Charlex's World

— Tumbak : paradis, serpents & Bajo —

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Depuis notre arrivée en Indonésie, nous avons fait beaucoup de choses. Grimper des volcans, surfer, marcher (beaucoup)… Mais une chose nous a échappé: la beauté des fonds marins. Nous nous devions de remédier à cela. 
Le site le plus connu pour la plongée en Sulawesi est l’île de Bunaken. Nous étions moyennement motivés à nous rendre là-bas car n’étant qu’à 1 h de Manado, donc très facile d’accès, la fréquentation du lieu est relativement importante. 
En faisant quelques recherches, nous sommes finalement tombés sur le célèbre et très beau Blog de One day one travel. C’est donc par leur biais que nous avons découvert Tumbak. En passant,  un grand merci !

Direction… Le bout du monde !

Pour nous rendre dans ce village du bout du monde, nous n’avons pour une fois pas opté pour les transports publics mais pour un chauffeur privé ! Oui, enfin, cela était compris dans le prix de notre réservation…Quel plaisir de ne pas à avoir à changer 3 fois de bus ! Oui, nous saturons légèrement des transports en Indonésie.
Nous partagerons la voiture avec Michelle et Claude, un couple de retraités bien plus baroudeurs que nous. Le nombre de pays qu’ils ont déjà visité dépasse carrément l’entendement ! Vous pouvez donc en déduire que le courant est immédiatement passé. Entre voyageurs on se comprend !

Après environ 3 heures de trajet, nous arrivons dans le petit village de Tumbak où nous serons chaleureusement accueilli par Yohan. Yohan est un biologiste français qui est arrivé 10 ans auparavant à Tumbak dans le but de préserver les coraux et il y a rencontré sa femme, une Bajo.

C’est quoi les Bajo ?

Pour ceux qui ont vu l’émission Rdv en terre inconnue avec Marianne James, vous n’aurez aucun mal à savoir de quoi nous parlons. Pour les autres, dépêchez-vous de la regarder !

Sinon voici un bref résumé :
Les Bajo sont un peuple de la mer généralement localisé aux Philippines, en Malaisie et dans le Nord de l’Indonésie en Sulawesi. 

Ils sont nommés « les gitans de la mer » puisqu’ils ne restent jamais bien longtemps à leurs ports d’attache.

Le fond des pirogues en bois est doté d’une trappe qu’ils ouvrent pour coller leur oreille à la surface de l’eau. Ils écoutent les bruits émis par les poissons mais également les mouvements sismiques qui agitent le fond de l’océan. C’est de cette manière, qu’ils ont ainsi pu voir venir le tsunami de décembre 2004 et donner l’alerte aux touristes présents sur les lieux.

La pirogue est bien plus qu’une simple embarcation. Elle est un lieu de vie qu’il faut protéger et une marque d’identité. Ils attribuent des pouvoirs surnaturels à ce bateau.

Mais les canots ne sont pas faits pour naviguer sur des mers agitées, ils ont également de petites maisons sur pilotis juste à côté des sites de pêche pour se protéger dès que la tempête arrive.

Dès l’âge de 3 jours, le nourrisson est mis à l’eau et il deviendra rapidement un bon nageur. Les plongeurs adultes peuvent descendre à plus de 70 mètres de fond, ils ont une très bonne connaissance du milieu. Les femmes plongent également pour pêcher y compris quand elles sont enceintes. [source: Wikipédia]

A Tumbak, les Bajo sont devenus sédentaires mais la pêche est toujours d’actualité.
Il y a peu encore, la pêche à la bombe se pratiquait encore beaucoup. Oui, oui, à la bombe! Ce sont des bombes artisanales fabriquées par les Bajo eux-mêmes chez eux, ce qui implique un certain nombre d’accidents lors de la manipulation des explosifs. Vous imaginez bien qu’ils n’observent pas vraiment toutes les règles de sécurité nécessaires…D’autres pêchent également à l’électricité. Le principe est simple: plonger des câbles électriques reliés à une batterie de voiture dans l’eau et balancer la sauce. Oh oui, ça c’est sûr, les poissons se ramassent à la pelle! Mais ces pratiques détruisent également le milieu marin à grande vitesse et la sur-pêche empêche la faune marine de maintenir ses effectifs. Ce qui veut dire PLUS DE POISSON après un certain temps. Sans compter tous les morts que cette pratique entraîne, non seulement à cause des points cités plus haut, mais également à cause des problèmes liés à la plongée en apnée pour récupérer le poisson: les pêcheurs plongent trop de fois à la suite et trop profond, ce qui provoque noyades et décompressions. Et autant vous dire qu’il ne leur viendrait pas à l’idée d’aller séjourner dans un caisson hyperbare…
Heureusement, depuis une dizaine d’année, ces pratiques baissent fortement. Les Bajo ont ont compris l’enjeu, grâce notamment à certaines personnes comme Yohan qui se donnent la peine de les en informer. A Tumbak, seule une famille persiste. Tous les autres se sont remis à la pêche traditionnelle.

