Charlex's World

— Rantepao, au coeur du pays Toraja —

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Avant toute chose, rappelons juste que nous étions avant au paradis. Un paradis qu’il a été dur de quitter.
Mais après une semaine, nous nous devions de reprendre la route pour aller découvrir une curiosité de Sulawesi, voire même de l’Indonésie: le Pays Toraja.

Un voyage sans fin

Comme nous l’avons déjà évoqué, les transports en général en Indonésie sont tout ce qu’il y a de plus catastrophiques. Hé bien en Sulawesi, c’est pire. Ainsi, nous avons mis plus de 32 heures entre bateau, bus et voiture. Retour sur un voyage interminable.

Le bateau qui ne finit jamais

La première étape de ce voyage fut le bateau. Nous partons frais comme des gardons (ou pas) à 5 h du matin pour attraper le bateau public à Malenge. Nous sommes accompagnés de Cathy et Alain, les Toulousains, et de Victoria et Julia, les Allemandes. Partir de nuit du Sera beach nous a aidés à ne pas lâcher la larme. Après un peu moins d’une heure de traversée, nous chopons au vol le bateau public. Pour tout dire, ce bateau était sur le point de partir! On l’a échappée belle ! S’en suit une traversée des plus agréables jusqu’à Wakai. Les paysages sont appréciables et on tentera même la petite sieste couchés sur un banc. Bon, sans succès. Nous débarquons à Wakai à 9 heures du matin. Le bateau dans lequel nous nous trouvons est sensé poursuivre sa route jusqu’à Ampana. Et…On attend. On attend toujours. On attend encore. 

Le bateau ne partira finalement qu’à 13 heures. Précisons juste qu’il n’y a aucune gargotte faisant à manger à l’horizon. Attendre avec la faim au ventre c’est long ! 4 heures de traversée plus tard, nous arrivons à Ampana exténués et affamés. Depuis 5 heures du matin, il était temps!

Une pause à Ampana et à Tentena

Notre plan initial était de nous rendre directement à Tentena. Mais ce trajet en bateau nous ayant achevés, nous avons décidé de passer la nuit à Ampana et de partir le lendemain  »bien reposés  ». Pour le  »bien reposés  » on repassera ! Une fois à Ampana, trouver un hôtel n’a pas été chose facile. Visite de 2 hôtels, les deux sont pleins. Nous nous rabattons donc sur un hôtel en plein centre à côté….de la mosquée et d’une basse cour ! Sans compter le karakoé qui se trouve dans l’hôtel. Autant dire que notre nuit fut plus que courte. D’ailleurs, les Indonésiens se trouvant dans l’hôtel n’ont pas la même notion du respect du silence en pleine nuit que nous.
Alex sortira même en caleçon en pleine nuit pour engueuler deux clients de l’hôtel qui arrivent en hurlant au milieu de la nuit comme s’ils étaient vendeurs à la criée au marché. Il restera également réveillé un long moment avec l’idée de tuer des coqs…sans succès vous pensez bien !
Étant complètement exténués des transports publics dans ce pays, nous décidons de partager une voiture avec chauffeur avec les deux Allemandes pour nous rendre à Tentena. En plus d’être bien plus rapide, ce n’est pas bien plus cher que le bus public. C’est donc parti (encore) pour 5 heures de transport. La route est défoncée (sans blague) mais les paysages sont sublimes.
A Tentena, nous ne restons qu’une nuit et bien que les gens de notre hôtel soient absolument adorables, nous ne voyons pas vraiment d’intérêt à rester plus. Les choses à voir et à faire sont très limitées. En revanche, la cascade de Salopua vaut le détour. 
Bien que nous soyons un peu blasés des cascades, ces dernières nous en ont quand même bouché un coin.
 

Le bus de l’enfer

Après la visite des alentours de Tentena, il est temps pour nous de replier bagage pour aller prendre le bus de nuit. Bus de nuit qui part à 16 heures. Mmmmh, le trajet s’annonce long (encore) !
Parlons un peu de ce bus. Le couloir central a du être conçu pour des gens…au c** plat. Charline (qui n’a rien à envier à J-lo de ce côté-là!) a du mal à se faufiler, chose encore plus ardue lorsqu’il s’agit d’enjamber des cartons. En revanche, à notre grande surprise les sièges sont confortables. Si on omet que le siège de Charline ne se baisse pas. Parlons des passagers maintenant. Presque plus de bébés que d’adultes. Et ça fait quoi un bébé ? Bah ça se fait caca dessus, ça pleure et ça vomit. Bref, ça a duré 15 heures. 15 heures pendant lesquelles il est impossible d’ouvrir les fenêtres et pendant lesquelles l’odeur attaque sans pause tes narines.

