Charlex's World

— Le Merapi: les entrailles de la Terre —

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C’est donc parti pour une petite série d’efforts physiques. Nous n’avions pas grimpé de montagne depuis le Népal (soit une éternité!). Et ça nous a tellement manqué que nous avons décidé de profiter de l’Indonésie pour les enchaîner. Et pas n’importe quel genre de montagne! Des volcans. L’Indonésie en regroupe un nombre impressionnant. Quelque chose d’incontournable donc. Le premier auquel nous allons rendre visite est le Merapi, soit le volcan le plus actif du pays sur l’île de Java.

Comment s’y rendre?

En fait, il n’est vraiment pas loin de Yogyakarta. Pour s’y rendre, tout dépend de ce que l’on veut faire. Pour monter au sommet, les expéditions partent directement de Yogyakarta et l’ascension se fait depuis le village de Selo, au Nord de la montagne.
Nous avons décidé de d’abord nous rendre au Sud de la bête afin d’en explorer les deux côtés. Impossible de monter au sommet depuis là car trop dangereux, mais il est par contre possible d’explorer les environs et d’aller au pied du volcan. Cap donc sur Kaliurang! Pour y aller, nous avons pris les transports locaux. Rendez-vous dans les infos utiles pour en savoir plus.

La face Sud du Merapi

Arrivés à Kaliurang, nous avons élu domicile à la Vogel Guesthouse. Christian, le propriétaire, nous accueille chaleureusement. Nous sommes un jour de semaine en basse saison et nous sommes seuls dans l’hôtel.

Ce qui nous intéresse, c’est que Christian est en quelque sorte une institution dans la région en ce qui concerne ce volcan. À 71 ans (et presque toutes ses dents), il organise encore des randonnées à la journée au pied du volcan. Et ça fait plusieurs dizaines d’années que ça dure. Il en connaît donc un rayon.

Au programme donc: une randonnée d’à peu près 7h le lendemain, avec lever de soleil en route et vue superbe sur le volcan. Enfin, vu la stabilité de la météo, ça c’est ce que nous espérons! Précisons que l’après-midi de notre arrivée, et donc précédant l’excursion, c’est pas jojo!

Le lendemain, en piste à 4h du mat. Ah bah oui! Un volcan et un lever de soleil, ça n’attend pas! De plus, il fait généralement beau le matin et ça se gâte l’après-midi. Pas de temps à perdre donc! Après un bon petit déjeuner, Christian nous fait voir un documentaire sur l’éruption de 2010 dans lequel il a été interviewé et nous fournit ensuite quelques explications complémentaires sur le programme de l’excursion.

Quelques infos sur l’éruption de 2010:
L’éruption du Merapi en 2010 est une éruption volcanique qui s’est déroulée sur le Merapi du 26 octobre 2010 à début 2011. Ce volcan, considéré comme le plus actif et le plus dangereux d’Indonésie, est situé dans le centre de l’île de Java, au cœur d’une région densément peuplée. Les populations, mal préparées aux conséquences d’une éruption de ce volcan qui peut se traduire par des nuées ardentes soudaines, sont particulièrement exposées. Marquée par des nuées ardentes et des lahars, cette éruption a coûté la vie à 353 personnes, dont Mbah Maridjan, le juru kunci du volcan. Pour les scientifiques, c’est l’éruption la plus forte depuis celle de 1872 [source: Wikipédia].
Pour davantage d’informations, cliquer sur ce lien Wikipédia.

 

Suite à quoi, à 5h, nous nous enfonçons dans la nuit en compagnie de son fils. En effet, à 71 ans, Christian à décidé de passer progressivement le flambeau et forme 3 personnes depuis 4 ans, dont son fils, Aldrin.

La première partie de la marche se fait dans une jungle luxuriante. Incroyable de voir à quel point la végétation a repoussé en seulement 7 ans. Comme quoi, les cendres volcaniques sont un engrais très efficace! Nous nous arrêtons après 30 min de marche pour admirer le lever de soleil. Avec le Mont Lawu, un autre volcan, en arrière-fond, c’est d’une splendeur à coupe le souffle. En revanche, le Merapi est toujours dans les nuages, pour l’instant. Ça sent le fail. Ça sent le fail à plein nez!

