Charlex's World

— Salar d’Uyuni et Sud-Lipez : 5 jours sur une autre planète —

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« La région du Salar d’Uyuni est une partie de l’âme de la Bolivie…quant aux guides du Licancabur , ils devraient tous finir au four. »

Vu la taille inhabituelle de cet article , nous vous facilitons la lecture en vous fournissant quelque bullets-points :

Notre arrivée à Tupiza

Pour nous rendre à Tupiza depuis Sucre , nous avons pris un bus de nuit.

info28 Infos utiles :

Bus Sucre – Tupiza : 8h de trajet/40 bob en semi-cama

 

Le bus est parti à 20h30 , ce qui implique une arrivée à 4h30 du matin. Nous avions donc réservé un hôtel à l’avance. Effectivement , peu nombreux sont les hôtels ouverts à cette heure-ci. Et vu la petite taille de cette ville , nous risquions de nous retrouver à attendre dans le froid sans cela…

Tupiza

Cette petite ville est calme et sert surtout de base de départ pour les touristes voulant partir en direction du Salar. Malgré le fait qu’il n’y ait pas grand-chose à voir à cet endroit , nous avons apprécié le calme qui y règne et la gentillesse des gens. Ça change d’autres régions de Bolivie !

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Et par-dessus tout , nous avons adoré l’hôtel Butch Cassidy ! Avant 5 jours dans le Salar et le Sud-Lipez , nous avons décidé de prendre un bon hôtel avec douche chaude et connexion internet. Et nous n’avons pas été déçus ! De l’eau brûlante , des lits ultra confortables , le meilleur petit-déjeuner de Bolivie (même des pancakes !) et une connexion internet qui déboîte. Même si c’est un peu cher , on vous le conseille.

info28 Infos utiles :

Ne faites pas la même erreur que nous , ne prenez pas un taxi. En sortant du terminal , prenez sur la gauche. Traversez le pont , puis encore sur la gauche. Le Butch Cassidy se trouve quelques dizaines de mètres plus loin le long de la route. Un taxi vous coûtera 15 bob pour faire ces 500 m.

Prix de la chambre double : env. 200 bob

Prix du petit déjeuner sans la chambre : 20 bob (lors d’arrivée tôt le matin , les quelques heures de sommeil ne vous seront pas comptées mais le petit déjeuner oui).

Le personnel de l’hôtel est très serviable et vous donnera tous les renseignements nécessaires sur les activités des alentours.

 

Nous avons donc passé notre journée à comparer les agences pour notre escapade Salar – Sud-Lipez. Nous en conseillons 2 qui se talonnent au niveau des prix et prestations : Natural Adventure et La Torre. Nous avons passé un bon moment à mettre sur pied un comparatif. Nous voulions faire le tour standard de 4 jours/3 nuits avec une journée et une nuit en plus pour grimper le Licancabur , un volcan culminant à presque 6’000 m entre la Bolivie et le Chili. Il faut savoir qu’un groupe peut contenir de 3 à 5 personnes. Plus vous êtes nombreux , moins cher ça sera. Voici les chiffres que nous avons obtenus (en bolivianos) :

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Notez que ces chiffres peuvent être sujets à des changements rapides au vu de l »essor touristique de la région.

Ces deux agences se valent donc bien. Nous vous déconseillons de partir avec Tupiza Tour. L’impression qu’ils nous ont laissée est celle d’une grosse usine à touristes. Leurs prix sont d’ailleurs plus élevés.

Vous pourrez constater que ces prix sont quasiment deux fois plus élevés que ceux des tours partant d’Uyuni. Mais c’est un choix. En partant de Tupiza , l’avantage est de ne pas suivre le même chemin que des centaines d’autres touristes (surtout en cette saison) et de voir une partie du circuit que ces autres touristes ne voient pas. Par ailleurs , les agences partant d’Uyuni sont souvent moins sérieuses. Les chauffeurs sont parfois bourrés , ils font souvent eux-mêmes à manger pour économiser le prix d’une cuisinière (et ce n’est pas très bon en général) , on se retrouve entassés à 7 dans une jeep , bref la qualité du service est inférieure. Nous avions fait le circuit d’Uyuni 3 ans auparavant. Et en connaissance de cause , nous vous conseillons grandement de payer un peu plus cher et de partir de Tupiza.