C’est donc à 7 heures du matin que nous arrivons à Rantepao, le coeur du pays Toraja.

 

[Petite note: Ça y est, c’est enfin arrivé. Après presque 14 mois de voyage, les trajets en transports publics, on en a plein le c***!]

Le pays Toraja c’est quoi ?

Il s’agit d’une région qui se trouve au centre de Sulawesi. Elle attire énormément les voyageurs grâce à ses paysages, mais surtout grâce à ses croyances et ses traditions quelque peu particulières.

Le Pays Toraja pourrait être appelé  »la terre des morts ».

 

Suivez le guide…en carton !

Pour comprendre au mieux cette culture, il était indispensable pour nous de passer au moins une journée avec un guide. Nous avons donc  »loué » les services de l’un d’eux, accompagnés toujours des deux Allemandes, le temps d’une journée.
Ce dernier n’aura finalement pas été des plus efficaces…

Tau tau à Lemo

Le premier arrêt de cette journée se fait à Lemo. Première surprise, le guide nous dit qu’il faut payer 20’000 IDR/personne pour accéder au site. Mmmm ok, bien que cela ne nous ait jamais été mentionné au préalable. La mort est un vrai business ici.
Nous nous retrouvons devant une chose peu banale. Des caveaux creusés à même la roche. Nous rencontrons d’ailleurs des travailleurs en train de creuser une nouvelle tombe à la main, et ce travail paraît titanesque ! Notre guide (encore motivé à ce moment-là) nous explique que pour les Torajas, l’achat d’un caveau familial est la priorité de leur vie. Le prix est d’ailleurs très élevé. Pour une tombe de 4m x 3m, il en coûtera à la famille 100’000’000 IDR, soit environ 6’600 euros ! Ce qui est absolument énorme pour l’Indonésie.

A côté de ces tombeaux se trouvent des balcons où sont posés les Tau Tau (prononcés « tao »). Il s’agit de statues sensées représenter la personne décédée et servir de réceptacles à leur esprit. Les matériaux utilisés pour créer le tau tau dépendent du statut social de la personne décédée. Cela peut aller du bambou (pour la classe inférieure)  au bois de jaquier (pour la classe supérieure). Le sculpteur doit suivre des rituels particuliers dès la découpe de l’arbre et doit toujours effectuer son travail à côté du défunt. Pour différencier le sexe du tau tau, il suffit simplement de regarder qui porte le sarong en bandoulière. Dans ces cas-là, il s’agit d’un homme. Les Torajas croient que l’esprit des morts entre dans le tau tau et continue à vivre en maintenant le lien entre le monde des vivants et celui des morts. Sinon, ça vous fait pas un peu flipper ces figurines ?

 

Tenté par un souvenir?

Direction l’enterrement !

Hé oui, un enterrement. C’est une chose très courante, voire incontournable d’assister à un enterrement lors d’un voyage en pays Toraja. Nous avions hésité longuement mais avons décidé de nous y rendre pour nous faire notre propre avis. Comme il n’est pas poli d’arriver les mains vides, il est coutume d’offrir…une cartouche de cigarettes ! Bah ça alors. Avec le recul, nous avons remarqué que notre guide nous a fait payer un prix un peu trop élevé pour des cigarettes indonésiennes. Ayant arrêté de fumer depuis quasiment 4 mois, nous n’avions aucune idée des prix ici…

Bref. Une fois donc arrivés, nous sommes rapidement surpris par l’ampleur de l’événement. Plus de 400 personnes se trouvent sur place. Ce qui est marquant c’est qu’aucune affiche ou aucune photo ne représente la défunte. On a sincèrement l’impression d’être à une fête de village. Une fête un peu sanglante tout de même. L’odeur du sang est omniprésente. 2 buffles ont été sacrifiés et une vingtaine de cochons sont ligotes à des bambous en attendant leur triste sort en silence. Ou pas. D’ailleurs, nous avons entièrement compris l’expression  »crier comme une truie qu’on égorge ». C’est que ça fait un boucan cette bête ! Bon je ne suis pas sûre que nous serions plus calmes à leur place.

