Charlex's World

— Varanasi : là où la vie côtoie la mort —

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A la base, nous ne voulions pas commencer par là. Effectivement, pour un premier voyage en Inde, c’est plutôt une destination à garder la fin, car d’après ce que les voyageurs disent, c’est un des endroits qui peut provoquer le plus grand choc au niveau culturel. Et nous avons compris pourquoi! Mais nous y reviendrons.
Nous avons dû commencer par-là à cause des billets de train à réserver à l’avance. Faute de disponibilité et de réactivité du service en ligne, nous avons dû débuter notre boucle indienne dans le sens inverse de celui prévu à la base… Ha les aléas du voyage!

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Commençons par dire que nos attentes n’ont pas été comblées. Nous avons été quelque peu déçus. Et c’est la faute à pas de bol… Pourquoi?

Le Gange était en crue, et ce n’était pas une crue de tapette! Cela a provoqué l’inondation d’une bonne partie des berges… Environ 10’000 personnes ont dû être évacuées de leurs maisons et plusieurs dizaines ont trouvé la mort dans les semaines précédent notre arrivée… Rien de très réjouissant…

Cette crue empêche tous les bateaux de sortir à cause des forts courants, ce qui veut dire pas de balade sur le fleuve.

D’autre part, vu que les ghats (les quais) étaient inondés, toutes les cérémonies (crémations, ablutions, etc) se faisaient dans d’autres endroits, au bord du fleuve tout de même, mais bien moins représentatifs du culte habituel de Varanasi.

Mais commençons par le début.

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Notre trajet jusqu’à Varanasi

Nous sommes arrivés à Varanasi par train de nuit dans la classe « sleeper », autrement dit la classe couchette bas de gamme avec ventilateurs, utilisée par la plupart des indiens car bien moins chère que celle avec air conditionné.

info28 Infos utiles :

Trajet Dehli – Varanasi : 505 rps en sleeper / 14h.

Rendez-vous en tout cas 1h à l’avance à la gare, car c’est le souk!

Un bon nombre d’indiens nous l’avaient déconseillée car beaucoup de voleurs y sévissent durant la nuit et les lits ne sont pas dans les cabines fermées. Qu’à cela ne tienne, nous avons l’habitude d’être paranos quant à la surveillance de nos affaires et nous avions envie de découvrir cela. Enfin, plutôt Charline qu’Alex qui était, lui, peu tranquille au vu de toutes les recommandations négatives reçues jusque-là.

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Au final, ce fut une expérience plus que positive! Les couchettes sont relativement confortables, le service (dans ce train en tout cas) était parfait (de nombreux serveurs passaient sans arrêt pour vendre nourriture et thé) et surtout, nous y avons fait connaissance d’un groupe d’indiens exceptionnel. Ils étaient étudiants en voyage à Delhi pour des séminaires et rentraient à leur université à Varanasi, qui se trouve être une grande ville universitaire également. Nous avons fait connaissance, appris beaucoup les uns sur les autres et surtout bien rigolé. Nous avons même eu droit à un petit chanson bollywoodienne, et avec la chorégraphie, svp!

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Varanasi

Après ce long trajet, nous arrivons sur place au petit matin. Et là, l’agression ne se fait pas attendre. Les chauffeurs de tuk-tuk, les rickshaws, nous sautent dessus. Après un bon moment, nous en trouvons un qui nous emmène au porte du « Chowk » (la vieille ville) pour un prix semblant correct. Notre hôtel se trouvant au cœur de celle-ci, nous devons terminer le trajet à pied, car les ruelles sont trop étroites pour les véhicules. Seules les motos peuvent y pénétrer.

Nous ne tardons pas à nous apercevoir du dédale qu’est ce Chowk. Sans être habitué, il est très facile de s’y perdre. Il nous faut d’ailleurs, en cherchant notre chemin, éviter les nombreuses vaches qui s’y promènent librement.

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Nous devons demander notre chemin plusieurs fois. Heureusement, des inscriptions murales indiquent parfois le chemin pour arriver à notre hôtel.

info28 Infos utiles :

Nous sommes restés à la Shanti guesthouse. Attention car plusieurs hôtels s’appellent Shanti. Cherchez vraiment la Shanti guesthouse. Même si la propreté pourrait être quelque peu améliorée, les prestations pour le prix demandé (300 rps pour une chambre double) sont largement satisfaisantes. Un ventilo dans la chambre, une sdb commune, une grande terrasse avec vue imprenable sur le Gange qui fait restaurant, une bonne situation; rien à redire si ce n’est qu’il faut être patient si on veut manger là. C’est bon, mais pour l’avoir testé deux fois, il faut attendre environ 1h30 pour être servi.