Le défi dans l’organisation de ce tour était non seulement de trouver les meilleurs prix , mais également de trouver 2 autres personnes qui souhaitaient faire le même parcours. Effectivement , les prix augmentent drastiquement pour un groupe de 3 et peu nombreux sont ceux qui veulent escalader un volcan. Mais après plusieurs sondages et une journée de recherches , nous tombons sur un couple franco-américain chez La Torre , Audrey et David , qui nous semblent très sympathiques , en bonne forme physique et bien motivés. C’est ce qui nous motivera à choisir cette agence. Nous signons donc ! Départ le lendemain matin. Nous ne prenons donc même pas le temps de faire une balade à cheval dans les canyons autour de Tupiza. Voyant l’argent que nous venions de dépenser , cela aurait été déraisonnable…

Jour 1

7h30 , une jeep vient nous chercher à l’hôtel pour nous amener à l’agence d’où tous les groupes partent. Nous faisons alors connaissance avec notre chauffeur/guide , Jorge , 27 ans. Nous chargeons les sacs sur le toit et partons. Notre groupe est constitué de 2 sous-groupes : nous 5 dans une jeep et un groupe de 4 français dans une autre jeep avec notre cuisinière à tous. Ces 4 personnes n’ont par ailleurs pas prévu de faire le Licancabur , mais le Tunupa dominant le Salar à 5’400 m d’altitude.

Nous nous arrêtons en premier lieu au Sillar. Ce point de vue domine une vallée de roches volcaniques d’un côté et des pierriers rouges aussi énormes que majestueux de l’autre. Cette première vision nous coupe le souffle. Sur le moment , nous nous disons simplement que si les 5 jours sont ponctués de merveilles aussi incroyables , nous allons passer du sacré bon temps !

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Après ce bref arrêt , nous taillons la route. Les paysages fabuleux s’enchaînent. Rien mis à part le désert et les montagnes rouges , oranges et jaunes. Sur la route , nous faisons un bref arrêt dans une vallée parsemée de lamas.

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Quelques photos , puis nous repartons en direction des ruines du Village Fantôme.

Arrivés sur site , notre guide nous informe qu’une petite visite touristique prévue dans les coûts supplémentaires nous est offerte. Ce village est un ancien village de mineurs.

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Un peu d’histoire : en 1540 , les espagnols sont arrivés dans cette zone et se sont rendus compte que le sous-sol regorgeait de minéraux comme l’argent , le cuivre , l’or et encore d’autres. Ils ont donc réduit à l’esclavage toute la population locale afin d’extraire ces minéraux. Les ruines correspondent aux quartiers des espagnols , le camp des esclaves se trouvant 800 m plus loin. Aux abords du village se trouve une des entrées de la mine. Et ce qu’on peut dire , c’est qu’il ne faut pas être claustrophobe…en 1700 , le village fut abandonné. Une épidémie d’origine inconnue décima une bonne partie de la population locale et força les espagnols à abandonner les lieux.

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Après cette visite très instructive , nous passons devant une belle lagune , la Laguna Morejon. Nous arrivons ensuite à l’hôtel où nous allons passer la nuit. Le soleil se couche , le froid est tenace (températures négatives) , et après une brève observation des étoiles , nous mangeons en compagnie de deux autres groupes de français (hé oui , il y en a beaucoup ici) avant d’aller dormir.

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Jour 2

Le jour suivant , debout à 7h30. Après un petit déjeuner , nous embarquons dans la jeep puis partons. Le matin , ça caille presque autant que le soir !

Premier arrêt , un champ marécageux bien apprécié des lamas. Et pour cause , ceux-ci nous entourent et posent volontiers devant l’objectif de Charline. Le spectacle est prenant mais le froid continue de nous faire grelotter malgré la présence du soleil. Et le vent n’arrange pas les choses.

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Suite à cela , nous visitons la Laguna Hedionda. Rien de spécial à dire sur la lagune mis à part qu’elle est très belle.