Un hébergement au coeur du lagon

Là où l’aventure commence. Imaginez 3 bungalows au milieu de l’eau, au bord d’une mangrove. Un endroit coupé du monde, sans internet, avec juste un seau d’eau courante pour se laver et l’électricité quelques heures par jour. Un endroit où vos repas vous sont amenés par barque. Toujours du poisson frais. Un endroit où les couchers de soleil enflamment le ciel chaque soir (quand il ne pleut pas). Un endroit où les murènes élisent domicile sous votre bungalow…

Quand on vous dit que c’est paumé!

Un endroit hors du temps. Un petit paradis. Ce n’est pas possible ? Hé bien si.pourrait s’imaginer que dans un endroit comme celui-là, le calme serait bien entendu à l’honneur. Mmmm. Calme. Indonésie. Ces deux mots ne peuvent se trouver dans une même phrase…

Depuis notre arrivée dans ce pays un mois plus tôt, nous avons tout de suite remarqué que les indonésiens adoraient le bruit. La musique fait partie intégrante de ce pays mais nous n’avons pas la même tolérance au bruit.

 
Où voulons-nous en venir ?
Nous qui pensions pouvoir profiter de belles et longues nuits bien reposantes, nous avons vite compris que même dans ce coin isolé, cela serait compromis. 

La première nuit, nous avons eu droit à un festival de bûcheronnage. Un Italien d’une cinquantaine d’années, séparé de notre chambre par quelques planches de bois, a certainement dû être élu au moins une fois dans sa vie champion du monde d’apnée du sommeil. Franchement, on a entendu toutes sortes de ronflements dans notre vie. Mais des comme ça, JAMAIS! Pour vous donner une idée, on aurait dit pas une, ni deux, mais 736 tronçonneuses géantes qui s’étouffent (vraiment, on aurait dit que le mec allait crever tous les 3 min d’un arrêt respiratoire) et qui redémarrent en même temps 10 secondes après. Sa femme est sourde, cela explique comment elle parvient à supporter ça. Autant dire que la nuit fut très courte. Blanche pour Alex, de quelques heures pour Charline (ben oui, rappelons que nous avions paumé les boules quies…). Heureusement, cela ne dura qu’une nuit!

Par ailleurs,pendant notre séjour là-bas, un mariage était célébré dans le village de Tumbak et la fête battait son plein jusqu’à 2 h du matin. Bien que le village soit à 5 min en barque de nos bungalows, nous avons aussi pu profité de la sono presque comme si nous y étions…
A noter qu’un mariage dure plusieurs jours dans ce pays. Un vrai bonheur. Chez nous, à partir de minuit le premier jour, il y aurait déjà eu 23 plaintes du voisinage pour tapage nocturne et deux descentes de flics. Mais là, c’est normal. Un type se marie un jour, sa fête dure une semaine et on en fait profiter toutes les habitations dans un rayon de 20 km. Folklore, quand tu nous tiens!
Et pour couronner le tout, les pêcheurs venaient le matin aux alentours de 5-6 h du matin jeter leurs filets juste devant notre porte dans le plus grand des silences (ironie quand tu nous tiens…).
Condamnés à ne pas faire de grasses matinées ! C’est le prix à payer pour être au paradis !

Et on fait quoi à Tumbak ?

Des rencontres !

D’abord, on y a fait des rencontres. Il faut dire que dormir dans un bungalow au milieu de l’eau où la seule balade possible est se fait sur le ponton, ça invite à l’échange ! Nous ne comptons plus les heures passées à discuter de voyages, à échanger des anecdotes et à refaire le monde sous un ciel étoilé…
Nous avons rencontré également un passionné peu commun. Clément. Personnage unique passionné par…Les serpents (cela peut d’ailleurs s’étendre à tout ce qui est vivant, sauf les humains) ! Le passe-temps de ce dernier était de chercher les serpents dans la mangrove pour les photographier. Incroyable mais vrai ! C’est ainsi donc que nous avons eu l’honneur de découvrir un beau serpent dans un seau sur la terrasse! 🙂

Les bons moments passés à Tumbak, sont en grande partie grâce à ces rencontres. Alors un grand merci à Yohan, Michelle, Claude, Clément et Camille !

