu blasées…), certaines performances donnent la chair de poule.

Avant le spectacle, nous avons visité la ferme de serpent. Autour d’un bassin se trouvent des grandes cages abritant toute sorte de serpents et autres animaux. Et dans un petit bassin au centre, des crocodiles! Si, si!

A la fin du spectacle, nous avons eu l’occasion de porter des boas et d’immortaliser ce moment. Une première pour Alex et un petit remember pour Charline.

Ce village constitue la dernière étape de notre road trip. Suite à cela, nous sommes rentrés à Khon Kaen pour rendre notre monture et reposer nos petites fesses.

Et alors, ce road trip?

Tout bonnement incroyable! D’abord car nous avons visité une partie de la Thaïlande que nous ne connaissions pas du tout et de laquelle nous n’avions presque jamais entendu parler, mais aussi car nous avons pu observé un autre côté de la culture thaïlandaise. En bref, nous avons eu l’impression d’avoir face à nous une autre Thaïlande, dont nous ignorions l’existence. Il va sans dire que la gentillesse des gens dans cette région nous a conquis. Les thaïs sont déjà exceptionnels dans le reste du pays. Mais dans cette région, la largeur de leur sourire n’a d’égal que la sincérité qu’il dégage.

Bref, prenez le temps de faire un tour en Isaan, vous ne serez pas déçus.

La photo de Teddy

 

Au prochain article, nous ferons étape dans une petite ville d’Isaan du nom de Phimai abritant quelque chose de très particulier…

 

info28 INFOS UTILES

  • Transports:
    • Bus Chiang Mai – Khon Kaen : 10h de trajet, 525 THB. Ils partent pratiquement toutes les 1h30 entre 7h et 20h.
    • Taxi terminal – centre ville de KK : négocié à 100 THB. Nous sommes-nous faits arnaquer? Aucune idée, mais nous avons trouvé cela correct pour la distance parcourue.
  • Hébergement:
    • A Khon Kaen : Ban Bua Resort & Hostel. 410 THB la chambre double avec SDB privée et eau chaude, super spatieuses, petit balcon, propre, lit très confortable, air conditionné. Excellent rapport qualité prix. Pour réserver de suite, cliquez ici.
    • Au Phu Kradueng:
      • Tente 3 places : 225 THB/nuit
      • Sac de couchage : 30 THB
      • Matelas : 20 THB
      • Oreiller : 10 THB
    • A Chiang Khan: nous avons logé à la Chiang Khan Guesthouse. Au bord du Mékong, 300 THB la chambre double, SDB commune avec eau chaude et une proprio quelque peu dans les vapes. Un peu sale mais correct.
    • A Sang Khom: la Bouy Guesthouse. 300 THB pour un bungalow avec ventilateur et SDB privée avec eau chaude.
    • A Nong Khai: la Mut Mee Ghesthouse. 390 THB pour une chambre double avec SDB commune (eau chaude). Vu le cadre, c’est un excellent rapport qualité-prix. C’est propre et les lits sont très confortables. Nous vous conseillons de réserver au minimum un jour à l’avance car c’est souvent plein. C’est en quelque sorte « the place to be in Nong Khai ». Pour une réservation rapide, cliquez ici.
    • A Bueng Kan: le Laong Pirom. 500 THB pour une chambre double avec SDB privée et eau chaude. Wifi par incroyable mais correct. Air conditionné et frigo.
    • A Udon Thani: la Mono Place Guesthouse. 400 THB la nuit pour une chambre double avec SDB privée et eau chaude. 50 THB de plus pour la connexion wifi pendant 24h. Croyez-nous, vous n’y resterez pas plus longtemps.
  • Excursions:
    • Phu Kradueng:
      • Prix de l’entrée du parc : 20 THB pour le scooter, 400 THB/personne (prix officiel). Mais le type ne nous a fait payer que moitié-prix. Quand nous avons demandé pourquoi, il nous a dit que c’était le « rabais-sourire ». Donc, essayez de lui présenter votre plus beau sourire. Ça marchera peut-être!
      • Vous pouvez laisser vos affaires à la réception gratuitement.
      • Un service de porteur offre de monter vos affaires au sommet pour 30 THB/kg.
      • Montée a sommet : 3h10 avec pause. 5h pour les plus lents.
      • Descente: 2h30. 4h pour les plus lents.
      • Du sommet au camping : 45 min de marche.
      • Il est possible de louer des vélos au camping.
    • Chiang Khan:
      • Phu Tok: à 10 min du centre-ville, parking pour le scooter à 10 THB, entrée comprenant le taxi jusqu’au sommet à 25 THB/personne. Le soleil se lève vers 6h30 mais soyez en avance. Le sommet est ouvert de 5h à 17h.
      • Procession des moines: à l’aube sur la Chiang Khan Road.
    • Phu Phra Bat National Park:
      • Entrée 100 THB/personne. Nous ne savons pas ce qui se passe, mais nous n’avons encore une fois pas du payer l’entrée…Et ce n’est pas faute d’avoir demandé s’il fallait le faire! Deux explications sont possibles: soit cela est lié à la mort du roi, soit nous avons le c*** bordé de nouilles.
      • Durée du tour complet du parc : 2 heures.
    • Nong Khai:
      • Entrée du Buddha Park : 20 THB. Hé non, pas gratos cette fois…Vous avez la possibilité de laisser vos sacs à l’entrée gratuitement en demandant avec un grand sourire.
    • Wat Phu Tok (Bueng Kan):
      • A 1h de route de Bueng Kan.
      • Entrée : gratuite, et pour tout le monde cette fois!
      • Temps de visite : entre 1h30 et 2h pour parcourir tous les étages de passerelles. Ça dépend à quel rythme vous montez les escaliers! 😉
    • Lac de lotus:
      • Prix du tour: 150 THB/personne
      • Durée du tour: entre 1h et 1h30.
    • Ban Khok Sa-Nga (village des cobras):
      • Le horaires des spectacles ne sont pas vraiment définis. Il faut juste attendre qu’il y ait assez de monde.
      • Le prix n’est pas vraiment fixe non plus…on a commencé par nous demander 200 THB chacun et nous avons finalement payé 50 THB chacun après négociation.
      • Pour la photo avec les serpents, nous avons payé 100 THB.
  • Infos diverses et conseils:
    • TÉLÉCHARGEZ L’APPLICATION MAPS.ME! Ça pourra vous être bien utile dans certains de ces coins!
    • Apprenez à compter en thaï, ça pourrait vous être très utile dans cette région ou personne de parle anglais!
    • Soyez patients et indulgents! Cette partie de la Thaïlande n’est pas habituée au tourisme, et ça se voit parfois.
    • Informations sur Wild Missile (le scooter):
      • Nous l’avons loué à Top Carrent. Nous l’avions loué pour 10 jours (300 THB la journée) mais l’avons ramené au 8ème jour. Le loueur a eu la gentillesse de nous rembourser les 2 derniers jours, moins 100 THB car nous avons dépassé l’heure de la location de 2h. Mettez tout de même ces conditions au point lors de la location.
      • Type: Honda Click 125
    • Autres infos:
      • Vitesse de croisière : 80 km/h
      • Essence dépensée: 745 THB
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4 reflexions sur “— Nord de l’Isaan : le Nisaan Loop —

  1. yaya et nini

    trop bien ,belle présentation ,vous nous faite voyager c est sublime on vous embrasse très fort et a continuer de vous lire a défaut d y participer

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