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Nous partons ensuite en direction des thermes. Nous redoutons une chose à ce moment-là , cependant. Les thermes sont le premier arrêt sur le circuit d’Uyuni. Ce qui veut dire que nous risquons de partager les prochaines attractions avec des centaines de jeeps…nous verrons cela. Arrivés au thermes , le choc est moins violent qu’attendu. Seulement 6 ou 7 jeeps , et tout le monde sur le point de sortir de l’unique bassin à l’air libre. Le pied ! Nous nous changeons et plongeons dans le bassin. Nous sommes seuls ! Au vu de cela , notre chauffeur se joint à nous. Nous pataugeons quelques 30 minutes dans cette soupe puis sortons pour aller manger dans le bâtiment juste à côté. Après le repas , soit 30 minutes plus tard , nous sommes ébahis. En sortant du bâtiment , nous nous trouvons face à une vingtaine de jeeps et des dizaines de touristes entassés dans la bassin. Le moins qu’on puisse dire , c’est qu’on a eu chaud ! La remarque de notre chauffeur à ce moment nous est d’ailleurs restée en mémoire : « Haaaa ! Sopa de gringos ! ».

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Prochain arrêt , le désert de Dali. Cet endroit est magnifique. Voyez plutôt !

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Cette partie du désert fut nommée ainsi car le peintre Salvador Dali en a fait quelques magnifiques illustrations très connues. On ne sait pas exactement comment ces formations sont nées. Tout ce qu’on suppose est qu’elles sont dues aux nombreuses éruptions volcaniques qui ont eu lieu jadis. Mais pour nous , l’explication est certes très intéressante , mais le plus important est le résultat. Et de ce côté-là , nous ne sommes pas déçus.

Nous nous enfonçons ensuite dans l’extrême Sud du Sud-Lipez et arrivons à la Laguna Verde. Sur la route , nous nous trouvons face au Licancabur , notre défi de l’Amérique du Sud. Et le moins qu’on puisse dire , c’est qu’il en impose. Nous sommes impressionnés par sa  grandeur. Le grimper ne va pas être de la tarte. Au bord de la Laguna Verde se trouvant au pied du volcan , notre impression est unanime en sortant de la jeep. Purée ce froid ! Et le vent n’arrange pas les choses. La température certainement négative nous empêche de profiter pleinement du spectacle. Quelques photos et retour dans la jeep. C’est dommage car c’est certainement la plus belle lagune du parcours.

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La blague du Licancabur

14h. Nous arrivons à l’hôtel se trouvant à deux pas de là. Au programme , attente , repas et repos très tôt en vue du départ de très bonne heure (entre 2 et 3h du matin) prévu pour l’ascension du Licancabur. Notre chauffeur nous informe que notre guide ne devrait pas tarder à venir nous parler du lendemain.

En attendant , nous faisons connaissance de deux suisses et un français qui prévoient d’escalader le volcan le lendemain également. Ils nous révèlent que le guide en chef est un vrai conn***. Nous en obtenons la preuve quelques minutes plus tard. Petite taille , casquette à l’envers , lunettes de soleil , chewing-gum et démarche de racaille attardée, son apparence inspirait déjà la claque. Après que le français tente de négocier le prix , mais finisse tout de même par accepter le prix de base , le guide dit aux deux suisses « Ok pour vous , mais votre pote ne vient pas vu qu’il ne veut pas payer. » Là , nous nous en mêlons et lui demandons en quoi c’est un crime de vouloir négocier pour finalement accepter le prix de base. A bout de quelques minutes , le conn*** (nous l’appelleront ainsi) finit par abdiquer et accepte le français à condition qu’il paie de suite. Ca annonce la couleur. A ce moment déjà , Charline fait part de son aversion pour ce type au groupe et révèle qu’elle n’a aucune envie de lui donner son argent.

Nous continuons à attendre. 17h , toujours rien. Nous commençons à nous inquiéter. Josh décide d’aller demander des informations au chauffeur qui pique un roupillon dans la jeep. Ces deux reviennent et le chauffeur questionne le conn*** qui regarde un match de foot avec son pote tout aussi débile que lui. Le conn*** lui répond évasivement en rigolant « leur guide arrive bientôt » alors qu’il lui avait désigné un de ses amis quelques heures plus tôt. Là-dessus , notre chauffeur commence à s’énerver. Le ton monte entre les deux boliviens , les insultes fusent et cela en vient presque aux mains. Finalement , notre chauffeur revient vers nous et nous explique qu’attendre est la seule chose que nous pouvons faire , mais qu’il ne la sent pas.

