Charlex's World

— Le parc national de Torotoro —

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Notre arrivée à Torotoro

Torotoro est un parc national situé entre les villes de Cochabamba et Sucre. Il est donc logique de devoir passer par Cochabamba pour venir depuis La Paz. Pour nous rendre jusqu’à Cochabamba , nous avons pris un bus de nuit. Une fois au terminal de Cochabamba , nous avons pris un taxi qui nous a emmené au départ des bus pour Torotoro. Oui , car ce n’est pas la porte à côté. Puis nous avons pris un autre bus qui nous a acheminés directement au village de Torotoro.

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info28 Infos utiles :

  • Bus Cama La Paz-Cochabamba : 70 bob avec la compagnie San Francisco / 8h de trajet.
  • Taxi terminal de Cochabamba-bus pour Torotoro : 15 bob / 15 min
  • Bus Cochabamba-Torotoro : 25 bob / entre 4 et 6h (dépend de l’état d’ivresse du chauffeur).
  • D’après ce que nous savons , les bus pour Torotoro ne partent qu’à 6h du matin ou 18h de Cochabamba. Organisez-vous donc en conséquence !

 

Le trajet entre La Paz et Cochabamba fut on-ne-peut-plus normal. Le bus était confortable et le trajet relativement agréable. Nous avions même le petit Jésus peint sur le pare-brise qui veillait sur nous toute la nuit durant.

En revanche , le trajet entre Cochabamba et Torotoro fut d’une autre sorte. Heureusement , nous avions déjà été renseignés sur sa nature. Ce ne fut donc qu’une demi-surprise. Sur les 4h30 de route du trajet aller , nous avons eu droit à 4h de piste , si l’on peut appeler cela comme ça. A la place d’une route goudronnée , nous roulions sur un revêtement constitué de gros galets et de nids-de-poule. Etant donné que nous étions tout à l’arrière du bus , bien sûr l’endroit qui secouait le plus , nous nous sommes faits balancer dans tous les sens durant l’entier du trajet. Impossible de dormir , lire un livre ou éventuellement regarder un film. Le trajet fut donc un peu long. Nous qui voulions du folklore , nous avons été servis. Fort heureusement , nous sommes arrivés à destination sans encombre.

Torotoro – On ne pouvait pas mieux tomber…

Nous arrivons donc quelque peu fatigués à Torotoro aux environs de 12h. Nous nous mettons aussitôt tous les trois (rappelons que nous sommes avec notre pote Josh) à la recherche d’un hôtel. Nous en visitons un , puis deux , puis trois , et sommes étonnés par les prix pratiqués. Ce sont les même prix qu’à La Paz ! Pour un village reculé , c’est aberrant ! Puis nous trouvons enfin un hôtel à un prix raisonnable : l’Alojamiento Norte à 30 bob la nuit/personne.

Le tenancier de l’hôtel nous révèle la chose suivante : les prix sont très élevés ces jours-ci car nous sommes tombés par hasard sur les 3 jours pendant lesquels se célèbre la fête de Santiago.

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A ce moment-là , on ne sait pas vraiment quoi en penser , car cette fête implique du positif et du négatif.

Le positif : tous les gens de la région viennent y passer le week-end , ce qui veut dire immersion bolivienne totale et authenticité garantie.

Le négatif : tous les gens de la région viennent y passer le week-end , ce qui veut dire augmentation drastique du nombre du personnes et du prix sur les sentiers touristiques…

Soit , nous verrons cela. Suite à un almuerzo franchement immonde (oui , la rumeur selon laquelle les boliviens ne sont pas des cordons bleus tend à se vérifier…) , nous nous dirigeons vers la place centrale au centre de laquelle trône un splendide tyrannosaure de 3m de hauteur. Les dinosaures sont un attrait important de la région. En effet , on peut y voir les empreintes fossilisées de certains d’entre eux.

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A la place centrale se trouve la direction du tourisme ainsi que le bureau des guides. Il faut savoir une chose sur le parc de Torotoro. C’est en réalité un sacré business ! En marge du paiement d’un billet d’entrée au parc , ce qui semble correct , toute excursion quelle qu’elle soit doit obligatoirement se faire avec un guide. Et pourtant , certaines d’entre elles sont vraiment des promenades de santé !

info28 Infos utiles :

  • L’entrée du parc coûte 30 bob/personne.
  • Chaque excursion a son prix , mais la moins chère coûte 100 bob par groupe allant jusqu’à normalement 6 personnes. Si vous êtes moins de 6 , le mieux est donc de trouver d’autres personnes pour compléter le groupe.