Nous y arrivons, y posons nos affaires, prenons une douche (car il fait très chaud et très humide, et nous collons comme de l’attrape-mouche), et nous aventurons dans la ville en quête d’un restaurant cité dans le Routard se trouvant un bout plus loin. Manque de bol, comme nous l’avons dit, les quais sont inondés. Ce qui fait que nous devons passer par la ville pour y aller. Et ce n’est pas une mince affaire. Dans ces ruelles, nous nous faisons alpaguer des dizaines de fois par des marchands. Nous avons vraiment l’impression d’être des portes-monnaie sur pattes. Aussitôt sorti du Chowk, le choc est d’autant plus violent: c’est le chaos!

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La circulation est terrible, nous devons faire attention à chaque pas pour ne pas se faire écraser. Ajoutez à cela l’incessante insistance des rickshaws pour nous transporter, les marchands voulant nous vendre des conneries, notre état de fatigue et la faim nous tiraillant, nous sommes au bord du serrage. C’en est trop, nous décidons de nous arrêter dans le premier restaurant que l’on voit. Car en plus, trouver une enseigne au sein de ce bordel est mission impossible. Mais nous sommes chanceux, nous mangeons bien.

Le ventre plein, Charline, qui était au bord de la crise de nerf 30 minutes plus tôt, semble avoir une remontée fulgurante de moral. Nous décidons donc d’aller voir une chose typique de Varanasi: les ablutions.

Les ablutions dans le Gange

Même si le fleuve est en crue, ce genre de traditions reste d’actualité. Que sont les ablutions? les indiens descendent en temps normal sur les quais au bord du Gange et s’immergent un certain nombre de fois dans le fleuve. Le but de cela est la purification de tous les péchés, le nettoyage non seulement physique, mais aussi mental et spirituel.

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Le problème est que la zone dédiée à cet événement était sous l’eau. Cela se faisait donc au bord d’un petit escalier n’ayant pas grand chose d’impressionnant. Par ailleurs, il est préférable de voir cela depuis un bateau. Or, trop d’eau, pas de bateau…

Quand nous y sommes allés dans l’après-midi, personne n’en faisait. Déçus, nous décidons de revenir dans la soirée, moment apparemment plus propice.

La petite anecdote du massage: au bord du fleuve, un type vient vers Alex et lui propose de le raser. Devant le refus d’Alex, il lui propose un massage en lui prenant la main de force. Il lui dit « c’est gratuit, juste pour que tu aies un aperçu ». Effectivement, il était doué. Il dit à Alex « pour 30 rps, je te fais les épaules et la tête ». 30 rps? Ce n’est pas grand chose. Alex accepte. Erreur! Le type le fait asseoir sur une sorte de couche en bois et commence son oeuvre. ll le fait ensuite se coucher et commence à lui masser tout le dos. A ce moment, Alex lui demande « on n’avait pas dit juste les épaules et la tête? ». Le type répond « ne t’inquiète pas, tu me donneras ce que tu veux ». Alex se dit dans sa tête « bon, son massage est pas mal, je lui donnerai 100 rps ». Le type lui fait ensuite un massage complet, qui donne la sensation à Alex qu’il va se faire enc…avoir. En le massant, il lui dit « détend-toi! Si tu es content, tu me paies bien et je suis content. certains me donnent 300, d’autres 400, d’autres 500. Comme tu veux! ». Comment veux-tu te détendre quand tu as l’impression de te faire entuber bien profond? Alex lui répond « je te donne 100. Pas plus. Donc si tu veux, tu peux arrêter. » Et le mec continue et insiste. A ce moment, Alex le force à tout arrêter. Le type lui demande 300 au minimum. Finalement, après une petite montée de ton, Alex lui file 200 rps et s’en va laissant derrière lui l’indien furieux.
Morale de cette anecdote: faites gaffe à Varanasi. Si on vous dit quelque chose, imaginez toujours le pire et n’acceptez rien!

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Plus tard dans la soirée, nous reviendrons cet endroit et auront droit cette fois à une cérémonie durant laquelle les indiens font leur ablutions devant une foule de touristes (indiens pour la plupart) et lâchent des bougies flottantes sur le fleuve en faisant un vœu. Là, nous nous sentirons beaucoup plus dans l’ambiance de Varanasi et de la culture indienne qu’elle représente. Même si nos attentes visaient plus haut, ce passage sauve un peu la mise.