Nous mangeons et attendons , toujours rien. 19h. Si nous voulons partir le lendemain entre 2 et 3h du matin , il est plus que temps d’aller se reposer. Nous nous retrouvons dans notre chambre avec notre chauffeur , Jorge (qui est aussi notre guide du tour) , pour un conseil de guerre. Qu’est-ce qu’on fait ? Jorge nous dit que c’est notre choix , mais qu’il nous déconseille d’y aller. Une telle ascension est dangereuse sans une confiance aveugle en celui qui nous mène. Nous ne savons pas quoi faire. Mais ce qui va suivre nous aidera dans notre décision.

A ce moment précis , on toque à notre porte. C’est le conn***. Il nous dit « voilà votre guide » en nous montrant un garde-frontière qui semble tout juste sorti du berceau , et qui se trouvait d’ailleurs là depuis notre arrivée…

— Pour information , le poste-frontière entre la Bolivie et le Chili se trouve à 20 m de l’hôtel. —

On se regarde tous en se disant « mais c’est quoi ce gag ? ». L’enfant-soldat entre et commence à nous parler de l’heure de départ ainsi que du matériel que nous devons prendre avec. S’en suit la discussion suivante :

Groupe (nous) : « On peut te poser une question ? Tu n’es pas un vrai guide accrédité ? »

Enfant-soldat : « Non. »

Groupe : « Combien de fois es-tu monté ? »

Enfant-soldat : « 3 fois. »

— Ha bah purée ! Ca inspire confiance ! On a pas intérêt à avoir un problème , là-haut ! —

Groupe : Ok , alors maintenant on va te poser une question. Si t’es pas un vrai guide , pourquoi devrions-nous te payer comme tel ? Si on monte avec toi , on veut un meilleur prix , comme moitié-prix par exemple. Comprend-nous. Nous avions demandé un guide expérimenté et nous nous retrouvons avec un gosse qui est monté 3 fois. Nous sommes déjà légèrement inconscients d’envisager l’ascension dans ces conditions. Nous exigeons donc au moins une remise…

 

Là-dessus , l’enfant-soldat quelque peu emprunté sort de la pièce pour discuter avec le conn***. Celui-ci entre dans la pièce furieux en demandant pourquoi on ne veut pas du guide. Après quelques brèves explications , il nous simplement « Ok , no Licancabur ! »

Suite à cela , Josh lui demande « Toi , tu es un guide accrédité , non ? Alors j’aimerais connaître ton nom. »

Sa réponse fut « Qu’est-ce que ça peut te foutre ? ». Nous apprendrons plus tard que son nom était en réalité Séraphin , mais nous continuerons clairement à l’appeler le conn***.

Sur cette réponse très polie et courtoise , le conn*** s’en va. Alex parle un peu avec Jorge , le chauffeur , qui a assisté à toute la scène mais qui ne pouvait pas prendre parti , tandis que Josh , Audrey et David partent au réfectoire. A ce moment , le conn*** revient vers Josh accompagné d’un gros abruti (il était réellement gros). Le gros abruti lui dit « Je veux que tu te calmes et qu’on discute ». Josh lui répond simplement « Je suis calme et je n’ai pas à discuter avec toi vu qu’on ne monte pas ». Et le ton commence à grimper devant les quelques autres touristes. Le gros abruti finit par lui dire « Je suis le chef de ce parc. Alors maintenant tu t’assieds et tu la fermes ! ». A ces mots , le sang de Josh ne fait qu’un tour. Mais heureusement , il parvient à se maîtriser et ne provoque aucun incident. Heureusement car nous apprendrons un peu plus tard que ces gars-là font leur loi ici et qu’ils sont très copains avec les gardes-frontière. Cela aurait donc pu facilement se terminer en arrivée à la case prison sans toucher les 1000 euros.

Suite à cet incident qui nous aura unanimement dégoûtés de cette ascension , nous décidons de concert avec notre chauffeur de partir tôt le lendemain afin de rattraper notre retard pris sur le parcours de manière à avoir le temps de grimper un autre volcan , le Tunupa , dominant le Salar d’Uyuni à 5’400 m d’altitude. Ce n’est pas un 6’000 , mais c’est déjà ça.