 

Voyant ces prix , nous décidons d’aller sonder un autre guide indépendant que nous avions croisé auparavant. Arrivés devant chez lui , personne. Nous profitons donc de ce temps d’attente pour aller réserver notre restaurant du soir : la Villa Etelvina.

Petite parenthèse sur ce restaurant : il est exceptionnel ! Que ce soit la lasagne ou même le sandwich , on y mange extrêmement bien ! La seule chose à ne pas oublier et qu’il faut passer dans la journée pour réserver , car les cuisiniers achètent la nourriture au jour le jour.

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De retour devant la maison du guide , nous parlons avec une fille qui nous dit qu’elle l’appelle et qu’il sera de retour dans 5 minutes. Soit , nous attendons.

5 minutes plus tard , le spectacle nous laisse sans voix. Le guide , prénommé Mario , arrive soutenu à bout de bras par 2 autres personnes car il peine à marcher. Mario n’avait pas bu que de l’eau…Il est 15h et il est saoul comme un cochon ! Apparemment , la fête bat son plein au centre du village.

Il s’assied à côté d’Alex et , avec un grand sourire et une haleine refoulant la vieille gnôle à des kilomètres , balbutie un semblant de « Qu’est-ce que je peux faire pour vous ? ». Alex lui explique qu’il aimerait connaître les possibilités de randonnée et les prix. Déception , ses prix sont encore plus chers…mais le spectacle valait le déplacement !

Le passage particulièrement mythique fut le moment où il essaya de nous parler d’une excursion où un transport en 4X4 est nécessaire. Là-dessus , Charline regarde Josh avec des yeux apeurés en lui demandant : « Mais heuuuuu….c’est lui qui conduit ou comment ça se passe ? Non parce que là on a 3 chances sur 4 de finir dans le ravin ! » Résultat , nous n’avons jamais su s’il conduisait lui-même ou non. Le mélange d’espagnol et de quechua dans la bouche d’un mec beurré est relativement difficile à comprendre pour un étranger.

Finalement , nous décidons de retourner à la place centrale pour booker une excursion. Nous décidons de faire une marche dans le canyon avec baignade dans les bassins naturels à la clé , soit l’excursion la moins chère (100 bob pour le groupe) : Le canyon de Torotoro et El Vergel.

Aussitôt sortis de l’agence , un suisse que nous avons croisé 5 minutes auparavant accompagné de deux boliviens nous alpague en nous disant « Venez avec nous ! On va boire la Chicha ! ». Alex et Josh ont entendu « boire » et le nom d’un alcool inconnu , et avec des locaux en plus , aucune hésitation à avoir. C’est parti ! Nous atterrissons dans une chicheria assis tous en cercle avec , au centre , 2 seaux de 5 ou 6 litres chacun remplis d’une mixture brunâtre inconnue : la Chicha. Le troisième seau arrivera par la suite.

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La Chicha est un alcool fait à base de maïs fermenté. Ne demandez pas plus sur sa conception , nous n’avons pas tout retenu. Tout ce que nous savons , c’est qu’ils le préparent la semaine et qu’ils ne sont autorisés à le boire que le dimanche. La Chicha se boit à tour de rôle. Le premier prend la Tutuma (espèce de bol ou de grosse cuillère) , se sert une ration , la boit , puis sert une ration qu’il passe au suivant jusqu’à ce que le seau soit vide. Celui qui boit doit par ailleurs en verser un peu par terre avant comme offrande à Pachamama. Nous devons vous avouer que la première ration est un peu difficile…En revanche , les suivantes passent comme de l’eau si la Chicha est bonne , ce qui était notre cas heureusement ! Et après quelques rations ajoutées à notre fatigue , l’ivresse se fait ressentir. Ce moment fut magique. Partager cet instant avec la population locale était quelque chose d’exceptionnel ! 

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Suite à cela , nous partons manger. Sur le retour , nous passons par l’hôtel mais avons pour but de ressortir après. Mais notre corps en aura décidé autrement. Une fois arrivés , soit à 20h30 , la fatigue aura eu raison de nous. Nous dormirons jusqu’au lendemain.

Le canyon de Torotoro et El Vergel

Le lendemain , nous partons à 8h30 avec notre guide. Au programme , une balade de 3-4 heures avec baignade à la clé.

Les environs sont magnifiques. Sur le chemin , nous avons la chance de pouvoir admirer quelques formations géologiques magnifiques ainsi que des traces de dinosaure fossilisées.

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Nous arrivons ensuite à une passerelle surplombant le canyon qui plonge à plus de 250 mètres sous nos pieds. Un spectacle époustouflant !

