Charlex's World

Tomohon: cratère, pluie & chien grillé

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La voici, la voilà. Après un mois sur l’île de Java, nous avons du la quitter pour aller découvrir autre chose, ou plutôt un autre endroit: La Sulawesi.

Le gros changement de plan

À la base, notre itinéraire était sensé nous mener de Java à l’île de Flores. Tout ça en deux mois. Mais nous aurions du courir et en passant déjà un mois sur Java, cela s’avérait compromis. Pour être tout à fait honnêtes avec vous, notre mode de voyage a changé depuis quelques mois. Nous n’avons plus envie de nous presser dans le but de tout voir, tout faire. Nous avons juste envie de profiter le plus longtemps possible des endroits où nous nous sentons bien. Bien sûr, nous verrons peut-être moins de choses mais c’est un détail…Voilà donc comment une semaine initialement prévue sur Java s’est transformée en un mois sur place. Un vrai régal ! Cette île nous a fait rêver et nous nous sommes sentis tellement privilégiés de nous trouver dans ce lieu si authentique que nous avons décidé de zapper les plans initiaux et de continuer à nous perdre pour un mois entier en Sulawesi ! (Pourquoi on dit « en » Sulawesi? On se le demande aussi.) 

Un train en 1ère classe (on a craqué !), une nuit dans un super hôtel (bah quoi? On voulait une douche chaude!), un repas deg dans un boui boui de rue (faut bien compenser pour le budget!), un Uber malhonnête (espèce de c**), un avion de 2h30 Surabaya – Manado et nous y voilà !

 

Des Jésus en carton ?

Le premier truc qui nous a choqués en arrivant à Manado, hormis l’humidité en descendant de l’avion, c’est le nombre de croix illuminées le long de la route ! Première pensée donc: sommes-nous retournés aux Philippines ?
Nous avons l’impression d’avoir changé de pays. Pour ceux qui ne savent pas, Java est une île très musulmane et nous avions donc plus l’habitude de voir des minarets que des clochers.
Peut-être que c’est seulement Manado. We’ll see.
Après une nuit dans cette charmante ville, cap au Nord ! Direction Tomohon…En bus public sinon c’est pas rigolo.
1h plus tard, nous débarquons dans une ville qui n’a rien d’incroyable au premier regard (au bout du 456ème non plus à vrai dire).

Nous arpentons les ruelles en direction de notre hôtel et pouvons constater, sans trop de surprise, que Jésus est encore plus parmi nous ici! En plus des centaines de croix au mètre carré, on trouve également des Jésus en carton taille réelle svp ! Et pas qu’un ! Ah bah non, c’est plus joli quand tu en as tous les 10 mètres…Là c’est sûr! Non seulement Jésus est parmi nous, et il a ramené tous ses frères jumeaux!

Les missionnaires ont bien fait leur travail dans cette partie du monde. Jusque-là, c’est tout mignon, tout gentil. Mais quand le haut-parleur de l’église t’envoie des chants religieux à fond la caisse à 4h30 du matin pour prôner à quel point Dieu est grand, c’est tout de suite moins mignon. Nous qui pensions enfin dormir tranquille en évitant les chants matinaux (plutôt nocturne à cette heure-ci)  du muezzin en haut du minaret, voilà que les cathos s’y mettent maintenant ! Après une nuit plus que courte, notre envie première était d’éviter les églises (c’était ça ou mettre le feu!). C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à visiter…

Le temple chinois

Original…un temple chinois dans une communauté chrétienne au fin fond d’une île perdue d’Indonésie. Il y a un élément du tableau qui cloche, mais on arrive pas à mettre la main dessus.

Nous nous y rendons à pied et sur le chemin nous remarquons que cette ville mérite bien son surnom de ville des fleurs. Les fleuristes se trouvent en très grand nombre le long de la route principale. Après à peine 15 minutes de marche, nous y voilà. Mouais. C’est terriblement… Kitsch ! Mais c’est tout de même agréable de s’y balader et surtout de monter dans la pagode pour y admirer la vue sur la ville.

En gros, si vous avez du temps à tuer allez-y.

 


Sinon, et seulement si vous avez le cœur et l’estomac bien accroché, poursuivez avec…

Le marché macabre

Aussi appelé Pasar Beriman, ce marché est un endroit à ne pas manquer si vous voulez bousculer vos préjugés.