Ce qui aura été notre plus grand objectif de l’Amérique du Sud , que nous attendions depuis 3 ans , aura finalement été notre plus grande déception…

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Jour 3

Debout à 6h. Nous avons aujourd’hui entre 9 et 10h de route. Après un bon petit déjeuner (on nous a carrément servi des pancakes !) , nous partons. Une chose nous console du flop de la veille. Il fait -17°C là où nous nous trouvons , ce qui veut dire qu’il doit faire -30°C au sommet ! Jorge nous dit d’ailleurs qu’il ne pense pas que les expéditions arrivent au sommet ce jour-là à cause de froid. Pour nous , c’était un signe. Deuxième fois que nous venons là , deuxième fois que nous ne pouvons pas le monter. Si nous avions insisté , il nous serait certainement arrivé quelque chose là-haut…

Par ailleurs , une semaine plus tard à La Paz , nous apprendrons en recroisant certaines personnes étant montées ce jour-là que personne n’a pu monter au sommet.

Premier arrêt de la journée , les geysers appelés également « sol de mañana » (soleil de demain). Malgré le froid régnant , le spectacle est prenant. La vapeur crachée par ces geysers est impressionnante. Attention à ne pas tomber dans la bouillasse bouillante ! Nous avons d’ailleurs de la chance car les geysers sont plus impressionnants le matin.

 

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FROIIIIIIIIIIIIIIIID!!!

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Nous nous dirigeons ensuite vers la Laguna Colorada. Même si elle est moins rouge que dans nos souvenirs à cause de la glace , elle n’en reste pas moins splendide. Cette lagune de couleur brunâtre à rouge sang ponctuée de flamands roses nous ravit.

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Nous avons ensuite le choix entre deux itinéraires : les rochers ou les lagunes. Nous choisissons celui des rochers qui est semble-t-il plus beau en cette saison. Et nous ne le regrettons pas. Nous nous arrêtons au pied de rochers immenses formés par l’érosion (pluie et vent) et adoptant de formes bien particulières. Le trophée de la coupe du monde de football , un chameau , et encore bien d’autres.

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Nous nous arrêtons un peu plus loin au milieu d’une autre formation rocheuse : Italia perdida. Jorge nous explique l’histoire de ce lieu. En 1992 , alors que le tourisme n’était pas encore développé dans cette région , un couple d’italiens arriva à cet endroit à vélo. A cours d’eau et de nourriture , ils étaient épuisés. Voyant sa femme tellement épuisée qu’elle ne pouvait même plus marcher , l’homme décide de partir seul jusqu’au village le plus proche pour chercher à boire et à manger. En revenant juste avant la nuit , il remarque que sa femme n’est plus où il l’avait laissée. Il tente de la trouver , mais en vain. Chacun passera la nuit glaciale de son côté de la formation rocheuse. Le lendemain , l’homme repart au village pour chercher de l’aide. Tous les habitants reviennent sur site pour chercher la femme. Ils finissent par la trouver , gisant à moitié morte à cause de la déshydratation et du froid nocturne. Ils la rapatrient au village pour tenter de la soigner , mais faute de moyens , ils se voient obligés de l’amener à La Paz. Là , elle reçoit les soins d’urgence , puis est finalement rapatriée en Italie. Très chanceuse , elle s’en est sortie indemne.

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Notre aventure n’est pas aussi dangereuse , heureusement ! Nous avons par ailleurs la chance d’y observer des viscaches , mélange entre un lapin et un chinchilla.

Trop mignon!!!

Trop mignon!!!

Nous partons ensuite en direction de la Laguna Negra. Nous laissons la voiture au parking puis marchons 10 petites minutes avant d’arriver devant cette lagune portant bien son nom. Cette lagune d’un noir intense se trouve au sein d’une vallée rocheuse dont le relief est impressionnant. Il y a ici quelque chose de dantesque. Alex , en bon cinéphile , ne peut s’empêcher de penser aux mondes dans lesquels évoluent les personnages de « Pitch Black » ou des « Chroniques de Riddick ».

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Prochain arrêt , le Canyon Anaconda. Ce nom est dû à la forme de la rivière serpentant au fond du canyon. Encore une merveille de la nature…La vue de notre emplacement est vertigineuse ! Attention à ne pas glisser , car la chute serait bien longue !