Nous nous remettons ensuite  en route au milieu de cette jungle. Le sentier est étroit par endroit et la machette de notre guide s’avère très utile pour dégager tout ça. Apparemment, cette partie du sentier n’est pas très empruntée. Un peu plus loin, nous débouchons sur un sentier officiel qui nous amène à une tour d’observation. De là, la vue sur la bête est imprenable. Mais devinez quoi? On ne voit absolument rien à cause des nuages. Qui avait parlé de fail, déjà?

Ceci est sensé être le Mérapi.

Un peu déçus, nous continuons notre marche. Par endroit, nous croisons des fermiers locaux qui coupent de l’herbe pour leur bétail.  Le sourire jusqu’aux oreilles est de rigueur! Ces gens sont impressionnants. Ils constituent des bottes d’herbe qui doivent franchement peser dans les 60 kg, voire plus, et les ramènent à leur village à pied par le sentier. Et ce travail n’est pas réservé aux hommes! Il se répète tous les matins. Alex a plus ou moins tenté de lever une botte et vous pouvez le croire quand il affirme que ces gens font preuve d’une sacrée détermination pour répéter ce processus tous les matins!

Ceci n’est pas Alex.

Alex a préféré porter ça assis…

Aldrin nous explique qu’autrefois, une large rivière s’écoulait là, à nos pieds, comme en témoigne ce lit asséché rempli de boue. Il nous explique qu’étant gosse, il y venait avec ses potes pour s’y baigner et que la profondeur pouvait atteindre 3-4 m. Mais en 2010, les nuées ardentes ont recouvert la source et des coulées de boue ont rempli le lit de la rivière. Plus rien ne s’écoule désormais.

Un point positif : durant notre marche, le volcan se dévoile peu à peu et le ciel se dégage! Yes! Finalement, ça ne sera peut-être pas tant un fail!

Un peu plus loin, nous tombons sur une sorte de petit musée en plein air. Autrefois vivait ici un chaman. En effet, les volcans ont quelque chose de très spirituel pour les Indonésiens. Lors de l’éruption de 2010, celui-ci est décédé. Il a tenté de faire partir tous les habitants du village, mais certains n’y ont pas cru et sont restés. Ne voulant pas les abandonner, il est resté avec eux et tous sont décédés. Deux journalistes se trouvant sur place ont tentèrent de le secourir mais se firent surprendre. Ils furent coincés par les coulées dans un bunker et moururent brûlés. Le musée montre leur photo, raconte leur histoire et leur voiture calcinée est exposée. Il n’en reste rien!
 

Nous parcourons ensuite la dernière étape de notre ascension pour arriver au point où les jeeps s’arrêtent. Ah ben oui! Ah parce que vous croyez que tout le monde fait ça à pied? Bien sûr que non! La plupart des touristes, majoritairement chinois et coréens, montent en Jeep, prennent une photo, et redescendent de la même façon. De plus, une fois au sommet, ils ne se donnent même pas la peine de marcher un peu. 30m depuis le parking est la distance moyenne qu’ils parcourent. Tant mieux pour nous, car en marchant quelques centaines de mètres de plus, nous nous retrouvons absolument seuls face à cette beauté.

La tranchée empruntée par la coulée de 2010 se trouvant à nos pieds est impressionnante. Bien une cinquantaine de mètres de large sur une vingtaine de mètres de profondeur. En 7 ans, la pluie à tout de même quelque peu contribué à le creuser davantage.

Nous resterons un moment là-haut à discuter avec Aldrin avant de descendre pour manger le repas de midi.

Et c’est sur la note d’un repas de midi énorme et succulent que se terminera cette escapade.

Christian, Aldrin, si vous lisez  es lignes, un énorme et chaleureux merci pour cette randonnée que nous ne sommes pas prêts d’oublier.

À tous les autres, allez-y! Ça en vaut vraiment le coup!

 

Rien que pour ce type de photo, ça vaut le coup! Merapi-fever…

L’ascension du Merapi

Nous n’allions tout de même pas partir sans escalader ce monstre! Mais impossible de l’escalader du côté sud. C’est bien trop dangereux ; tous les anciens sentiers sont interdits.

Il nous a donc fallu repartir à Yogyakarta, puis aborder le volcan par la face nord depuis le village de Selo. Nous avons opté pour une expédition organisée partant directement de Yogyakarta.