Concernant l’enterrement, il s’agissait d’une mamie de 92 ans décédée 15 jours plus tôt. Cela a été très rapide pour elle. En effet, ce n’est pas toujours le cas.
Chez les Torajas, quand une personne est décédée, la première chose que les proches font, c’est de mettre un drapeau blanc devant la maison. On dit alors que quelqu’un est  »malade ». En effet, dans leur culture, tant que le corps n’est pas enterré, la personne n’est pas officiellement morte. Cette dernière participe donc (pas activement hein!) à la vie quotidienne. Elle a droit à 4 repas/jour, est habillée et changée régulièrement et la famille entretient des discussions avec elle. Le corps est conservé grâce à du formol et ainsi la personne se transforme en statue momifiée, évitant la putréfaction.
Cela dure le temps de réunir les fonds nécessaires à l’enterrement. Cela peut durer des années! Le/la défunt(e) est généralement dans le lit familial et il tout à fait normal chez les Torajas de dormir à côté  »d’un malade ».
Pour revenir à l’enterrement, cela revient extrêmement cher à la famille. Elle doit tout prendre en charge, de la nourriture pour tous les invités au montage des infrastructures en passant par les sacrifices d’animaux…Et cela dure 3 jours. 
Les Torajas pensent que plus il y a de monde à l’enterrement, plus la personne est respectable et a bien agi dans sa vie, plus vite elle accédera au Puyo.
Selon ces croyances, il n’y a ni paradis ni enfer. Seulement le monde des vivants et le monde des morts (le Puyo). En revanche, pour se rendre de l’un à l’autre (ça marche que dans un sens, devinez lequel!) il faut emprunter une passerelle qui sera soit très facile d’accès, soit semée d’embûches comme par exemple une jungle envahie de serpents…Cela dépend simplement des actes du défunt durant sa vie. Plus la personne aura fait du bien autour d’elle, plus vite elle accédera au Puyo. Dans le cas contraire, le chemin pourra s’avérer très long et très pénible. On pourrait faire un parallèle avec le Karma chez les Indous.

Cependant, grâce aux sacrifices d’animaux, le défunt pourra accéder plus vite au Puyo. Le buffle par exemple sert de  »véhicule » dans l’au-delà. C’est pour cette raison que tant de buffles sont sacrifiés lors des enterrements. Les buffles sont tellement respectés et chouchoutés dans le pays Toraja qu’ils ne servent pas d’animal de trait. Hé oui, il ne faudrait pas les fatiguer ! Étonnant non ?

S’il s’agit d’un buffle albinos, là c’est le jackpot car il vole ! Direction donc le Puyo immédiatement en buffle à réaction! Cependant, un de ces buffles ne coûte pas loin de 20’000 euros ! En gros plus tu es riche, plus vite tu accéderas au Puyo. Même dans le royaume des morts, l’argent reste essentiel.
Une fois, que le sacrifice a été fait, la viande est découpée et les morceaux sont distribués en fonction de la classe sociale.
Si jusque là vous trouviez déjà ça étrange, attendez de lire la suite ! 
Après quelque années, gentiment à l’ombre, la famille des défunts exhume le corps afin de lui changer de vêtements et de lui apporter nourriture et cigarettes. C’est sûr que mémé rêvait depuis longtemps de porter sa robe du dimanche en mangeant un steak et en s’en grillant une petite ! C’est aussi l’occasion de présenter au défunt les nouveaux membres de la famille. Ah les différences de culture…Vous imaginez la scène? « Mémé, voici mon fils, Charlie. Il a deux ans. Charlie, je te présente ta grand-mère. Ça fait 8 ans qu’elle est morte et 4 ans qu’elle pourrit dans son cercueil. Fais-lui un bisou. » On vous rassure, on ne juge pas! C’est juste les pensées qui nous ont traversé l’esprit en apprenant cela. Heuuu mais les rires!