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Après tous ces arrêts , la fin de la journée arrive en même temps que nous au Salar d’Uyuni. Nous sommes sur site juste à temps pour voir le coucher de soleil. Magnifique ! Presque autant que la belle grosse galette qu’Alex pose sur ce revêtement d’un blanc pur en sortant de la jeep. Insolation ou altitude ? On ne sait pas trop… Oui , car nous avons tout de même fait un dénivelé négatif de pratiquement 2’500 m en une journée. Certaines personnes comme Charline le supportent naturellement très bien (question de constitution) , d’autres comme Alex peuvent parfois avoir un peu de peine à le digérer…Cela dit , une petite galette et c’est reparti de plus belle !

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Nous passerons la nuit dans un hôtel entièrement constitué de sel dans le proche village de Coquesa , aux portes du Salar d’Uyuni , en compagnie de multiples autres groupes. Puis nous allons nous coucher relativement tôt , car il est prévu de grimper le lendemain le volcan Tunupa dominant le Salar.

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Jour 4 – L’ascension du Tunupa (5’400 m)

Nous partons à 6h. Il prévu de prendre le petit-déjeuner au pied du volcan , à l’hôtel où nous passerons la nuit suivante , puis de commencer notre ascension. A 7h30 , nous déjeunons en compagnie du 2ème sous-groupe initial qui grimpera en même temps que nous. A 8h , nous partons payer notre ascension et chercher notre guide. On nous informe du prix : 500 bob par groupe , soit 50 de plus que pour le Licancabur alors qu’il culmine à 600 m plus bas. Nous tirons un petit coup de gueule mais finissons par payer. Nous ne sommes pas venus là pour rien ! En revanche , ce qui est un peu dégueulasse est l’obligation de payer 30 bob supplémentaires par tête pour une offre combinant l’entrée au parc et la visite d’un tombeau abritant des momies , chose dont absolument tout le monde présent à ce moment précis se fout littéralement…bref , puisque c’est obligatoire , c’est obligatoire…

8h30 , nous débutons notre ascension. A noter qu’en voyant arriver notre guide , nous nous sommes tous dit « Il ne va jamais tenir ». Le petit homme semblait avoir près de 80 ans et paraissait tout frêle. Nous apprendrons par la suite qu’il en a 60 (ah ouais quand même…les ravages de la coca…) et constaterons qu’il est en bonne forme , le papy !

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Les 4 heures d’ascension offrent un défilé de paysages plus époustouflants les uns que les autres. Des pâturages , nous passerons à la végétation verdoyante et rase de montagne , puis au graviers sablonneux grisâtres pour finir avec la roche volcanique rouge et friable sur la partie supérieure , soit la plus raide. Ce dernier revêtement ne nous facilite pas la tâche. La combinaison de celui-ci et de la pente importante rend notre montée difficile. Pour deux pas en avant , nous glissons d’un pas en arrière.

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En arrivant sur la crête du cratère à 5’000 m , la vue coupe déjà le souffle. Elle s’étend sur pratiquement 270° et dévoile le Salar d’Uyuni et ses quelques îles et montagnes s’étendant à perte de vue. Mais nous ne sommes pas encore au sommet. Après une petite pause nous permettant d’avaler quelque chose , nous repartons. Là , nous attaquons sans aucun doute la partie la plus difficile de l’ascension. Ca grimpe tellement raide que nous risquons vraiment de nous faire mal en cas de glissade. De plus , l’altitude nous coupe le souffle et les jambes par la même occasion. Nous soufflons comme des buffles , Charline manque d’y laisser un poumon , mais la bonne nouvelle est que nous n’avons pas mal à la tête. Ce n’est malheureusement pas le cas d’Audrey qui est tiraillée par sa boîte crânienne. Malgré cela , elle continue à monter.

Un peu moins d’une heure plus tard , Audrey , David et Alex atteignent le sommet. Josh , qui avait pris un peu d’avance , les attend avec le sourire. Quelques minutes plus tard , Charline arrive , exténuée. Après cet effort immense , elle s’effondre. Elle restera convaincue que c’est sans nul doute l’effort le plus intense qu’elle ait fait de toute sa vie.

La montée n’était pas facile , mais quelle splendeur ! Nous restons environ 1 heure à admirer cette vue indescriptible. Voyez plutôt !