En arrivant sur place, la première chose qui nous frappe c’est…l’odeur ! Une odeur de sang mélangée à de la pourriture flotte dans l’air. Nous comprenons vite d’où cela provient. Sur des dizaines d’étals se trouvent des animaux morts, certains entiers et d’autres en pièces. Le sang est omniprésent et l’horreur nous saute aux yeux. Il ne s’agit pas de viande  »banale ». Ce sont des chauve-souris aux ailes retirées, des serpents éventrés et surtout des chiens grillés.

Un serpent peut-être?

ou un chien grillé?

une chauve souris sinon?

Cela fait maintenant 8 mois que nous sommes en Asie et nous n’avions jamais vu ça.

Ce qui nous retourne le plus le cœur et ira même jusqu’à mettre Charline au bord des larmes, ce sont les chiens vivants entassés dans des cages minuscules, prêts à se faire griller pour servir de dîner…

 Étrange. Surréaliste. Abominable. Voilà ce qu’il nous vient en tête à première vue. Mais en y réfléchissant bien, en quoi est-ce choquant ? En quoi est-ce plus choquant que de manger de la vache ou du cheval ? Qui sommes-nous pour juger de cela ? Qui sommes-nous pour dire que c’est abominable, nous qui tuons des centaines de bêtes dans des abattoirs et tuons des poulets en batterie qui n’ont même jamais vu la lumière du jour ? En quoi est-ce plus éthique ?
Finalement, ce n’est simplement qu’une question de point de vue mais surtout qu’une question de culture. Nous les français (Alex: Hum…parle pour toi, ma chérie), on mange bien des cuisses de grenouilles et des escargots… Bon sachez tout de même que bien que nous aimons goûter à toutes sortes de plats, cette fois-ci nous avons passé notre tour !
Vous saurez d’ailleurs que la viande de chien était consommée en France et se trouvait en vente libre jusqu’à la seconde guerre mondiale ! Ce n’est pas si vieux que ça…Et il se dit que ce plat se servirait toujours dans certaines régions reculées de Suisse et d’Allemagne (Alex: si c’est le cas, même les Suisses ne sont pas au courant!). À vérifier. Ou pas. Vous allez briller en société grâce à nous. 
Quand on vous dit que voyager ça ouvre l’esprit !

Bon, hormis cela, ce marché a également tout d’un marché banal. Tomates, haricots, fruits, oignons, poissons sont également à vendre si vous avez quand même un petit creux !

 Bon et maintenant on fait quoi ? On va manger pardi! Ça ouvre l’appétit tout ça !
Ce que nous avons omis de vous raconter, c’est la triste météo qui nous suit depuis notre arrivée sur Tomohon. Une éclaircie d’une heure et bam 4 heures de pluie derrière ! 
Nos plans de louer un scooter pour aller visiter la région sont donc…tombés à l’eau ! (Alex: bonne vanne, jeune padawan. C’est un bon début!)
Cependant, un volcan nous faisait de l’oeil depuis tout là haut! Un de plus ! Que voulez-vous, nous sommes devenus accros aux volcans !

Le monstre Lokon

Ce volcan, bien que majestueux, n’a rien d’inoffensif et est même extrêmement actif. C’est d’ailleurs pour cela que son accès est très souvent déconseillé. Nous avons demandé au personnel de notre hôtel s’il est accessible en ce moment et ils nous ont répondu que « Non, trop dangereux » en bahasa. Maintenant on est trop bilingues, on comprend tout. Remarque, quand quelqu’un fait « non » de la tête et des mains en même temps, il pourrait le dire en n’importe quelle langue, ce serait compréhensible. Mauvaise réponse. Enfin, pas celle que nous attendions. Nous demanderons donc à 2 autres habitants qui nous certifierons qu’il est totalement safe pour l’instant. 2 oui sur 3! Il n’en fallait pas plus pour nous motiver !

 C’est donc par une belle matinée caniculaire que nous avons décidé de nous y rendre. Pas un nuage à l’horizon, ça s’annonce parfait ! Notre chemin commence sur une route avant de se poursuivre entre jungle et anciennes coulées de lave. Oui, ben les coulées de lave, ça glisse !