Ça fait beaucoup d’infos, n’est ce pas ? On pourrait se dire que notre guide a été des plus efficaces. Que nenni ! Le mec, le seul truc qu’il a trouvé à faire c’est se poser dans les cases en bambous destinés aux invités et…fumer clope sur clope en pianotant sur son téléphone. Pendant ce temps, nous attendions des explications mais comme on dit chez moi: fifrelon ! Alors merci internet ! Toutes les infos ci-dessus ont été pour la plupart trouvées par Charline en surfant sur la toile.

La grotte de Tampagallo

Notre prochain arrêt se fait dans une grotte pas comme les autres. Il s’agit d’une grotte cachée au milieu des rizières qui contient quoi à votre avis ? Bah des crânes, des os et des tau tau bien sûr ! 
C’est une des grottes les plus impressionnantes dans son genre au Tana Toraja. Notre guide nous explique (ah quand même!) qu’à une lointaine époque (dont il ignore la date bien sûr) les corps étaient entreposés directement à l’air libre dans la grotte. Les plus aisés possédaient un cercueil et leur propre tau tau.

Or, cette pratique a été arrêtée il y a longtemps à la suite d’une épidémie. Hé oui, les gaz rejetés par les corps en putréfaction, ce n’est pas forcément très sain pour la santé, tout comme les bactéries qui s’y forment! Du coup, maintenant les corps sont enterrés dans un autre endroit pas loin de là.

A la sortie de la grotte, notre guide nous en fait une belle.
 »Alors en fait, la grotte coûte 20’000/personne et la visite suivante ça coûte aussi le même prix. Mais je peux vous arranger le coup! Si vous me donnez les sous maintenant, moi je peux vous avoir les deux entrées (qu’il faudra payer un peu plus loin) à 30’000 au lieu de 40’000. » Euh…Et vous, vous faites quoi à ce moment-là.
Tels de vrais débutants, bien que nous ayons trouvé ça très étrange, nous avons foncé tête baissée dans l’arnaque. 

Nous n’aurons jamais su les prix officiels n’ayant pas vu de guichet d’entrée. Notre guide a certainement inventé ses propres tarifs, le salopiaud ! Bonjour la malhonnêteté !

C’est pas tout ça, mais ça nous a ouvert l’appétit ! La faim commençant à se faire ressentir, nous demandons à notre guide de nous arrêter dans un petit warung (restaurant local) pour y manger. On a bien précisé un petit warung bon marché, hein! Le mec ne trouve pas meilleur endroit qu’un resto pour touristes extrêmement cher. Les Allemandes ont par exemple payé pas loin de 40’000 IDR pour un nasi goreng qui n’en coûte d’habitude que 15’000. Par fierté, nous refusons de nous faire encore avoir comme des bleus en mangeant là. Bref, on crève la dalle mais on a la tête haute ! Au moins le cadre est très joli et Charline s’en donne à cœur joie au niveau des photos pendant que notre guide a tout bonnement disparu sans prévenir.

Les baby graves

Mr le guide finira finalement par revenir. Direction donc le prochain arrêt: les baby graves. Pour nos amis les bilingues, pas de problèmes pour comprendre de quoi il s’agit. Pour les autres, ce sont des tombes de bébés. Sympa, hein!
En arrivant sur le site, nous tombons face à un arbre complètement mort et attendons notre guide (encore). Le mec est posé sur l’escalier et n’a pas l’air décidé à descendre. Bah oui, c’est fatiguant d’arnaquer les clients quand même! Tout un métier! Finalement, au bout de quelques minutes, il daigne se pointer pour nous donner quelques brèves explications.

Pour les Torajas, les bébés sont tout ce qu’il y a de plus pur. A savoir que sont considérés comme bébés, les enfants qui n’ont pas encore de dents. Ces derniers, ne pouvant être enterrés directement avec d’autres corps de par leur pureté, ils étaient enterrés dans un arbre.  Plus la classe sociale familiale est élevée, plus le bébé est « enterré » haut dans le tronc (on devrait pas dire « ennarbré » dans ce cas?). Pourquoi dans un arbre? Et pourquoi pas?! C’est ainsi que reposent dans cet arbre devant nous plus de 20 bébés. Franchement, on se serait passés de cette visite…L’endroit ne valait même pas le coup de prendre une photo. Notre état d’esprit a peut-être joué un peu aussi à ce moment-là. En effet, nous n’avions qu’une envie: péter les dents de notre guide.