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Un guide nous apprend cependant que nous nous trouvons en fait à 5’250 m d’altitude. La cime à 5’400 m se trouve de l’autre côté du cratère. Elle n’est malheureusement pas accessible à cause de sa morphologie en dents de scie , à moins de faire de l’alpinisme. Mais nous nous en fichons. Nous sommes fiers de nous et plus qu’heureux de pouvoir admirer ce qui est devant nos yeux.

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Un peu plus tard , l’autre groupe arrive. Malheureusement , un de leurs membres n’a pas pu arriver jusqu’en haut à cause du mal d’altitude.

Vient le temps de descendre. Nous redoutions ce moment qui s’est finalement avéré très ludique. Comme nous le disons , la partie supérieure du volcan est un pierrier. Nos pieds s’enfoncent dans les tas de cailloux et de graviers , ce qui nous permet de descendre en courant. On a l’impression de faire du ski ! Malheureusement , nous ne pouvons pas tous profiter de ce moment de folie. Audrey , de plus en plus tiraillée par son mal de tête , est forcée de descendre à petits pas.

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Une fois arrivés au pied de la partie supérieure , nous continuons en marchant à travers les pâturages. Nous sentons la fatigue dans les jambes. La descente est longue , très longue. Puis nous sommes forcés d’aller voir ces momies. Bah oui , nous avons été obligés de payer , autant aller les voir ! Ben les mecs , c’est bien pourri ! Certes , il y a un tombeau ; certes il y a 4 ou 5 momies (qui semblent presque faites en plastique). Mais payer 30 bob pour cette daube….c’est de l’abus.

WE DID IT!!!

WE DID IT!!!

Après cette courte visite (encore heureux !) , les jeeps nous ramènent à l’hôtel où nous profiterons de la douche , du repas et du lit. Puis nous allons nous coucher tôt , car nous prévoyons un réveil à 5h30 le lendemain pour voir le lever de soleil sur le Salar.

Jour 5

Nous partons de bonne heure. Il est prévu d’aller jusqu’à Incahuasi , une île au beau milieu du Salar couverte de cactus , pour y admirer le lever de soleil. Après une heure de trajet , nous y voilà. Le moment nous saisit. La luminosité des rayons du soleil sur les cactus donnent un effet surréaliste. Encore une fois , nous sommes transits de froid , mais nous restons admirer cela.

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Une fois le soleil levé , place au petit déjeuner sur place. Celui-ci passe plus que bien. La suite de la matinée se décline en quelques visites que nous n’estimons pas vraiment dignes d’intérêt : le premier hôtel de sel du Salar , le monument du Paris-Dakar , les anciens terrains d’extraction du sel et le cimetière de train.

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Nous nous sommes cependant arrêtés dans le Salar pour faire les fameux photos-montages auxquels l’on pense quand on parle du désert de sel.

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En milieu de journée , nous prenons un dernier repas avec notre groupe. Le guide en profite pour nous faire remplir un questionnaire sur la qualité de ses prestations. Voici un résumé de ce que nous avons écrit :

« L’expérience du Licancabur fut une déception. Fort heureusement , nous avons eu un chauffeur/guide exceptionnel qui a pris notre parti et nous a trouvé une solution de rechange. De plus , la qualité générale de ses services est irréprochable et il est très agréable. »

Si vous faites un tour avec La Torre et que vous tombez sur Jorge , vous êtes chanceux ! Et saluez-le bien pour nous.

Hasta luego Jorge!!!

Hasta luego Jorge!!!

En début d’après-midi , nous prenons directement un bus pour Oruro afin de nous rendre à notre prochaine destination.

La photo de Teddy

Hé oui même Teddy est monté au sommet du Tunupa!!

Hé oui ! Même Teddy est monté au sommet du Tunupa!!

Le Salar d’Uyuni et le Sud-Lipez sont sans conteste les plus beaux joyaux de Bolivie à nos yeux , et certainement parmi les plus beaux joyaux du monde ! A tous ceux qui rêvent de paysages à couper le souffle , venez visiter cette région du monde !

Dans le prochain article , vous découvrirez avec nous le plus grand parc national de Bolivie : le parc de Sajama…

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Une réflexion au sujet de “— Salar d’Uyuni et Sud-Lipez : 5 jours sur une autre planète —

  1. Josh

    Woaw, quel article complet ! Les lamas, le guide corrompu, la galette d’Alex… haha j’ai kiffé, bravo et merci pour ce partage d’images splendides les gens ! The show must go ON ! 😉

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