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Cependant, une petite arnaque encore une fois. Dans la foule, un type, sans rien demander, s’approche de nous avec son plateau sur lequel se trouve de la poudre rouge, une bougie et un billet de 100 rps. Il met de la poudre sur son pouce et nous fait un point sur le front en nous donnant sa bénédiction. On a rien vu venir….et la seconde d’après, il nous demande une donation. Autant vous dire qu’il a pu s’asseoir violemment dessus…

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Les crémations

Revenons à la suite de l’après-midi. Sur le chemin du retour à notre hôtel, nous décidons de passer par l’endroit où a lieu les crémations, celui-ci il se trouvant juste en-dessous.

Petite introduction: pour les hindous, il est honorable de se faire incinérer au bord du Gange, puis voir ses cendres jetées dans le fleuve. De cette manière, on atteint le Nirvana. Autrement, on est réincarné sans arrêt, ce qui est une malédiction. Bien sûr, il y a quelques exceptions à cela, mais nous ne connaissons pas tous les détails.

Arrivés sur place, on nous avertit: photos interdites! Cela va de soi, par respect pour les familles des défunts…A l’heure où nous arrivons, rien ne se passe encore une fois. Seulement des bûchers allumés, mais rien d’autre. Nous décidons donc de revenir également au coucher du soleil.

Un singe pas très sympa...

Un singe pas très sympa…

Entre temps, nous profitons un peu du calme sur la terrasse de notre hôtel et écrivons nos articles.

Le soir venu, nous nous mettons en marche. Nous descendons voir les crémations. Une fois de plus, tous les moyens sont bons pour vous extirper quelques roupies. Le guide qui se dit bénévole et vous demande finalement de le payer après service rendu, celui qui vous propose de monter sur un perchoir pour avoir une meilleure vue et vous dit au dernier moment que ça coûte 200 rps chacun, le mec ne faisant même pas partie de la famille du défunt qui vous demande un don pour la famille….heureusement, nous sommes rodés!

Cependant, à ce moment-là, le spectacle est beaucoup prenant qu’auparavant. De nombreuses familles viennent brûler leurs morts, le feu est impressionnant et l’ambiance vous retourne le cœur. Dans la perception hindouiste, il n’est pas mal vu de venir voir cet événement, au contraire. Les défunts sont incinérés aux yeux de tous. La relation que les hindous ont avec la mort est totalement différente de notre conception. C’est un événement normal qui ne dérange pas. Il est d’ailleurs très spécial pour les européens que nous sommes de voir passer des corps, entourés de porteurs chantant et d’un petit cortège, tout au long de la journée lorsqu’on boit simplement un verre sur une terrasse dans les ruelles du Chowk.

Le bon Lassi du Blue Lassi Shop: A tester de toute urgence!

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Le lendemain, notre train s’en va en fin d’après-midi. Charline souhaite retourner voir les ablutions à l’aube, le meilleur moment. Le réveil sonne donc à 5h15. En ouvrant la fenêtre, Charline soupire. Il pleut à verse dehors ; c’est une vraie mousson. Alex ne cache pas sa satisfaction : ça veut dire grasse mat !

Le reste de la journée sera consacrée encore une fois à l’écriture de nos articles. Car il faut savoir que l’après-midi, il n’y a pas grand chose à faire à Varanasi et sortir de son hôtel est peu agréable. Il fait chaud et humide et on se fait agresser à tout bon de champ! Nous vous conseillons donc de concentrer vos activités sur le matin et la soirée.

Incredible India encore une fois...

Incredible India encore une fois…

La photo de Teddy

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Qu’a-t-on pensé de Varanasi ?

Malgré notre déception, nous avons tout de même trouvé ce haut-lieu de la culture hindou impressionnant. Comme dit dans le titre, la vie côtoie la mort de très près dans cet endroit, et le fait que tout le monde semble trouver cela normal éveille d’autant plus la curiosité. Ce fut pour nous une expérience quelque peu hors du commun et hors du temps. Nous avions l’impression de vivre une autre époque dans une autre dimension. A tous ceux qui visitent l’Inde, tentez l’expérience. Certains ne la supportent pas, d’autres l’adorent. De notre côté, malgré notre déception, ce fut tout de même une expérience positive.

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