Mamy valait bien plus la peine d’être prise en photo!

Roule ma poule!

Après cette journée quelque peu décevante, nous avons décidé de visiter les alentours par nous-même en louant un scooter.  C’est donc parti pour 4 jours supplémentaires d’exploration!
Entre deux (ou 10) averses, notre route nous a mené à …

Batutumonga

Par une journée bien pluvieuse (mais heureuse!), nous avons taillé la route jusqu’à Batutumonga. Cette virée était sensée nous dévoiler des rizières spectaculaires. Une fois arrivés là-haut, après 1 heure sur une piste catastrophique, le panorama se dévoile. En effet, la vue est belle mais malheureusement nous n’aurons pas l’occasion d’en profiter très longtemps. Le brouillard s’étant joint à la partie, nous ne nous serons pas attardés très longtemps.

Le marché aux buffles

S’il y a bien un endroit à ne pas rater lors d’un passage à Rantepao, ce serait cet endroit. Si l’amour que les Torajas portent aux buffles nous avait déjà étonné, nous en mesurons ici toute l’ampleur.
Des centaines (voire plus. Impossible de compter!) de buffles se trouvent dans ce marché en attendant de trouver preneur. Ils y sont chouchoutés, lavés…et même promenés en laisse! Y a quand même plus discret comme animal de compagnie.
La bonne surprise c’est que nous avons découvert à quoi ressemblait le buffle albinos. Et quelle beauté!

Le buffle à réaction!

Le village de tisseurs

Par une belle matinée ensoleillée (oui, parfois ça arrive!), nous enfourchons notre scooter pour nous rendre dans un joli petit village de tisseurs. A la base, nous étions venus uniquement pour regarder. C’était avant de rencontrer deux sœurs absolument adorables faisant un travail remarquable. Durant ce voyage, nous nous sommes privés d’acheter des souvenirs à de nombreuses reprises pour nous éviter du poids supplémentaire. Mais cette fois-ci, pas question! Nous avons donc craqué sur un tissu à la qualité superbe. Un tissu de plus de 2 mètres aux motifs évoquant le pays Toraja et aux couleurs d’origine naturelle faites notamment à base de safran et de piment. Cela aura pris à la tisseuse plus de deux semaines pour le confectionner. Nous repartons ravis de notre achat qui trouvera sans aucun doute sa place dans notre salon. Quand on aura un salon.

 

Le nôtre, c’est celui qui est tout en bas à gauche. Il est beau, hein!

Le village de Palawa

Notre prochain arrêt se fait dans un village traditionnel Toraja. Les maisons sont appelés ici Tongkonan. Mais pourquoi cette forme de maisons?

L’histoire raconte qu’à l’origine les Torajas seraient un peuple de la mer. Ainsi, le toit de leur maison représente une coque de bateau. Elles sont entièrement en bois et le toit est normalement en bambou recouvert de feuille de palme. Malheureusement, la plupart des tongkonan ont désormais un toit en tôle car bien plus résistant. Certaines de ces maisons ont jusqu’à 200 ans. En face, on trouve les mêmes maisons mais en format réduit. Il s’agit de greniers pour le riz. La façade est généralement décorée avec des cornes de buffles. Ce sont les cornes des buffles sacrifiés lors des enterrements de la famille. En clair, plus il y a de cornes devant la maison, plus la famille est riche, ou plus elle a de morts (ou les deux).

Nous avons trouvé le village de Palawa magnifique. Cependant, ce dernier est quelque peu touristique. Ce qui, avec ses magasins de souvenirs, lui donne un peu une allure de Disneyland de Toraja! 

Le Christ de Burake

Lors d’une soirée avec un guide (un autre) originaire d’ici, nous avons appris énormément de choses. Notamment qu’un énorme Christ se trouvait à quelques kilomètres de là. Il serait soit disant plus grand que celui de Rio de Janeiro (ben voyons…). Alors, allons voir ça de plus près!