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Nous descendons par la suite dans le canyon. Après 30 minutes de descente sur un escalier puis 15 minutes de marche dans le canyon , nous arrivons à la chute d’eau : El Vergel. Cet endroit est idyllique. Une petite chute d’eau entourée de buissons verdoyants avec à ses pieds la rivière et ses quelques bassins. Coup bien calculé : nous arrivons juste avant que le soleil n’illumine le canyon. Cette fenêtre est courte. Et si le canyon est à l’ombre , il y fait un peu frais pour se baigner. Dès que le soleil pointe son nez , c’est parti ! Josh et Alex mettent leur maillot et sautent à l’eau. Elle est bien froide , mais ça réveille ! De vrais gosses sautant depuis les rochers.

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Après cette baignade bien méritée , nous repartons. Nous remontons pour sortir du canyon puis rentrons au village. Heureusement que cela ne prend pas trop de temps , car nous avons faim ! Il est déjà 14h30 quand nous arrivons au village et nous n’avons rien dans le ventre. Nous précipitons donc pour aller nous restaurer.

Nous nous devons tout de même de lâcher un coup de gueule (bah oui , ça ne nous ressemblerait pas sinon…) ! L’imposition d’un guide pour ce tour est un vrai gag. C’est du pur business ! Le chemin est tellement bien balisé que même un gosse de 4 ans pourrait s’y retrouver sans ses parents. Nous trouvons vraiment dommage de se voir cela imposé , et surtout de payer si cher. Cela peut paraître bon marché pour les gens venant passer leur 3 semaines de vacances , mais pour les autres ayant un budget serré comme le nôtre , c’est de l’abus (comparé aux prix standards de la Bolivie , du moins) ! Nous avons donc dû nous résigner à faire une seule randonnée et laisser de côté beaucoup de choses que nous avions prévu de voir…Heureusement que c’était le fête au village , sinon nous aurions vraiment été dégoûtés…

L'arbre de la volonté.

L’arbre de la volonté.

Torotoro en fête

La suite de la journée fut consacrée à l’exécution de tâches sans trop d’intérêt : balade dans le village , apéro , achat de tickets de bus pour le lendemain.

En revanche , ce qui est digne d’intérêt , c’est la description du village et de ses habitants durant cette fête. Il faut savoir qu’on voit difficilement les boliviens boire en temps normal. Ce fut donc étonnant de voir à quel point ils peuvent picoler durant les jours de fête ! Ils étaient tous plus bourrés les uns que les autres , et ce dès le matin ! Et les femmes autant que les hommes.

 

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Nous avons d’ailleurs établi un constat. Plus les hommes sont âgés, plus ils sont cuits. Notre hypothèse est la suivante : dans ces villages en tout cas , plus un homme est vieux , plus il est respecté. Il paraît logique qu’un homme âge se voie offrir davantage de Chicha.

Vu depuis le balcon de notre chambre , le spectacle était assez comique. 3 personnes sur 4 marchaient en titubant sans trop savoir ou elles allaient , semble-t-il.

Le soir , le décor change encore. Déjà , les boliviens sont encore deux fois plus imbibés. De plus , ils ont un rituel. Un bon nombre d’entre eux se baladent toute la journée avec des Charangos (sorte de petit ukulele à 10 cordes) parfois accompagnés de guitares. Puis ils se déplacent en bande dans tout le village. Ils s’enfilent dans les chicherias et jouent. Si un autre groupe se trouve sur place , une battle prend forme. Les femmes chantent (avec leur voix nasillardes absolument insupportables) et les hommes jouent. A la fin de la battle , le groupe qui a joué et chanté le moins fort doit quitter les lieux. Imaginez le bordel ! 

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Toutes ces expériences nous ont convaincus d’une chose : Nous avons vraiment eu de la chance d’être tombés à Torotoro à ce moment-là. La plongée dans l’authenticité de la culture bolivienne (de cette région du moins) fut un succès !

Le lendemain , nous partons à 6h du matin pour nous rendre à notre prochaine destination. Ce énième trajet de l’horreur mérite d’être narré , mais cela…viendra dans notre prochain article ! Alors soyez patients !

La photo de Teddy

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Le parc de Torotoro est un bijou de la nature. Le peu que nous en avons vu nous a convaincu. En revanche , le business y tournant autour du tourisme est fortement exagéré. Les backpackers au long court devront certainement passer à côté de nombreuses choses pour respecter leur budget. Dommage…

 

Au prochain article , cap sur la plus belle ville de Bolvie , Sucre…

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