À noter que pour descendre depuis Kaliurang, nous avons tenté le stop. Incroyable, la première camionnette qui passe s’arrête! Le chauffeur nous fait monter dans le benne et nous voilà partis, confortablement installés. Sauf que nous nous arrêtons en cours de route car notre bon samaritain ne va pas dans la même direction. Pas grave, nous retentons le coup. Et ça marche! Au bout de 15 min, une fourgonnette s’arrête et Tony, le chauffeur, nous dit de monter. Il aura la gentillesse de nous amener jusque devant notre hôtel! Décidément, ce pays est incroyable…

 

à l’aise…

Arrivés à Yogyakarta, nous décidons d’aller dormir, car notre expédition débute vers 22h. En effet, nous grimpons de nuit pour être au sommet au lever du soleil.

À 22h donc, nous grimpons dans un minibus. Notre ascension se fera à 11, parmi qui se trouvent 3 québécois avec qui nous sympathiserons. Nous en profitons pour affirmer qu’entendre un québécois parler fait certainement partie des meilleurs antidépresseurs au monde!

Après 2 heures de route, nous arrivons au départ de notre expédition. Là, on nous offre le thé. 30 min plus tard, nous partons. À ce moment là, il fait nuit noire, mais nous pouvons voir que le volcan se trouve dans les nuages. Pas très rassurant…

L’ascension est raide, mais nous sommes étonnés de voir que nous tenons encore la forme! Nous transpirons, certes, mais l’effort ne nous semble pas surhumain. Le fait de faire une pause chaque heure aide très certainement. Le chemin reste très raide, mais la nature du milieu change. Le béton laisse place à la terre, parfois boueuse, et à la végétation forestière  luxuriante. La boue laisse ensuite place à la roche et il nous faut parfois nous aider des mains pour avancer en escaladant. La forêt se fait ensuite de moins en moins présente.

Au bout de la 3eme heure d’ascension, quelque chose qui ne nous plaît pas du tout fait son apparition: la pluie. Nous sommes bien équipés, là n’est pas le problème.

Permettez-nous de rebondir sur cette dernière phrase pour ouvrir une parenthèse. Si on vous dit que vous allez escalader un volcan culminant à 3000m de nuit à la fin de la saison des pluies, que prenez-vous avec? La première chose pour nous est soit un imperméable, soit des chaussures de marche. Pour ces dernières, nous pouvons comprendre qu’on ne voyage pas tous avec. Mais pour l’imperméable, nous n’en revenions pas. Sur les 8 (sans inclure les guides), la moitié n’en avait pas! Et nous ne parlons pas des habits chauds! On aurait dit que certaines de ces demoiselles étaient sensées aller en boîte et qu’elles avaient changé de plan à la dernière minute! Étonnant que personne ne portait de talons… Il est vrai que les guides ne nous ont jamais précisé quoi prendre avec. Mais tout de même! Certaines personnes ont-elles vraiment une capacité de réflexion aussi limitée? Hallucinant…

Aux alentours de 4h du matin donc, la pluie nous tombe dessus. Et ça, c’est une mauvaise nouvelle. Car dans ces conditions, hors de question de faire un pas de plus. Le chemin glissant est bien trop dangereux, surtout de nuit. Nous attendons donc là où nous sommes, sous la pluie. Celle-ci ne s’arrête pas et le brouillard s’en mêle. De mieux en mieux!

30 minutes plus tard, la situation n’a pas changé. Les guides se motivent à faire un feu pour que nous nous réchauffions. Ils partent chercher du bois et démarrent le feu grâce à des morceaux de plastique enflammés. Prouesse de leur part, malgré le bois mouillé, le feu s’allume. Et nous voilà les 11 pelés à tenter de nous réchauffer tant bien que mal autour d’un feu pourri, sous la pluie. Vous imaginez le tableau? Inutile de préciser que le moral n’est plus au beau fixe. Si bien qu’aux alentours de 5h30, nous décidons tous de descendre. La situation ne s’améliorera pas. Avons-nous dit « tous »? Ah, c’est une erreur! Un couple d’Allemands souhaite encore rester pour une durée indéterminée et demande à tous les autres si nous sommes d’accord de les attendre, indéfiniment toujours, en bas, à côté du bus. « Mais bien entendu! Avec plaisir, même! Et si vous voulez, nous pouvons même vous faire des pancakes! » Nous avons beau être aussi dégoûtés qu’eux, rappelons que nous n’avons pas dormi de la nuit, que nous sommes trempés et frigorifiés. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais nous les avons trouvés sacrément culottés! A ce moment-là, tout le monde se regarde dans les yeux pour savoir qui va bien vouloir les remballer. La fille ne nous en laisse pas le temps et dit finalement « Bon, ben je crois qu’on va descendre alors ». Ben j’espère bien!