Ce qui nous surprend le plus, ce n’est pas la taille du Christ (bien que très imposant) mais le nombre d’adolescents se trouvant sur les lieux. Nous apprenons que c’est un jour férié et que nous sommes tombés en même temps qu’une sortie d’école pour célébrer l’ascension. Nous ne comptons plus le nombre de selfies qu’on nous a demandé. Des vrais stars. 
Cette visite n’a en soi rien d’extraordinaire mais la vue qu’elle offre sur les rizières en contrebas et les montagnes environnantes est superbe.

Tcheu c’te classe de conquérant!

Toraja un avis sur cet endroit?

Pour ceux qui n’auraient pas compris le jeu de mots, on donne des cours du soir en ligne sur les calembours.

Le pays Toraja nous aura propulsé dans un autre monde. Un monde où la mort est omniprésente. Quelque peu déstabilisant au premier abord mais absolument fascinant quand on s’y intéresse quelque peu.

Bien que ce ne soit pas un coup de cœur, nous ne pouvons que vous conseiller de faire un tour dans cette jolie région de Sulawesi!

 

A suivre: C’est fini l’Indonésie, c’est fini l’Asie! Cap sur un autre continent avec comme premier pays: l’Australie! Mais avant, bilan et budget de l’Indonésie…

 

info28 INFOS UTILES

Transport:
  • Voiture privée Ampana- Tentena: 600’000 IDR pour la voiture entière. Envron 5 heures de trajet.
  • Bus Tentena- Rantepao; 200’000 IDR chacun avec le taxi jusqu’à la station de bus. Environ 13 heures de bus.
Logement:
  • Ampana: Oasis hotel. Chambre double avec SDB privée (bucket, eau froide) pour 160’000 IDR. Convenable mais le bruit est insupportable. Petit déj inclus mais immangeable.
  • Tentena: Victory hotel. 150’000 IDR pour une chambre double basique avec SDB. Wifi ok. Petit déj inclus (tout à fait mangeable cette fois).
  • Rantepao: Pia poppies: 200’000 IDR la chambre double avec SDB privative. Eau chaude un peu capricieuse mais chambre impeccable! Un excellent rapport qualité-prix. Restaurant par contre très cher pour ce que c’est.
Loisirs:
  • Location scooter à Tentena: 100’000 IDR pour la journée et 60’000 IDR pour la demi-journée. Essence incluse.
  • Location scooter à Rantepao: 80’000 IDR pour 24 heures.
  • Guide pour une journée: 500’000 IDR pour 4 personnes + 175’000 pour une cartouche cigarette en offrande à la famille du défunt (+ 50’000 IDR si vous vous faites arnaquer comme nous sur les entrées des sites). La location du scooter n’est pas incluse.
  • Entrée du village de Palawa: 20’000 IDR/ personne.
  • Entrée du site de Lemo: 20’000 IDR / personne.
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6 reflexions sur “— Rantepao, au coeur du pays Toraja —

  1. Mick

    Moi j’ai lu « Le Christ de Bukake »…. voila…
    Sinon, génial est le mot pour qualifier vos articles… comme toujours!

    1. Charlex

      Ben tu sais quoi? J’ai longuement hésité à faire un jeu de mots douteux. Mais J’me suis dit « Naaaaa….j’vais quand même pas faire ça… » mais t’inquiète, je suis sûr que t’es pas le seul! Merci l’ami! J’espère que tout va bien pour toi!

  2. Michele et Claude (Tumbak)

    Merci pour toutes ces infos et on a l’impression de vous entendre raconter. Nous attendons notre prolongation de visa pres de Palu en bord de mer et c’est la suite de notre voyage. Bisous et bon voyage en Australie

  3. Delmas catherine

    Coucou les Charlex ,
    Bravo pour la doc sur cet événement central qu’est la mort pour ces animistes du Toraja !!!!
    Et votre récit est plein de VIE
    Nous ne jugerons pas de la disponibilité de votre guide mais à sa décharge : chaque site est effectivement de 20000 IDR ticket à l’appui avec ou sans guide ….
    bizzz
    Les Calain ( cathy et Alain )

    1. Charlex

      Merci vous deux! Ah, autant pour nous donc. C’était donc juste sa manière de faire qui était un peu douteuse. 🙂 en tout cas, c’est une très belle région. Et le travail documentaire, c’est Wiki-Charline!

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