Au bout d’une heure de grimpette en plein soleil par 35 degrés, le paysage change et devient complètement lunaire. Les pierres basaltiques qui se comptent par dizaines ont le pouvoir de rendre Alex tout foufou ! Dernière montée légère et nous y voilà !

Nous voilà devant le cœur du monstre. Entièrement seuls bien sûr. Impressionnant. Voilà le mot qui nous vient à l’esprit en premier. Ce paysage est complètement surréaliste. Et quand même un peu flippant ! Surtout pour Charline qui a remarqué qu’elle n’était pas très à l’aise sur un volcan considéré comme extrêmement actif et pouvant exploser à tout moment (sans blague !). Premièrement, elle engueule Alex toutes les deux secondes car il s’approche « trop » du bord du cratère comme une mère qui gronde son gosse qui monte trop haut sur un arbre (Alex lui fera vite remarquer que même s’il l’aime énormément, elle n’a pas à remplir le rôle de sa mère). Mais en plus, elle sort un « Bon, c’est bon? On s’en va? » toutes les deux minutes car « Non mais heuuuu…T’entends ça? Y s’passe un truc, là! ». Vous pouvez bien imaginer que les réponses d’Alex du style « Nan mais te fais pas d’bile. De toute façon, s’il explose là, t’auras beau courir en bas, ça t’empêchera pas de crever. » ne l’ont pas vraiment rassurée.

Bienvenue au Mordor.

La fumée que rejette le cratère est extrêmement puissante par moments et très faible à d’autres instants. Cependant, le bouillonnement sous nos pieds se fait toujours entendre. Se retrouver face à un tel spectacle rend humble face à la puissance de Mère Nature. Sa force est incommensurable. Nous sommes si petits à côté d’elle et finalement, c’est toujours elle qui décide de tout…

Nous resterons un moment à admirer ce spectacle avant de redescendre par là où nous sommes arrivés en évitant de justesse un gros orage et de fortes averses (sans blague).

Et alors, Tomohon?

N’ayant passé que 3 jours ici et ayant eu la plupart du temps de la pluie nous empêchant donc de faire plus d’activités, nous ne pouvons pas vraiment juger. Mais sincèrement, nous n’avons pas été conquis par cet endroit. La ville n’a en soi rien d’extraordinaire et le contact avec la population nous a paru beaucoup plus froid. Il faut dire qu’en venant de Java, le niveau est très élevé ! Attention, nous ne disons pas que les gens ont été désagréables (Alex: heuuuuuu…pour certains, si, un peu quand même…). Ils sont juste bien moins curieux, moins avenants, plus timides (Alex: t’as juste l’impression que certains vont te cracher au visage quand tu leur dit bonjour, mais ça doit être dû à leur timidité). Nous aurions peut-être plus apprécié notre séjour ici si la météo avait été de notre côté..

La photo de Teddy

Teddy sur l’ancienne coulée de lave du Lokon


Si vous voulez grimper du volcan actif et admirer un énorme cratère, si vous voulez voir le temple le plus kitsch de l’histoire ou encore si vous rêvez de voir du chien grillé dans un marché, et surtout si vous voulez être le seul touriste de la ville…venez à Tomohon !
 

A suivre: Cap sur une superbe réserve naturelle où nous espérons voir plein d’animaux rares: Tangkoko !

 

info28 INFOS UTILES

Transport:
  • Depuis Manado les bus en direction de Tomohon partent depuis la gare routière de Karombasan. Prendre un Mikrolet pour s’y rendre (4000 rps/pers). Le bus Manado -Tomohon coute 8’000 IDR et le trajet dure environ 1h30. Nous avons payé tarif double pour pouvoir embarquer nos gros sacs sur le siège d’à côté.
Logement:
  • Happy flower: 200’000 IDR pour une chambre double avec SDB privée (eau froide et toilettes turques). C’est propre, c’est mignon, mais sans plus.
Loisirs:
  • Le volcan Lokon: Aucun droit d’entrée n’est demandé et sincèrement un guide n’est pas nécessaire. En revanche, renseignez-vous bien sur l’activité du volcan car ce dernier peut être très actif par moment. Le chemin est très facile à trouver grâce à Maps.Me. Depuis le Happy flower, comptez 1h30 de montée (très facile). Allez-y de préférence tôt le matin, car les nuages recouvrent le volcan à partir de 9h-9h30.
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