DE-GOU-TES.

Il ne nous restait qu’une heure jusqu’au sommet. Une heure. Mais le Merapi n’a pas voulu de nous et nous a forcés à descendre. Cela fut difficile à digérer… Nous arriverons finalement vers 12h à Yogyakarta, sales, fourbus et avec le moral dans les chaussettes.

30 balles pour un feu de camp : voilà à quoi se sera résumé notre expédition…

Heureusement que nous avons vu ce volcan de l’autre côté, car cette fois, nous ne l’avons même pas aperçu!

Et heureusement que nous avions un super guide! Pour info, c’est même pas le Merapi que l’on voit derrière nous. C’est celui d’à côté, le Merbabu…

Et quid du Merapi?

Malgré notre ascension ratée, nous avons adoré côtoyer cette montagne imposante. La randonnée au Sud nous a ravis. Et en marge du fait que nous n’ayons pas atteint le sommet, l’ascension nous a permis de jauger l’état de notre condition physique et nous a fait transpirer quelque peu, chose qui ne nous était pas arrivée depuis un moment.

A tous ceux qui s’aventureraient dans le coin, nous vous conseillons de visiter les deux côtés du volcan. Et si vous parvenez au sommet, vous ne serez pas déçus. Les photos de lever de soleil de là-haut que nous avons vues ne pourraient pas vous laisser de marbre.

La photo de Teddy

 

Au prochain article, vous pourrez constater que l’échec du Merapi ne nous a pas découragés. Nous partirons à l’assault d’un autre volcan, celui-ci moins connu des touristes: le Mont Lawu.

 

info28 INFOS UTILES

Transport :
  • Bus Yogyakarta – Kaliurang : prendre le bus Trans-yogya 3B jusqu’à l’arrêt Kentungan Depuis la rue JL Kaliurang, des minibus montent à Kaliurang pour 25’000 IDR par personne. Le trajet total dure environ 3h. Nous savons qu’il existe une autre option que de s’arrêter à Kentungan, qui est d’aller jusqu’au terminal de minibus pour Kaliurang, mais nous n’avons pas trouvé comme faire.
Logement :
  • Vogel Guesthouse : 70’000 IDR la nuit la chambre double très basique, avec SDB commune et eau froide (douche au bucket). Le restaurant est très bon et bon marché.
Excursions :
  • Le trek du Merapi (face Sud) :
    • Prix: 300’000 IDR chacun avec petit déjeuner et repas de midi inclus.
    • Durée : environ 7h. Nous sommes partis à 5h et rentrés à 12h en prenant bien notre temps.
  • L’ascension du Merapi:
    • Prix : 450’000 IDR avec transport depuis vitre hôtel à Yogyakarta, thé /café, guides, lampe frontale et petit déjeuner au pied du volcan au retour.
    • Durée : 4h de montée et 3h de descente, puis 2h aller et 2h retour jusqu’à Yogyakarta. Ajoutez à cela le petit déjeuner et le temps passé en haut, vous arriverez normalement à environ 12 à 14h au total.
    • Prenez une veste chaude pour le sommet, un imperméable, des bonnes chaussures et des snacks. 7h de marche, ça creuse, et vous n’aurez rien avant d’avoir terminé!
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2 reflexions sur “— Le Merapi: les entrailles de la Terre —

  1. Lou

    Hello Hello !
    Merci beaucoup pour toutes ces infos précieuses ! Le trek autour du volcan nous tente bien, donc on va prendre le bus pour se rendre à Kaliurang ! Petite question : à quel arret faut-il s’arrêter pour prendre le minibus ?
    Merci pour votre réponse !!!

    Lou

    1. Charlex

      Ha mince! On avait oublié de le mettre celui-là. Alors sauf erreur (ça remonte à loin…) c’est l’arrêt de bus Kentungan. ensuite il faut se rendre à pied sur la route Jl Kaliurang pas loin de là, et choper un minibus. Ils ne sont pas facilement reconnaissables et n’ont pas vraiment d’horaires. Donc on vous conseille de demander à quelqu’un. Sinon, le stop marche super bien dans cette région. On a d’ailleurs utilisé cette option pour redescendre! 😉

      J’espère que c’est pas trop tard pour vous dire tout ça….profitez bien!

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