Des fonds marins de folie

On voulait voir de beaux fonds marins, on a été servi ! Jamais auparavant nous n’avions eu l’occasion de voir de tels coraux. Ces derniers, multicolores et aux formes plus belles les unes que les autres, abritent une vie marine riche et exceptionnelle. Les poissons tropicaux, les jardins de coraux, les serpents de mer et l’eau à 30 degrés. Une parfaite combinaison qui nous en a mis plein les yeux !
Un seul regret: ne pas avoir pu voir de requins de récif qui sont pourtant très présents dans la région. Or, la forte houle nous a empêché de les chercher. Next time !

Cet endroit est d’autant plus exceptionnel quand on s’imagine que quelques années auparavant, la plupart des coraux étaient morts à cause de la pêche à la bombe. C’est un véritable miracle de voir à quel point ces derniers se sont régénérés ! Apparemment, le coup de pouce de Yohan a porté ses fruits. La nature a toujours le dernier mot !

Des points de vue superbes

Entre deux séances de snorkeling, nous avons quand même fait travailler notre popotin. Bon pas trop quand même. Comme on dirait chez moi (quoique chez un peu tout le monde, en fait…), faut pas pousser mémé dans les orties !

Yohan nous a emmenés voir plusieurs viewpoints qui valent le détour !

La photo de Teddy
Alors Tumbak ?

Nous avons adoré notre expérience à Tumbak ! Nous y avons rencontré des gens superbes, vu des fonds marins qui font partie des plus beaux de notre planète et avons énormément apprécié de dormir dans un bungalow au cœur du lagon ! Cet endroit restera un moment fort de notre voyage en Indonésie. 
Merci Yohan pour cette expérience insolite ! Et désolés si on a estropié ton prénom…

Si vous souhaitez vivre une expérience inédite au cœur d’un lagon, que vous n’avez pas peur de vous laver au seau, que vous rêvez de voir des fonds marins ressemblant à des jardins multicolores et que les couchers de soleil spectaculaires vous attirent…Ne ratez surtout pas le passage à Tumbak !

 

A suivre: un long, un très très long voyage nous attend en direction d’un paradis. Le paradis, le vrai. Une semaine au cœur d’un archipel extraordinaire: les Togian.

 

info28 INFOS UTILES

Logement:
  • Manado: istanaku 2. Environ 300’000 IDR pour une chambre double avec climatisation, sdb privée avec eau chaude et petit déjeuner compris. Le grand luxe !
Loisirs:
  • Pour organiser votre séjour chez Yohan, contactez le directement via son e-mail ou son site.
  • Nous concernant, nous avons payé 1’650’000 IDR Pour 4 jours et 3 nuits. Le prix comprend toutes les activités, le transfert aller-retour Manado Tumbak, tous les repas et les nuits.
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4 reflexions sur “— Tumbak : paradis, serpents & Bajo —

  1. Franck et Richard

    Coucou à vous deux et merci d’avoir cité notre blog voyage en référence.
    Ca nous fait à chaque fois tellement chaud au coeur d’apprendre que de nouveaux voyageurs viennent rendre visite à Yohan.
    Bravo en tout cas pour votre récit passionnant !
    On n’a pas pu s’empêcher de mettre à jour notre billet de blog en vous citant avec un lien vers votre article.
    Bonne continuation dans vos voyages.
    Franck et Richard

    1. Charlex Auteur de l'article

      Salut, salut!

      Mais de rien, c’est un plaisir. Sans votre article, on aurait peut-être jamais découvert cet endroit, alors c’est à nous de vous remercier. Merci beaucoup pour la citation, on en demandait pas tant! 😉

      Continuez à nous faire rêver de votre côté et à nous faire découvrir des endroits incroyables. Bonne continuation!

  2. Tonkin Voyage Vietnam

    C’est bête à dire mais rien qu’à l’idée de voir dans une même photo la mer, la natation, les plages eh bien ça m’incite juste encore plus à y mettre les pieds à l’arrière saison du moins, moins en automne, c’est une belle saison à visiter?

    1. Charlex

      Hello! La saison des pluies s’étend de novembre à avril en Indonésie. Donc j’imagine que l’arrière-saison est sympa pour ça. Après à vérifier pour Sulawesi en particulier. Mais c’est clair que c’est un endroit magnifique!

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